Du rififi à Télé 50, des journalistes arrêtés !

Du rififi à Télé 50 ! ça se passe comme dans un vilain télé-film, avec des bureaux “vandalisés” par on ne sait qui, des portes forcées, cadenas fracassé, clés “perdues”, et comble de tout, environ une centaine d’agents, journalistes et autres embastillés comme des malfaisants.

Je t’aime, moi non plus…

Finies les années bisounours, où l’on affichait des selfies du Boss JMK avec ses journalistes vedettes, Floride Zantoto, Jolie Diyoka, Mathieu Kamango, etc. Après l’ère Kabila, c’est le désamour. Les journalistes qui accusaient 14 mois d’arriérés de salaire ont osé revendiquer leurs droits en février 2019, mal leur en a pris. Le patron, Jean Marie Kassamba ne l’entendait pas de cette oreille.

Dans un premier temps, des émissions des frondeurs ont été rétirées de la grille des programmes… en ont fait les frais, Floride Zantoto, Mathieu Kamango et le sportif maison. Motif invoqué : alléger la grille…

Après la médiation du Président du conseil d’administration, Moïse Ekanga, les 14 mois d’arriérés sont apurés, les parties convienent de mettre en place un banc syndical et d’éviter tout reglement de comptes. Les “quados” crient victoire… erreur !! Le boss n’allait pas se laisser faire si vite et si facilement. Il passe à la vitesse supérieure après quelques jours : restructuration de la rédaction, avec nomination des journalistes non grévistes, et menace de réduction des effectifs.

Les journalistes se cabrent. Pour eux, pas de réduction du personnel sans l’aval du PCA Ekanga. Dans la foulée, interdiction est donnée aux journalistes et techniciens d’accéder aux bureaux. Portes et fenêtres sont fermées… Sécurité renforcée. La tension monte d’un cran de plus.

Le personnel réclame le départ pur et simple de Jean Marie Kassamba, sur fond de manifestations générales. En debut de semaine, des images de mobiliers de bureau renversés font le tour des réseaux sociaux. Une cohorte de policiers fortement armée est mobilisée pour “sécuriser” les installations de la chaîne.

Journalistes et agents de Télé 50 arrêtés par la Police

L’escalade atteint son comble ce mercredi vers 16 heures, 90 agents sont embarqués par la police, direction le Parquet général de la Gombe. Une journaliste, Caddie Kulab, jeune mère de jumeaux est agressée et embastillée avec ses collègues.

Le revers de la médaille

La toute puissante Télé 50 qui faisait des envieux dans le microcosme de la presse audiovisuelle congolaise laisse ainsi transparaître le visage hideux des médias de la RDC, qui ne sont souvent pas de vraies entreprises viables, sans comptabilité transparente, sans contrats de travail pour le personnel et où le mot salaire est tabou, avec des barêmes à la tête du client.

Entreprises hors-la-loi

Des “entreprises” hors-la-loi, qui ne s’acquittent presque jamais de leurs obligations ni envers l’Etat, ni envers le personnel, ni envers les particuliers. Les droits d’auteurs ne sont jamais payés aux artistes musiciens comme comédiens. Des “entreprises” qui ont transformé les chevaliers de la plume en vulgaires “quados”, à l’affût du moindre “coupage”, ce fléau qui les réduit à l’état de mendiants…

Cet état des choses est commun à la majorité des médias du pays. Depuis le mois de janvier, on a vu des mouvements de grève aussi à RTVS1 et Digital Congo TV, pour des révendications salariales, mais le cas Télé 50 est entrain de prendre une allure dramatique. L’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), par son président Kasonga Tshilunde, aurait tenté une médiation, mal vue par les agents. A suivre…

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