Kibali gold mine

Le géant minier sud-africain Barrick et sa filiale Kibali Gold Mine installés en République démocratique du Congo dans le territoire de Watsa en Ituri, sont dans la tourmente. Après les discussions entre les autorités et la société Kibali Gold Mine, le groupe est menacé de fermeture, à cause de cas de fraudes liés à la sous-traitance, précise rfi dans son édition de vendredi 26 janvier 2024.

Selon les autorités congolaises, la Société Kibali Gold Mine, reconnue le numéro deux mondial de l’or, avait confié 90% de ses contrats de sous-traitance à une entreprise belgo-indienne dénommée TCFF qui, à son tour, exigeait des commissions aux entreprises congolaises sous-traitantes. ET cela fait échapper plus des 8 milliards de dollars du circuit financier congolais.

Fonderie d’or à Kibali Gold Mine (ph. droits tiers)

De son avis, Miguel Katemb Kashal, précise que la Société Kibali Gold Mine étant devenue le « gendarme » de la sous-traitance en RDC, s’est rendue coupable non seulement de sous-traitance, mais également de ses activités à des sociétés non éligibles.

Que dit la loi ?

Dans le pays, fait savoir l’enquête de la radio, la loi impose qu’au moins 51% des parts dans les sociétés de sous-traitants soient détenus par les Congolais, seulement 49% pour les étrangers. Entre perdre ses mines et se débarrasser d’un partenaire, la société sud-africaine n’a pas eu de choix.

Radier TCFF et les 90% des marchés de Kibali Gold pour stopper l’hémorragie

Le Directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance, Miguel Katemb Kashal, confirme le stoppage d’une hémorragie qui a longtemps durée : « Ce sont des faits graves. Nous avons demandé à la société Kibali Gold Mine de radier cette société et les 90% de ses marchés qui étaient centralisés par la société belgo-indienne viennent aujourd’hui d’être libérés au profit des entrepreneurs congolais. C’est le combat du président de la République. La société TCFF avait déjà centralisé tous les marchés et les paiement s’effectuaient à l’étranger, ici chez nous au niveau de l’ARSP, nous allons dissoudre l’attestation. Ce qui fait que cette société ne sera plus du tout éligible sur toute l’étendue du territoire national. »

Installations de Kibali Gold Mine

Un court moratoire de séparation

La multinationale s’est engagée, après des heures de réunion, à augmenter le volume des marchés au profit des sociétés à capitaux congolais.  

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Nicolas Marques, l’un des hauts dirigeants du groupe Barrick dont fait partie Kibali Gold Mine, a obtenu des autorités un court moratoire, pour se séparer de son prestataire indésirable en soutenant que « révoquer brutalement une société avec laquelle nous travaillons depuis douze ans pourrait causer d’énormes problèmes à la mine et celui-ci pourrait se répercuter même dans le paiement des taxes et dans la production de l’or. »

Dans sa conclusion, l’enquête note que le cas de cette firme n’est que la partie visible de l’iceberg.

Ce qui signifie que les sociétés étrangères qui exploitent les minerais en RDC détiennent de contrats dont les plus grands bénéfices seraient à leur profit. Lire aussi : Plus de 230 millions USD de Kibali Gold Mine saisis par la justice au profit de la Sokimo – Infocongo

Gel Boumbe