Face à une grogne qui monte de toutes parts, le régime Tshisekedi opte pour le tout-répressif

Il fallait y être pour le croire. Lundi 03 avril, place Rond-point Huileries à Kinshasa, les participants à la marche contre la taxe RAM (Registre des appareils mobiles), n’ont même pas eu le temps d’esquisser une dizaine de pas. La police, déployée en nombre sur les lieux, a cueilli les manifestants l’un après l’autre dès leur arrivée sur le lieu. Aussitôt interpellés, ils ont été bastonnés, brutalisés, puis conduits au camp Lutundula tout proche, où ils ont été embastillés.

Manifestants contre la taxe RAM

Etouffer dans l’œuf toute contestation

Pourtant, la manifestation était pacifique et bénéficiait d’une forte adhésion populaire, face à une taxe arbitraire qui consiste à ponctionner à l’avenant, des crédits des utilisateurs de téléphonie cellulaire sans leur aval, mais pour le seul bien-être des hommes au pouvoir. Bilan de cette matinée désormais ordinaire sur la place de Kinshasa : plusieurs manifestants, dont des journalistes et des activistes des mouvements citoyens, bastonnés, blessés pour certains, et placés ensuite en garde à vue. Lire aussi: La marche contre le RAM réprimée par la police, plusieurs interpellations

Manifestants contre la taxe RAM interpellés par la Police

Étouffer dans l’œuf toute velléité de contestation ou de revendication des droits citoyens, semble être devenu le sport le plus prisé du régime du Président Félix Tshisekedi. Pas plus tard que samedi 1er mai dernier, la marche d’un autre mouvement citoyen la Nogec (Nouvelle Génération pour l’Emergence du Congo), a été brutalement dispersés par la police à coups de gaz lacrymogènes. Les manifestants ont été interceptés à la place Kitambo-magasins, juste après quelques 100 mètres du lieu de départ de la manifestation. Le Président national de cette structure affiliée au FCC, Constant Mutamba, a été interpellé et conduit vers une destination encore inconnue.

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Marche pacifique de Lamuka en faveur de la paix à Beni, réprimée

Le samedi d’avant le 24 avril, une autre marche en faveur du retour de la paix à l’est, organisé par le regroupement politique Lamuka de Martin Fayulu et Adolphe Muzito, a connu le même sort dans la partie est de la capitale. Le bilan fait sur place par le Secrétaire général de l’Ecide Devos Kitoko, était de 4 blessés dont un avec un œil poché et plusieurs interpellations. Des informations non confirmées font état depuis, du décès de l’une des personnes blessées.  Lire aussi: Marche de Lamuka : une dérive totalitaire qui ne dit pas son nom

Elèves de Beni chassés après sit-in à la mairie
Elèves de Beni chassés après sit-in à la mairie

Mais le plus intéressant dans cette furie répressive s’est déroulé à l’est du pays, dans la lointaine et très éprouvée ville de Beni. Des élèves, 69 au total, dont le benjamin avait à peine 8 ans, ont été placés en prison, pour le seul motif, qu’ils étaient venus à la rescousse de leurs collègues de Beni en sit-in depuis trois jours devant l’hôtel de ville, pour rappeler au Chef de l’Etat sa propre promesse de s’établir à Beni, pour y rétablir la paix. Les élèves en sit-in eux, ont été brutalement délogés avec des gaz et des coups de gourdins à l’appui, certainement en application de l’appel du Président de la République lui-même, qui la veille, les invitaient à retourner chez leurs parents, « pour se mettre à l’abri des intempéries »…Lire aussi: Beni : des élèves chassés violement de la mairie par les forces de l’ordre, après 7 jours de sit-in

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En République très démocratique du Congo, l’impression est que les régimes se succèdent, et …se ressemblent.

On semble loin du temps où les actuels tenants du régime, multipliaient les promesses et les engagements de bannir à jamais la répression contre la liberté d’expression et des manifestations, et où ils affirmaient, devant des foules enthousiastes, leur détermination à asseoir un Etat de droit, une fois au sommet du pouvoir.

Au Congo-kinshasa, dire ce que l’on pense, marcher pour revendiquer ses droits, ou avoir un avis contraire à celui des princes régnants, sont devenus des exercices à haut risque. Il paraît que contrairement au régime passé, personne n’y trouve la mort, mais ce qui est certain, est que de plus en plus de victimes en sortent avec des bosses et des contusions, si pas avec des séjours entre quatre murs en bonus.

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