Ituri : le Gouverneur Johnny Luboya Nkashama se démarque sur le plan sécuritaire et du développement

Avant l’état de siège, la province de l’Ituri était en proie aux violences armées depuis décembre 2017 avec la milice CODECO, un   groupe armé qui attaque les civils et les forces armées congolaises, faisant plusieurs victimes.

Des centaines de civils ont été tués depuis le début des hostilités et des dizaines de villages entièrement incendiés, sans compter les déplacements massifs des populations regroupées dans différents sites.

Lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama
Lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, Gouverneur de l’Ituri

En 2020, cette milice avait signé un acte d’engagement de paix unilatéral facilité par des anciens seigneurs de guerre de l’Ituri missionnés par le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Le processus avait abouti au regroupement de plus d’un millier de combattants candidats au désarmement. Cette démarche avait donné lieu à un cessez-le-feu sur le terrain, mais pour quelques semaines seulement, faute d’une politique gouvernementale en la matière.

Une année après l’instauration de l’état de siège, Un nouveau « cessez-le-feu unilatéral » a été encore signé au mois de juin 2022 par la milice CODECO, à la base des tueries de nombreux civils dans le territoire de Djugu et celui de Mahagi.

Ce nouvel acte d’engagement est intervenu à la suite des assises tenues du 1er au 4 juin 2022 à Kpandroma par des représentants de la communauté Lendu majoritaire dans la milice CODECO avec la participation des autorités locale. La CODECO s’est engagée à ne plus s’attaquer aux civils et aux Forces armées de la République démocratique du Congo.

Miliciens CODECO
Miliciens CODECO à Bunia

Au-delà de la CODECO, la milice FPIC, Force patriotique et intégrationniste du Congo, un groupe armé actif dans le sud du territoire d’Irumu, avait signé aussi le 15 avril dernier, un acte unilatéral de cessation des hostilités.

Deux actes d’engagements pour lesquels se félicite le gouverneur militaire de la province de l’Ituri, Le Lieutenant-général Johnny Luboya NKashama, qui parle des avancées significatives désormais sur le plan sécuritaire et du développement.

Dans une interview accordée à infocongo.net  ce début du mois de juillet 2022, Le gouverneur militaire de l’Ituri  dit rester déterminé à voir toute la population de sa province en sécurité et la reprise normale de la vie. 

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Q : Êtes-vous satisfait de ce qui est déjà fait jusque-là dans différents secteurs ?

Au début, quand nous avons commencé, nous étions focalisés vers les opérations qui ont permis de récupérer plusieurs agglomérations et chasser l’ennemi dans son retranchement. Mais au-delà de ca aussi, vous avez appris que l’ennemi s’étant retrouvé faible a signé les actes d’engagement. Nous avons pu obtenir deux actes d’engagement, ce qui nous a permis de lever un peu les pieds sur les opérations. Et pour ce qui est du développement, ont continue avec ce qui avait déjà été fait dès le départ, dont l’ouverture des routes, la réhabilitation des hôpitaux, construction des cliniques, écoles  et autres …

Bunia, Chef-lieu de la Province de l’Ituri

Q : Quels sont les défis auxquels vous faites face ?

Le plus grand défis ici, il faut savoir que c’est l’homme qui est concerné. Dans tout ce que nous sommes en train de faire, c’est l’homme qui est concerné. Evidement l’homme qui se retrouve dans les communautés  et cela c’est en ce qui concerne les groupes armés locaux. Il faut donc arriver à sécuriser cet homme et créer cette confiance.

Avec les représentants de ONG humanitaires œuvrant en Ituri

Vous savez, il y a eu autant d’années ici où il y a eu cette rupture de confiance entre la population et l’état. Et donc ça, c’est un défi pour nous. Parce dès le moment où nous allons nous faire confiance, la population va faire confiance à l’Etat et nous allons permettre aux commutés de se faire confiance entre eux. Et si cela arrive, je crois on aura déjà fait un grand pas et résolu beaucoup de problèmes ici en Ituri.

Mais il y a de l’espoir, il y a des gens qui commencent à comprendre que l’état de siège s’occupe effectivement de la population. Ça aussi ça manquait.

Q : Les recettes de la province ont galopé depuis le début de l’état de siège. Pensez-vous que c’est seulement le côté dissuasif de l’état de siège qui a permis cela, ou il y a des nouvelles stratégies de mobilisation que vous avez activées ?

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Vous avez vu avant l’état de siège, on trouvait ici les barrières de CODECO, ici une autre barrière. Mais depuis que nous sommes arrivés, nous avons restauré cet Etat dans beaucoup d’endroits et donc les gens ont compris que si vous ne répondez pas aux obligations de l’Etat, vous aurez des problèmes. Donc les gens ont compris que c’est l’Etat qui revient et aujourd’hui il y a n’est-ce pas cette augmentation des taxes et impôts.

Q : Des opérations militaires au développement en encadrant et appuyant la jeunesse, pour quel objectif ?

Vous  savez, quand nous sommes arrivés ici, évidemment on a parlé des opérations et du développement. En termes d’insécurité, il y a eu trop de violences ici, trop, trop de violences. Malheureusement les gens ont, excusez moi, c’est peut être un mot dur, cherché à valoriser cette violence-là. Vous n’avez qu’à  voir dans les réseaux sociaux quand on parlait de l’Ituri, c’était seulement des têtes de morts, des gens violentées, tuées  et ainsi de suite. Nous, nous nous sommes dit non ! On ne va pas continuer sur ce chemin-là.

Avec les jeunes de l’Ituri

Donc il faut en même tant que nous sommes en train d’essayer de réorganiser la sécurité et le développement, mais il faut aussi changer de perception. Cette jeunesse iturienne, c’est une jeunesse courageuse. D’ailleurs quand les gens viennent de Kinshasa, ils s’étonnent. Il n’y a pas que la violence ici. Et puis pour voir ici la violence, ce n’est pas facile. Ce n’est pas quelque chose qu’on trouve au coin de la rue.  Et donc nous avons aussi voulu changer cette perception-là. Nous mettons les jeunes au centre de nos activités. Que ça soit pour la paix, le développement, mais aussi pour la perception, l’image que nous devons envoyer à l’extérieur. C’est comme ca que vous voyez par exemple nous avons soutenu la miss.

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Aujourd’hui les gens voient que la miss Ituri  qui est sortie, mais c’est un travail de longue haleine que nous avons commencé depuis une année. Personne n’a cru quand nous étions en train d’organiser ça ici.  Personne ne savait qu’elle est à Kinshasa. Cette histoire de sport aussi, nous avons encadré, nous avons parlé aux jeunes. On n’avait pas de moyens, mais on a montré qu’on s’intéressait aux jeunes. Et aujourd’hui vous avez vu, nous avons des équipes, trois équipes qui sont allées à Kinshasa, trois à Kisangani.

Stade de Bunia réhabilité

Donc ces sont de petites choses qui réveillent un peu et aujourd’hui les gens m’appellent de Kinshasa pour dire donc en Ituri il y a eu le sport, en Ituri il y a aussi des belles dames, mais oui ! Aujourd’hui on ne parle plus de morts mais on parle  développement, la jeunesse. Et c’est ça, nous avons voulu changer la perception. L’Ituri vaut beaucoup et il y a autre chose à découvrir en Ituri.

Q : Quel est votre message à toutes les communautés et en particulier aux jeunes qui sont encore dans la brousse ?

Les gens sont obligés de vivre ensemble parce que jamais, on ne peut pas déplacer les communautés. Et donc nous, nous sommes vraiment à fond pour sensibiliser ces populations, pour leur faire comprendre que se sont des frères et pour leur faire comprendre aussi que c’est dans la paix où tout ira de l’avant, c’est dans la paix qu’on va progresser, et c’est dans la paix qu’on va se développer. Tout le monde sera heureux. Si tout le monde est en paix, l’Ituri c’est un paradis. Lire aussi: Le Lieutenant-Général Luboya Nkashama Johnny et Le Lieutenant-Général Constant Ndima Kongba, nommés à la tête du Nord-Kivu et de l’Ituri

Amour Imani Christian   

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