Minerais de sang : Les dessous des cartes de l’acharnement contre le député Mwangachuchu

Le jeudi 19 mai dernier, lors d’une plénière à l’Assemblée nationale, le député national Justin Ndayishimiye s’est distingué par une violente diatribe contre son collègue l’honorable Edouard Mwangachuchu, qu’il a publiquement accusé d’entretenir des groupes armés et de favoriser le trafic des minerais de sang dans la contrée de Rubaya au Nord-Kivu. Une accusation aussitôt relayée par une certaine presse sans vérification préalable des faits.

Pour ceux qui ne le savent peut-être pas, le député national Edouard Mwangachuchu est certainement l’un des rares congolais présent dans l’exploitation minière industrielle et promoteur d’une société minière industrielle, la SMB dans les environs de Rubaya au Nord-Kivu, et un opérateur économique connu dans cette province.

En raison de son statut de député national, il s’est longtemps dessaisi de la gestion quotidienne de cette entreprise dirigée à ce jour par un Comité de gestion.

Et contrairement aux affirmations de son collègue Ndayishimiye, l’honorable Edouard Mwangachuchu ne s’est jamais mêlé ni de près ou de loin aux groupes armés qui écument la province du Nord-Kivu. Jamais son nom n’a été repris dans les registres des mouvements comme le RCD-Goma, le CNDP ou le Mouvement du 23 mars(M23).

La SMB, est une entreprise minière industrielle florissante et légalement établie, à jour avec ses obligations fiscales légales. Sa production minière est par ailleurs rigoureusement retracée par les agences gouvernementales et les organismes de certification. D’où l’étonnement et la surprise de l’opinion quand contre toute attente, il a été la cible des fausses accusations de son collègue, qui apparaissent avec le recul, comme une grave atteinte à l’honneur et à la dignité de ce notable de la province du Nord-Kivu. Mais qu’est-ce qui se cache réellement derrière cette volée de bois contre cet élu.

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La politique du bouc-émissaire

Après la mise en production de la SMB, et par souci de stabilité sociale, cette entreprise avait accepté la présence dans son périmètre d’exploitation, des creuseurs artisanaux regroupés au sein de la Coopérative Cooperama. Il était convenu dès le départ que ces creuseurs devaient vendre leurs produits à la SMB, qui à son tour devait écouler leur production et en assurer la traçabilité et la certification.

Mais très vite, la Cooperama, poussée certainement par certains tireurs de ficelles, s’était affranchie de ses obligations, en vendant ses minerais à un comptoir dénommé CDMC, sous couvert de l’entreprise Sakima, et avec la certification de l’organisme ITSCI. Sakima, une entreprise de l’Etat, est pourtant connu comme en cessation de production depuis des années. Bien plus, toute la production de la Cooperama sort du pays sans payer les impôts et taxes, et sous une fausse certification.

Les malheurs de la SMB et donc de son promoteur Mwangachuchu ressurgissent avec la dernière décision des autorités minières de séparer les exploitations minières industrielles des creuseurs artisanaux, et du délai de 18 mois accordés aux artisanaux de quitter le périmètre d’exploitation de la SMB. Et c’est là qu’apparaît l’honorable Justin Ndayishimiye et ses acolytes.

Les dessous des cartes

Ce que le député Ndayishimiye a oublié de dire dans sa sortie devant la plénière, est qu’il est, lui-même, l’actuel Coordinateur des creuseurs artisanaux de la Cooperama, à qui il fournit toute la logistique (eau, nourriture, matériel et équipements de travail). C’est lui qui les pousse à ne pas obéir à la décision des autorités leur enjoignant de quitter les périmètres d’exploitation industrielle. C’est encore lui poussé les creuseurs à creuser au-delà de la profondeur légale, jusqu’à plus de 30 mètres de profondeur. Et quand il se produit un effondrement des puits avec morts d’hommes, il s’arrange avec ses partenaires pour mettre l’accident sur le dos des responsables de la SMB.

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Depuis la création de la SMB, ses dirigeants s’échinent à maintenir tant bien que mal cette unité industrielle entièrement congolaise à flot, en dépit de la situation sécuritaire délétère dans la région, des multiples tracasseries administratives, et de la récente majoration à 10% du prix de la tonne vendue, contre 3% auparavant.

Ceux qui combattent la SMB et son promoteur comme l’honorable Justin Ndayishimiye, travaillent en fait pour leurs intérêts personnels, ne s’acquittent d’aucun impôt ni taxe, et participent allègrement au pillage des ressources naturelles du pays.

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