Félix Tshisekedi face aux sénateurs Usn

L’ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo ne peut plus se faire d’illusions sur son avenir immédiat : son immunité sera levée, et il sera jugé, et plus probablement condamné à une lourde peine de prison.

Sans le citer nommément, le Président Félix Tshisekedi l’a décidé, même si c’est en termes voilés, devant les 85 sénateurs de l’union sacrée qu’il a reçus samedi soir à la Cité de l’Union africaine. “Ne faites pas obstruction à la justice. Ne discréditez pas votre chambre“, a déclaré Félix Tshisekedi à ses visiteurs, qui s’apprêtent à traiter cette semaine de la demande du Procureur près la Cour constitutionnelle sollicitant la levée des immunités du sénateur Matata Ponyo, qui doit être entendu sur le dossier Bukanga-Lonzo.

Sénateurs de l’Union sacrée pour la nation

« Vous ne le regretterez pas », a tenu à préciser Félix Tshisekedi, laissant entendre que la soumission totale des sénateurs à sa volonté sur la levée des immunités et le vote automatique de la future loi sur la CENI, va leur valoir des retombées positives et trébuchantes en termes d’avantages matériels et financiers.

Depuis sa conversion au dogme de l’union sacrée qui veut que « la volonté du peuple est la loi suprême du pays », le Président de la République n’hésite pas à marcher sur les plates-bandes des autres institutions, et mêmes à multiplier des infidélités à la Constitution, du moment que ces écarts de conduite servent ses propres desseins politiques. Le scénario est désormais bien rodé : une enquête-minute de l’Inspection générale des finances qui débusque des millions « volés » par une bande de « maffieux », des convocations de justice qui s’abattent sur les prétendus coupables, qui se retrouvent devant la barre, et sont condamnés à des lourdes peines. Tout le monde est content, même si des millions volés, personne n’en retrouve la trace. Mais la personne visée elle, est à l’ombre pour un certain moment. Vital Kamerhe est le cas le plus emblématique de cette manière de se débarrasser des empêcheurs de tourner en rond, avec le spectacle de son procès en appel, où le juge des céans, a refusé obstinément d’écouter les avocats de la défense, et a pris l’affaire en délibéré, le tout avec le téléphone collé à l’oreille, attentif aux ordres venus d’ailleurs. Lire aussi: Programme des 100 jours : le procès Kamerhe tourne à la farce

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