Agents et cadres de la DGDA formés par l'Ecole nationale des Finances

Le Directeur Général de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) a officiellement accueilli, le 22 février dernier, les agents et cadres de cette régie financière qui ont achevé leur cycle de formation à l’École Nationale des Finances.

Cette formation portait notamment sur les nouvelles technologies douanières et d’accises. Le DG de la douane congolaise, Bernard Kabese Musangu, a souligné que son mandat se concentre sur le renforcement des compétences des agents pour garantir un travail de qualité.

La cérémonie d’aujourd’hui a été dédiée à la réception officielle des agents et cadres de la DGDA qui ont suivi un cursus de trois ans à l’École Nationale des Finances. Cette formation a permis aux participants d’acquérir de nouveaux outils essentiels pour leur rôle au sein de l’administration douanière.

Une démarche cruciale pour une profession technique

Notons que le métier de la douane étant une profession technique, cette démarche de renforcement des capacités est cruciale. Ainsi, avec cette cérémonie de réception, les agents et cadres retourneront dans leurs services d’origine, armés des enseignements nécessaires pour exceller dans la technique douanière.

La cérémonie s’est déroulée en présence des directeurs généraux adjoints de la DGDG ainsi que du président national de la délégation syndicale de la DGDA. Les responsables de la DGDA ont encouragé les lauréats à préserver et consolider leurs acquis, tout en partageant leurs connaissances avec leurs collègues qui n’ont pas suivi cette formation.

Pour rappel, le renforcement des capacités des agents douaniers revêt une importance cruciale pour plusieurs raisons :

Efficacité dans la lutte contre la fraude : En dotant les agents de compétences actualisées, ils sont mieux préparés pour détecter et contrer les nouvelles formes de fraude douanière. Cela permet de protéger les intérêts financiers de l’État et d’assurer un commerce international équitable.

Lire :  Félix Tshisekedi toujours contre le M23 a martelé à New-York sa détermination à protéger la RDC des ambitions du Rwanda

S’adapter aux NTIC pour plus d’efficacité

Adaptation aux évolutions technologiques : les nouvelles technologies, telles que l’utilisation d’Internet, du darknet et des crypto-actifs, ont modifié les méthodes de fraude. Le renforcement des capacités permet aux agents de s’adapter à ces évolutions et d’utiliser efficacement les outils numériques dans leur travail.

La lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme : Les agents formés sont mieux équipés pour identifier les circuits financiers issus d’activités criminelles à l’intérieur du territoire. Ils peuvent également surveiller les actifs numériques et les infractions commises à l’étranger.

Poste de travail à la DGDA Kasumbalesa dans le Haut-Katanga
Poste de travail à la DGDA Kasumbalesa dans le Haut-Katanga (photo d’archive droits tiers)

La modernisation des méthodes d’enquête : la loi du 18 juillet 2023 a permis aux agents des douanes d’utiliser des dispositifs de captation d’images et de sonorisation pour la recherche et la constatation des délits douaniers les plus graves. Cela renforce leur capacité d’investigation et de contrôle.

En somme, le renforcement des capacités des agents douaniers contribue à une administration douanière plus efficace, à la protection des intérêts nationaux et à la sécurité du commerce international.

Plusieurs défis majeurs

Il convient de rappeler aussi que les douanes congolaises font actuellement face à plusieurs défis majeurs, parmi lesquels, l’exploitation illégale des ressources naturelles : Des entreprises chinoises sont impliquées dans l’exploitation illégale du bois précieux et des minéraux stratégiques dans le nord de la RDC.

Elles utilisent des permis de complaisance pour exploiter et exporter des espèces d’arbres en danger, telles que l’Afrormosia, qui ont été poussées à l’extinction dans d’autres pays africains. De plus, des concessions minières protégées par l’armée extraient illégalement de l’or, des diamants et des métaux rares, causant des dommages environnementaux et sanitaires.

Port Onatra Matadi
Des grumes destinées à l’exportation au Port Onatra de Matadi (Archives infocongo)

Il y aussi comme défi, la violation des moratoires sur l’exploitation forestière. En effet, malgré un moratoire de 20 ans sur les nouvelles concessions forestières, 18 contrats ont été attribués en violation de cette mesure. Certains de ces contrats ont été illégalement échangés par un général de l’armée congolaise, sanctionné par les États-Unis et l’UE pour des violations des droits de l’homme.

Lire :  Affaire Salomon Kalonda : les renseignements militaires se couvrent d’opprobre

Corruption, trafic d’influence et barrières linguistique et culturelles

D’autres défis à ne pas négliger sont : les barrières linguistiques et culturelles : les agents douaniers doivent faire face à des difficultés de communication avec les communautés locales, en raison de la diversité linguistique et culturelle du pays.

Contraintes logistiques et infrastructures insuffisantes : les installations portuaires, les routes et les moyens de transport sont souvent inadéquats, ce qui entrave le bon fonctionnement des douanes.

Enfin et non des moindres, la corruption et trafic d’influence qui gangrènent la société congolaise. La corruption reste un problème persistant, avec des cas de pots-de-vin et de trafic d’influence qui compromettent l’intégrité des opérations douanières.

En somme, les douanes congolaises doivent relever ces défis pour assurer une gestion efficace des frontières et protéger les intérêts nationaux. Lire aussi : Haut-Katanga : Félix Tshisekedi inaugure le nouveau bâtiment de la DGDA à Kasumbalesa – Infocongo