Gouvernement: « des morts » et « des blessés » en perspective à l’Union sacrée

Dans la bataille qui fait rage pour le positionnement dans les institutions version « union sacrée », si la victoire demeure encore incertaine, voire indécise pour certains, une constante demeure pour l’instant: quel qu’en soit le côté où penchera l’issue de la bataille, il y aura des morts et des blessés par dizaines et des éclopés en nombre encore indéfini.                

Derrière le ronron quotidien des consultations politiques que poursuit le Premier ministre Sama Lukonde, se cachent en fait des duels à mort entre factions politiques, qui semblent n’exclure aucune arme de destruction massive pour s’assurer la mainmise sur les axes de contrôle des futures institutions.

Dans l’union sacrée en pleine construction, la plus grande bataille se déroule au cœur même du pouvoir, entre les amis et compagnons qui entourent le Président de la République d’une part, et l’appareil du Parti l’UDPS, symbolisé par le duo Jean-Marc Kabund et Augustin Kabuya.

Si la conception de l’union sacrée est l’œuvre des cerveaux qui entourent Félix Tshisekedi, sans mise en œuvre sur le terrain, est sans conteste le fruit du travail abattu par Kabund.

Gouvernement: « des morts » et « des blessés » en perspective à l’Union sacrée

Comme tout Général romain de retour de conquête, Jean-Marc Kabund avait cherché à recueillir le fruit de ses efforts et se voir récompenser de ses mérites. Le Chef de l’Etat et son entourage lui ont donné l’occasion d’assouvir son phantasme de toujours, en lui faisant réintégrer son poste de 1er Vice-président de l’Assemblée nationale, comme on donne un os à ronger à un chien docile.  Mais fort de son aura, le Général Kabund voulait plus, cherchant à régenter tout le processus de construction de l’union sacrée. Il avait choisi son futur Président de l’Assemblée nationale, Jean-Pierre Lihau.

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Les transplantés qui écument l’entourage présidentiel, dont la plupart n’ont jamais mis les pieds à la 10ème Rue, et qui n’ont de l’UDPS que le vernis extérieur, ont imposé leur propre candidat, Mboso Nkodia Mpuanga.

Kabund, qui commençait déjà à distribuer des postes ministériels dans l’hémicycle du Palais du peuple, et qui s’était publiquement porté garant des transhumants FCC, avait aussi son candidat Premier ministre, Modeste Bahati Lukwebo, avec qui des arrangements avaient déjà été faits.

Encore une fois, des caïmans de l’entourage présidentiel ont faussé les calculs du commandant en chef des brigades d’assaut de la 10ème Rue. Ils sont allés puiser dans le lointain Katanga, un certain Jean-Michel Sama Lukonde, inconnu au bataillon Talibanie, et que Jean-Marc Kabund ne contrôle pas.

Du coup, une guerre des tranchées s’est installée entre la 10ème Rue et le Palais de la Nation, avec comme pomme de discorde, les mises en place dans les institutions, spécialement dans le futur Gouvernement. Une guerre de tranchées qui a poussé entre autres, le Président ai de l’UDPS à descendre en flamme le propre Conseiller Spécial du Chef de l’Etat François Beya, pour des propos tenus à Kigali dans le cadre d’une mission officielle.

La fatwa de Kabuya

C’est la même animosité qui a poussé l’autre moitié du tandem taliban Augustin Kabuya, a prononcer devant des combattants surchauffés à la 10ème Rue, une fatwa contre certains ministres sortants comme Gilbert Kankonde, Eteni Longindo, Accacia Babandoa et autres du même acabit, les livrant à l’opprobre publique, en affirmant qu’ils ne seront pas reconduits dans le prochain Gouvernement. 

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A Limete 10ème Rue, tous ces ministres sont considérés comme des métastases des gais lurons qui entourent le Chef de l’Etat, et qui continuent à mettre des bâtons dans les roues des ambitions des cadres pures souches du parti, dont Augustin Kabuya apparaît comme le vrai gardien du temple en péril. Lire aussi: RDC : le Premier ministre Sama Lukonde annonce un gouvernement de taille réduite

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