RDC : une montée inquiétante d’actes xénophobes

Depuis la résurgence du groupe M23 accusé par les autorités congolaises, il se constate de plus en plus de nombreux cas d’actes xénophobes contre des personnes à morphologie nilotique â travers le pays.

En début de la semaine dernière, au cours d’une réunion du Conseil supérieur de la défense, les autorités congolaises avaient enjoint l’inspecteur Général de la police et le ministre de l’intérieur, de veiller contre toute stigmatisation de certaines communautés nationale où étrangère sur toute l’étendue de la République.

Une recommandation qui semble n’être pas suivie par une bonne partie de la population. Hier samedi, un groupe de personnes floquées aux couleurs d’un mouvement proche d’un parti politique connu, et équipées de machettes et d’autres objets contondants, a fait une descente devant un immeuble abritant un commerce de produits frais dans la commune de Bandalungwa à Kinshasa, prétendant être à la recherche des « rwandais ». Le même jour à Kindu dans le Maniema, des jeunes ont mis la main sur une autre personne à la morphologie nilotique, avant de la lapider à mort. La victime a été ensuite brûlée ce dimanche.

La semaine passée encore à Kinshasa sur l’Avenue du Commerce en plein centre-ville, des badauds s’en sont pris à des résidents d’un immeuble qu’ils soupçonnaient d’être d’ascendance rwandaise. Les infortunés ont été sauvés in extremis par une intervention de la police.

Dans la même semaine, on a eu à déplorer l’incendie du Consulat du Rwanda dans la ville de Goma et le pillage des ressortissants à faciès nilotique dans la même ville.

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Lundi dernier, un député national a déclaré au cours d’une plénière à l’Assemblée nationale qu’il y avait des « rwandais » parmi ses collègues députés, avant de se faire recadrer par le speaker de la Chambre basse lui-même.

La tension actuelle entre Kinshasa et Kigali, née de l’occupation d’une partie du territoire congolais par les rebelles du M23, semble avoir ouvert la porte à une sorte de surenchère verbale de la part de certains politiques congolais, qui rivalisent des formules pour stigmatiser et appeler à la vindicte contre tous ceux qui s’apparente de près ou de loin à des rwandais. Un phénomène qui a pris tellement d’ampleur qu’il commence à s’infiltrer même au sein des institutions comme le Gouvernement, l’Armée et la Police nationale, ou les grandes administrations du pays. Lire aussi: RDC : un soldat congolais abattu au poste frontière avec le Rwanda, après avoir tué deux policiers rwandais

    Lolo Luasu B.

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