Reconstruction du Grand marché de Kinshasa : vers un nouvel imbroglio judiciaire

Vingt-quatre heures après la visite du Chef de l’Etat et son annonce sur la reconstruction du Grand marché de Kinshasa(Zando), des analystes prévoient de nouvelles complications judiciaires qui pourraient aboutir à des lourdes indemnisations financières au détriment du Trésor public congolais, avec notamment des dommages et intérêts qui pourraient aller jusqu’à des dizaines de millions de dollars us. 

Félix Tshisekedi au Marché central

Lors de la séance de travail à l’hôtel de ville, après sa brève visite au marché, le Président Félix Tshisekedi, a ordonné la démolition des installations actuelles du marché central, et la construction à la place d’un nouveau Marché moderne. 

Pour ce faire, il a présenté immédiatement la firme Sodimas, dont un représentant attitré l’avait accompagné dans sa visite, comme l’entrepreneur retenu pour le nouveau chantier, qui sera financé par la filiale congolaise de la Fnbank. Lire aussi: Un nouveau marché central sera bientôt construit à Kinshasa

Des questions sans réponses

A ce stade, les analystes se posent déjà des questions. Qui a retenu cette entreprise la Sodimas? De quelle expertise dispose-t-elle dans ce genre de travaux ? Il y a-t-il eu un appel d’offre officiel avant la sélection de cette entreprise ? Si oui, quelle est l’entité étatique qui l’a supervisé ? Et si non, qui a décidé de ce marché de gré à gré ?  

Il faut dire que l’idée de fermer, d’assainir, de restaurer les installations du marché central avait germé dans le chef des autorités provinciales de la ville de Kinshasa. Le Gouverneur de la ville Gentiny Ngobila Mbaka, y avait notamment associé l’Assemblée provinciale, et avait pris langue avec d’autres entreprises pour la réalisation des travaux.  

Mais là aussi, des interrogations avaient surgi sur la régularité de ce marché qui sentait de loin les rétrocommissions.  

L’irruption brusque et inattendue du Président de la République lui-même sur ce dossier, vient non seulement de doucher tous les espoirs des autorités de la ville, mais fait s’envoler les juteuses perspectives de ceux qui croyaient se faire du beurre sur ce marché, présenté au public comme une initiative salutaire pour la propreté de la ville, et une avancée majeure dans la modernisation de la cité.  

Hassan en embuscade…

Mais au-delà, de toutes ces péripéties aux relents affairistes, pour ne pas dire maffieux, entre la Présidence et l’Hôtel de ville de Kinshasa, il se profile le dossier de l’homme d’affaires Hassan, avec sa société Mafricom, propriétaire d’une cinquantaine de magasins pavillonnaires dans l’emprise du marché central, et détenteur d’un contrat d’emphytéose de plusieurs années avec la ville, et dont le délai est vraiment loin d’être fini. 

Mercredi à l’Hôtel de ville, Félix Tshisekedi a dit à Hassan qu’il était libre de faire ses affaires partout à travers le pays, mais plus désormais dans l’enceinte ou autour du marché central, et a chargé une Commission de s’occuper de son devenir.                 

Bien avant l’épisode d’hier mercredi, le Gouverneur Gentiny Ngobila, avait déjà accusé le même Hassan, d’avoir imposé à la ville un contrat léonin, avec justes des miettes pour la ville, alors que lui, se faisait des millions chaque mois. 

vers un nouvel imbroglio judiciaire

Sauf que dans le cas d’espèce, un contrat reste un contrat, et exige une exécution sans faille de ses clauses. Et le droit stipule clairement que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. 

Dans la soirée d’hier mercredi, des sources informées ont annoncé à Infocongo.net, que les avocats du sieur Hassan comptaient saisir les instances judiciaires nationales et supranationales habilitées, pour faire valoir leurs droits légaux, dans la tentative de spoliation et de destruction méchante de leurs magasins. 

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