Vital Kamerhe à Makala, qu’adviendra-t-il ?

Le “Pacificateur” Vital Kamerhe n’aura finalement tenu que quatre heures face au Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, Kisula Betika Yeye. Après avoir boudé la première invitation, et une déclaration musclée de la direction de son parti alléguant un acharnement contre lui, Vital Kamerhe, accompagné de ses avocats, s’est présenté au Parquet général à 13 heures, sous les ovations et chants d’encouragement de ses partisans, venus par dizaines.

Des sources judiciaires indiquent que de sérieux indices de culpabilité dans la gestion des fonds alloués aux travaux du programme de 100 jours du Président de la république ont conduit le procureur à établir un Mandat d’Arrêt Provisoire (MAP) contre lui, et en fin de compte, à l’issue de plus de 4 heures d’audition, le directeur de cabinet et allié de Félix Tshisekedi a été placé sous mandat d’arrêt provisoire par le magistrat, et immédiatement conduit sous escorte policière à la prison centrale de Makala en début de soirée.

Les évidences sont tellement lourdes qu’à un moment le « pacificateur » a perdu toute contenance et n’a plus parlé. Des preuves des mouvements de fonds entre les comptes du programme des 100 jours vers ses comptes privés logés à la RawBank, que l’ancien DG de la Banque aurait transmises à la justice, tout comme celles livrées par le DG de Safricas et du président de la communauté libanaise pour la construction des logements  sociaux.

Le magistrat instructeur du dossier Kamerhe détient des indices sérieux de la culpabilité du directeur de cabinet du Président dans la mauvaise gestion des fonds alloués au programme des 100 jours.

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Quelle sera la procédure ?

Ainsi, après 5 jours, Vital Kamerhe passera en Chambre du conseil dans la grande salle de la Prison Centrale de Makala, où le juge du Tribunal de paix examinera la régularité de sa mise en arrêt provisoire.

Et à ce stade, le collectif de ses avocats sollicitera certainement une mise en liberté provisoire, en arguant du fait que Vital Kamerhe est bien connu, sa résidence également est connue, le collectif présentera aussi la bonne foi de Kamerhe, et sa volonté de collaborer avec la justice, pour s’être tout de même présenté à elle, malgré les irrégularités relevées dans la première invitation, qui ont conduit le procureur à lui adresser une deuxième invitation, à laquelle il a répondu sans délai.

Il y aura aussi des raisons sanitaires qui ne manqueront pas d’être avancées. En effet, en cette période de pandémie du Covid-19, les avocats solliciteront certainement que leur client soit gardé à domicile pour sa survie, que le virus ne l’emporte pas avec des secrets qui doivent être connus. Toutefois, si sa liberté provisoire est accordée, le Parquet se réservera le droit de contester cette décision de justice, car en effet, le dossier appartient au parquet.

De son côté, le ministère public s’accrochera aux preuves qu’il détient, et du fait de la clameur publique – cette affaire a fortement ému et indigné l’opinion – l’Etat devra assurer la sécurité des magistrats, qui seront  très bien observés par le public.

Il convient enfin de relever que si Vital Kamerhe obtient la liberté provisoire, qui n’est pas une liberté définitive, il devra impérativement quitter ses fonctions de Directeur de cabinet, afin de préparer sa défense. En effet, il y a déjà un doute sur sa probité morale.

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Des questions viennent tout de suite, auxquelles il faudra répondre dans les heures et jours à venir : que devient l’alliance Tshisekedi – Kamerhe ou Udps–Unc si le Dircab reste en prison ?  Le président de la République qui semblait avoir totalement confiance en son ami, va-t-il le lâcher ?

Affaire à suivre…

Le cortège qui excorte Vital Kamerhe à Makala

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