RDC : alors qu’elle est encore en chantier, la force régionale pour l’est de la RDC refuse déjà du monde

Le ministère rwandais des Affaires étrangères a fait savoir samedi que le Rwanda soutenait le projet de la force régionale à déployer dans les provinces de l’est de la RDC lancée par le Président kényan Uhuru Kenyata, et se dit disposé à mettre ses troupes à disposition dans le cadre de l’EAC.

Uhuru Kenyata, Président de la Tanzanie

Vendredi, c’est le général Muhoozi, commandant de l’Armée ougandaise, et par ailleurs fils du Président Yoweri Museveni, qui a déclaré que les troupes ougandaise déjà déployées en RDC dans le cadre de la mutualisation des forces avec les FARDC, resteront en RDC au-delà des deux mois de la prolongation actuelle.

Engouement étrange

Le projet d’une force militaire régionale à déployer dans les trois provinces de l’Ituri, du Nord et du Sud-Kivu dans le cadre de la Communauté des États de l’Afrique de l’Est (EAC), et destiné à combattre les groupes armés, suscite un étrange engouement, surtout de la part des pays qui justement, sont soupçonnés, voire accusés de soutenir les mêmes groupes armés.

Généraux congolais et Ougandais (Muhoozi)

Ce projet qui a aussi reçu l’aval de Kinshasa vendredi en Conseil des ministres, devrait être opérationnalisé ce dimanche au cours d’une réunion des Etats-majors concernés à Nairobi au Kenya.

Les autorités congolaises ont certes émis des réserves sur la participation des forces armées rwandaises à cette force régionale, mais certains observateurs se demandent si Kinshasa a encore des arguments politiques et diplomatiques nécessaires pour imposer son point de vue ou sa volonté dans une dynamique qui semble de plus en plus échapper à son contrôle.

Statut ambiguë du Rwanda

Pour preuve, le Président kényan qui pilote ce projet n’a jamais fait allusion au Rwanda comme pays agresseur de la RDC dans son communiqué de la semaine dernière qui annonçait la mise en place et le déploiement de ladite force.

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Par ailleurs, les autorités congolaises ont appris comme tout le monde, l’adjonction de la province du Sud-Kivu dans la zone de déploiement, tout comme la participation des forces armées du Burundi.

Soldats FARDC dans le territoire de Rutshuru

On se bouscule au portillon

Enfin, sur les 7 pays que compte l’EAC, 5 pays disposent déjà des forces opérationnelles sur le sol congolais, à savoir l’Ouganda et le Burundi sur demande où avec l’aval de Kinshasa, le Kenya et la Tanzanie sous couvert de la Monusco, et enfin le Rwanda, sous couvert du M23 et de sa propre volonté. D’où la question que se posent les observateurs de savoir si cette force régionale serait une simple formalisation d’un fait déjà existant, ou un renforcement des troupes déjà installées avec ou contre la volonté des autorités de Kinshasa.

Par ailleurs, si on part du postulat de l’échec de l’expérience en cours de la mutualisation des forces congolo-ougandaises, et du bilan en demi-teinte des forces de la Monusco déjà en surnombre dans cette contrée par ailleurs sous état de siège depuis près d’une année, on est plus que dubitatifs sur les perspectives de cette nouvelle militarisation, qui pourrait aboutir à un gigantesque pataquès dans ces provinces déjà fortement instables.

A tout cela, il faudra ajouter une hostilité prévisible de la société civile locale, très vivace dans ces contrées, ainsi que celle des autres personnalités nationales qui s’opposent déjà à la venue de ces armées étrangères sur le sol congolais.

Dans ce qui s’apparente déjà l’amorce d’un brouillamini à venir, les autorités de Kinshasa donnent la nette impression de naviguer à vue, sans cap défini, et sans boussole. Lire aussi:

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Lolo Luasu B.

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