Chaka Kongo

Chaka Kongo, coordinateur de l’ASBL Artistes en danger a tiré sa révérence vendredi 26 janvier 2024 à Kinshasa. La nouvelle endeuille le monde de la culture en RDC. En effet, aux alentours de 20h30, Langu Masiama Chaka Kongo, coordinateur de l’association sans but lucratif « Artistes en danger », a rendu l’âme après une longue maladie. La tristesse est profonde dans le monde culturel, tant l’apport de cet homme pour la défense des intérêts des artistes, surtout dans les moments de détresse était énorme.

Chaka Kongo dans sonlit de malade (Ph. droits tiers)

Tout a commencé par un post sur sa propre page Facebook, où un message annonce son décès. Très vite, l’information a circulé, et les hommages ont commencé à pleuvoir. Comme pour dire, musiciens, humoristes, comédiens, opérateurs culturels et bien d’autres, personne ne s’est préparé à perdre une figure aussi emblématique et majeure de la culture congolaise.

Chaka Kongo s’était profondément investi dans la défense des artistes, de leurs droits et dans l’amélioration de leurs conditions, tant à travers son association que dans les émissions TV et radio et autres.

Qui était Chaka Kongo ?

Pour la petite histoire, Chaka Kongo, chanteur-danseur-chorégraphe est né un certain 6 juillet 1957, à Kinshasa et a commencé, par suivre le chanteur Gaby Lita Bembo. De son vrai nom, Edmond Langu Masima, connu sous le petit nom de Chaka Kongo, ex Chaka Zulu, sobriquet adopté, lors de la diffusion du film sud-africain Chaka Zulu, à la télévision publique l’OZRT.

Aujourd’hui, Chaka Kongo est considéré comme le fils artistique de Lita Bembo, responsable de Stukas. Pour la petite histoire, Chaka Kongo a monté avec Djo Leya, l’orchestre Stuning Mangenda, après le voyage de Lita Bembo à l’étranger, question d’emboîter le pas à Lita Bembo, responsable de Stukas Boys.

Chaka Kongo (Ph. droits tiers)

Sur le plan discographique, Chaka Kongo a produit un disque avec l’orchestre Dynamique Asha, de la commune de Ngiri Ngiri, Litonge Bouge, de la commune de Kalamu, Station Japan de Bandalungwa et Stuning Mangenda, où évoluait le responsable de l’ASBL, artiste en danger.

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En 1990, après le 24 avril, date de l’annonce de la démocratisation du Zaïre, Chaka Zulu, qui est devenu Chaka Kongo a mis à la disposition du public la chanson intitulée « démocratie ». Cette chanson passait avant le journal de l’OZRT et avant la diffusion de la plénière de la Conférence Nationale Souveraine. En 1994, Chaka Kongo a prouvé ses talents au festival de musique de Londala Bongwalanga, baptisé Ngomo Africa, aux côtés de Manu Dibango, Aïsha Koné et Check Khaleb.

Chaka Kongo sur scène (ph. droits tiers)

Lors de la production de Ngiama Makanda Werrason à Bercy, Chaka Kongo a participé à la conception de l’affiche avec des tenues traditionnelles.

Chaka Kongo était parmi les invités, lors de l’installation des studios de Radio France Internationale (RFI), à Kinshasa, à la Halle de la Gombe.

Toujours au service des autres

Chargé des affaires sociales de l’Union des Musiciens Congolais, (UMUCO), Chaka Kongo a créé l’Association Sans But Lucratif, Artiste en Danger, quand le guitariste Bombole wa Lokole, connu sous le petit nom de Bolene, de Négro Succès était chassé de l’hôpital par manque de moyen, alors qu’il était très malade. Grâce à l’aide de la chanteuse Tshala Muana, le guitariste Bolene était rentré à l’hôpital, avant de trouver la mort quelque temps après.

Chaka Kongo a encore frappé la porte de la présidence de la république, à l’époque du sénateur à vie, Joseph Kabila, pour les obsèques de Bolene et Djo Poster qui était aussi décédé le même jour. L’actuelle DG de l’ONEM, Angelique Kikudi avait facilité à l’époque Chaka Kongo, pour réussir ses démarches.

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Signalons que Chaka Kongo a participé dans plusieurs projets, entre autres, le Congo rend hommage à Tabu Ley, avec la demande de la rebaptisation d’une avenue à Kinshasa avec le nom de cet artiste, pareille pour Lutumba Simaro et la rebaptisation d’une autre avenue de Kinshasa, en son nom.

La culture, son cheval de bataille

Le retour de l’artiste comédien Murumba à Kinshasa, après plus de 30 ans d’absence entre aussi dans l’actif de Chaka Kongo, qui a également mis en place la structure Révolution Culturelle, avec les artistes de toutes les disciplines confondues. Avec cette plateforme, Chaka Kongo a saisi l’Inspection Générale de Finances (IGF), pour le droit des artistes. Bravo artiste Chaka Kongo.

Avec son ASBL « Artistes en danger », Tsaka Kongo a initié le prix « l’artiste ne meurt jamais » en 2010. Ce prix visait à encourager les chroniqueurs de musique, animateurs, opérateurs culturels et les hommes de bonne volonté qui se distinguent dans les activités et initiatives visant la promotion de la culture congolaise, ainsi qu’à immortaliser les artistes décédés. Lire aussi : La morgue du Cinquantenaire a accueilli Liyolo et attend Lutumba – Infocongo