opétarion Kin bopeto

Au début de cette année 2020, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, avait fait savoir à tous ses compatriotes que l’année 2020, serait celle de l’action.

Alors que cette année n’a plus que quelques jours à vivre, chaque congolais, là où il se trouve et selon son propre angle de lecture, sera seul juge de la promesse présidentielle.   Mais ce qui est sûr et qui ne prête pas à controverse, est que durant cette année qui s’achève, le Chef de l’Etat a réussi à conforter son pouvoir personnel, ainsi que son assise sur les institutions du pays.

A l’aube de l’année qui commence, Félix Tshisekedi apparaît comme un homme qui a acquis de nouvelles propriétés, qui vient de démolir les constructions qui y étaient érigées par les anciens propriétaires, mais qui réfléchit encore sur les nouvelles bâtisses qu’il doit y ériger.

Slogans creux

En deux ans d’exercice du pouvoir suprême, le Chef de l’Etat congolais a eu largement le temps de démontrer l’incapacité de son régime à impulser le développement économique du pays, ainsi que la vacuité et l’inanité de son action à changer le vécu quotidien du congolais moyen, sauf dans des slogans sans contenu réel les uns comme les autres.

Mais le régime s’est avéré en revanche comme le plus grand commun démolisseur des bastions politiques que le pays ait connu.

Comme pour se prémunir d’un éventuel empeachment des forces politiques hostiles, sa première croisade contre l’ordre établi a eu comme cible, les instances judiciaires. 

Sous le couvert de l’instauration de l’Etat de droit, la Cour constitutionnelle a été la première à être réduite à l’Etat de chantier, au point qu’il est difficile aujourd’hui d’y savoir qui fait quoi, en quelle qualité ou à quel titre.

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S’en est suivi une mise au pas des autres instances judiciaires comme la Cour de Cassation, le Conseil d’État ou les Cours d’appel, tous désormais au garde-à-vous en faveur des causes défendus par le nouveau régime.

A Kinshasa comme dans d’autres coins du pays, il ne fait pas bon de se coltiner avec la justice, quand on n’a pas au préalable, fait acte d’allégeance au nouveau Pharaon sur un plateau de télévision. Le dernier coup de force du Conseil d’Etat contre l’Asbl FEC doit avoir servi d’exemple à ceux qui étaient encore sceptiques. 

Des chantiers non achevés

Mais à tout prendre, le plus grand chantier de démolition entrepris par Félix Tshisekedi en 2020, reste sans aucun doute celui du Parlement avec comme finalité, le changement de majorité.

Considéré comme la dernière place forte par ses adversaires du FCC, au lendemain de leur débâcle à la présidentielle de 2018, l’Assemblée nationale a été plus qu’ébranlée par le tsunami lancé par Félix Tshisekedi sous le concept encore théorique de « l’Union Sacrée pour le Congo ».  

Sa tête a été décapitée et près du tiers des combattants du FCC ont été faits « prisonniers » et convertis à la nouvelle religion.

Maintenant, il lui reste à donner un contenu à cette nouvelle structure, et cela passe nécessairement par la nomination d’un coordonnateur qui devra en donner une structure et une idéologie cohérente, face à des adhérents venus de tous les horizons et aux motivations tout aussi diverses et contradictoires.

Dans les semaines et mois qui viennent, le Chef de l’Etat devra aussi faire face à la bataille du choix d’un Bureau de l’Assemblée nationale qui lui soit redevable, face à un FCC, qui tente de réorganiser ses troupes après la cuisante défaite du début décembre à l’hémicycle.

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Par la suite, viendra le choix de l’informateur, chargé de lui trouver la fameuse majorité dans un Parlement dont les élus fonctionnent en mode ressacs, avec des flux et reflux au gré des vagues.

Enfin, ce sera la der des ders, avec le choix d’un nouveau Premier ministre plus malléable qui devra former le Gouvernement en piochant dans la nouvelle escarcelle de l’Union sacrée. Comme qui dirait, la nouvelle année risque d’être encore longue, mais surtout, pleine de surprises.

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