Paul Kagame et le Premier ministre Britannique

L’argent des contribuables britanniques et nord-américains continue chaque jour à alimenter la violence en RDC. Quel est l’intérêt des dirigeants politiques à causer tant de souffrances ? Et pourtant, une enquête de l’ONU a révélé pour la troisième fois en un an que le Rwanda était impliqué dans l’armement et l’entraînement de la milice M23, responsable de tueries aveugles, de viols et de déplacements massifs en République démocratique du Congo.

Instructeurs américains de l'armée Rwandaise
Instructeurs américains de l’armée Rwandaise (ph. droits tiers)

Alors que le Mouvement du 23 Mars (M23) assiège Goma – une ville de 2 millions d’habitants et le centre stratégique de l’est de la RDC – et prive la population de nourriture et de soins de santé, Londres et Washington restent passifs. Ils condamnent timidement la violence meurtrière en RDC, mais continuent de financer honteusement le régime de Kagame, y compris ses Forces de défense rwandaises (RDF) brutales, et s’opposent à la création d’une cour pénale internationale pour la RDC afin de mettre fin à l’impunité qui favorise la violence. Lire : Conflit M23 en RDC: l’armée rwandaise utilise des missiles sol-air, selon l’ONU – La Libre

Complicité manifeste de l’Occident

La complicité de l’Occident dans la souffrance humaine en RDC a été en partie dissimulée depuis que l’International Rescue Committee a arrêté de publier son rapport sur la mortalité en RDC en 2008. Cette année-là, le nombre de victimes civiles avait atteint 5,4 millions, faisant de la situation en RDC la crise la plus meurtrière au monde depuis la Seconde Guerre mondiale.

Déplacés de guerre au Nord-Kivu, RDC
Déplacés de guerre au Nord-Kivu, RDC (ph. droits tiers)

En octobre dernier, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) de l’ONU a indiqué que 6,9 millions de Congolais avaient été déplacés par la violence, contre 5,6 millions en 2022, lorsque l’ONU a affirmé que Kagame avait repris son soutien à la milice M23 sanctionnée par l’ONU.

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Kagame nie que le Rwanda soutienne le M23 et qu’il ait des troupes en RDC. Il a aussi nié avoir attisé la violence en 2012, lorsque les gouvernements américain et britannique, entre autres, ont été forcés de geler et de suspendre l’aide militaire et budgétaire à son régime en raison de son rôle dans les massacres et les viols en RDC. Lire aussi : Suspension de l’aide militaire américaine au Rwanda : Coup dur pour Paul Kagame – Infocongo

Preuves accablantes

Pourtant, le rapport à mi-parcours de l’ONU, publié en décembre dernier, comme dans les enquêtes précédentes, contenait des images aériennes et des preuves photographiques des troupes des RDF aux côtés du M23 en RDC.

Soldats Rwandais capturés sur le champ de bataille en RDC (Ph. droits tiers)

Lors d’une attaque en octobre dernier à Rutshuru et Masisi, l’ONU a déclaré que près de 200 000 habitants avaient été déplacés. Dans une autre, le M23 a tué deux Casques bleus, un Kenyan et un Sud-Africain, chargés de protéger les civils.

Human Rights Watch (HRW) a parlé avec une survivante, une femme de 46 ans, qui a rencontré 10 combattants du M23 alors qu’elle fuyait Masisi avec sa mère de 75 ans. « Ils voulaient nous violer », a-t-elle dit. « Ma mère a dit non, alors ils lui ont tiré une balle dans la poitrine, et elle est morte sur le coup. Puis quatre d’entre eux m’ont violée. L’un d’eux a dit : « Nous sommes venus du Rwanda pour vous détruire. »

Mutisme et inaction troublants de la CPI

Malgré des preuves accablantes contre le gouvernement rwandais, la CPI semble toujours manquer de volonté d’inculper qui que ce soit Il est incompréhensible que le Royaume-Uni ou les États-Unis restent inactifs alors que leur marionnette rwandaise se livre à une frénésie destructrice d’une ampleur historique, mais qu’ils continuent à fournir au régime de Kagame la formation, les armes et les fonds dont il a besoin.

Anthony Bliken et Paul Kagame
Anthony Bliken et Paul Kagame (Ph. droits tiers)

Peut-être que ce serait différent si ses victimes étaient blanches ? En effet, en Ukraine, les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) n’ont pas hésité à poursuivre les meurtriers au nom du droit international humanitaire et des droits humains, même lorsque le président de la Fédération de Russie y figurait.

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Malgré deux décennies de preuves accablantes contre le gouvernement rwandais, la CPI semble toujours manquer de volonté d’inculper qui que ce soit. Lire aussi : Paul Kagame refuse de continuer à accueillir des réfugiés congolais au Rwanda – Infocongo