Covid-19 : Kinshasa vers un probable confinement

La République Démocratique du Congo enregistré son deuxième cas de décès à coronavirus dimanche 22 mars. L’identité de la personne disparue n’est pas encore révélée par le ministre de la Santé, Eteni Mongondo, la seule voix autorisée.

 A l’heure où nous mettons en ligne cet article, le  Président de la République vient de tenir une réunion urgente avec la Présidente de l’Assemblée nationale, le Président du Sénat, Alexis Thambwe Mwamba et le Premier ministre, Ilunga Ilunkamba. Même si les résolutions de cette rencontre ne sont pas encore connues, les Kinois retiennent leur souffle et  attendent d’être fixés ou pas sur l’isolement de leur ville.

Les raisons du confinement

On note que la ville de Kinshasa à elle-même compte déjà 36 des cas des personnes atteintes ce lundi 23 mars, selon l’équipe de riposte. La même journée a enregistré un nouveau décès qui porte à 2 morts suite au coronavirus Covid-19.

Devant cette augmentation vertigineuse en l’espace de quelques heures, certaines voix s’élèvent pour demander  l’isolement pure et simple de la population car les mesures prises par le chef de l’Etat commencent à présenter leurs limites.

Les parlementaires Fcc-Cach au front

Un groupe de quatre parlementaires du Front Commun pour le changement, Fcc, et du Cap pour le changement, Cach dont les honorables Claudel Luboya, Patrick Muyaya, Juvénal Munubo et la sénatrice Francine Muyumba, dans une déclaration adressée au gouvernement, jugent très grave le moment que traverse actuellement le pays face à la crise du coronavirus et propose quelques pistes à suivre pour limiter la chaîne de contagion et rendre efficace la riposte :

-proclamer l’état d’urgence sanitaire sur l’ensemble du territoire  national ;

-suspendre le trafic aérien, lacustre, fluvial et terrestre ainsi que tous les mouvements des personnes vers l’intérieur du pays et mettre en place un dispositif  de filtrage entre Kinshasa-Bandundu-Kinshasa, Kongo central et ne retenir que les trafics des marchandises indispensables sous réserve de contrôles sanitaires par autorités compétentes ;

-placer Kinshasa, la capitale nationale, en quarantaine et l’isoler du reste du pays ;

-rendre effective et opérationnelle la riposte et mettre à sa disposition des ressources humaines, matérielles, logistiques et financières conséquentes ; réquisitionner les vivres non périssables pour en assurer la régularité, afin d’éviter la pénurie et la montée des prix au regard du maigre pouvoir d’achat de nos populations ;

-Réquisitionner les médias tant publics que privés et les utiliser à des fins de sensibilisation aux consignes sanitaires et au respect des mesures édictées ;

-envisager les confinements progressifs des populations et ouvrir des couloirs humanitaires et de sécurité pour faire face aux besoins spécifiques de gestion de la pandémie 

Le service minimum dans l’administration publique

La ministre de la Fonction publique, Yollande Ebongo s’est adressée ce même lundi aux fonctionnaires de l’Etat en annonçant qu’un service minimum est de mise dans tous les services de l’Etat.

Pas plus de 5 agents par bureau assureront ce service dans le strict respect des mesures annoncées par le chef de l’Etat  et observer les recommandations des autorités sanitaires : «  au regard de ces mesure, les dispositions suivantes sont de strict application : seul le personnel essentiel est tenu d’assurer le service minimum. Aucun bureau ne peut abriter plus de 5 agents. Les chefs de services sont censés désigner les agents pouvant assurer la permanence aux bureaux durant cette période de service minimum ».

L’appel de la société civile

Le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu veut du gouvernement les mesures d’accompagnement des décisions du chef de l’Etat pour épargner les populations de la famine en cas de confinement dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus.

Kongo Bololo et Mondongo, des denrées rares

Kongo bololo, plante médicinale

Depuis l’annonce des modes de guérisons par certains praticiens de la médecine traditionnelle et un adepte congolais de l’église des noirs, certaines plantes qui se sont avérées très efficaces contre le paludisme sont devenues de plus en plus rares.

C’est le cas de kongo Bololo, une plante au goût amer qui soigne pas mal de maladies en Afrique subsaharienne,  qui se négociait à 500 Fc il y a quelques jours, se négocie difficilement à 3000 Fc actuellement.

L’autre produit reconnu pour le dégorgement se négocie à 300 FC au lieu de 100 FC, pour dire que devant la nécessité, il y a toujours des solutions qui se créent, quitte à attendre  les effets que toutes ces potions réserveront contre le coronavirus.

Respect des mesures de prévention

Les catholiques ont été les premiers à respecter scrupuleusement les mesures du chef de l’Etat relayé par le numéro un de l’Eglise catholique romaine en Rdc, le Cardinal Fridolin Ambongo. Depuis dimanche 22 mars dernier, aucune activité n’est organisée dans toutes les paroisses de Kinshasa, conformément aux recommandations de l’Archidiocèse de Kinshasa.

Contrairement à leurs frères catholiques, il fallait des coups des fouets pour chasser les musulmans vendredi dernier alors qu’ils tenaient à organiserleur culte en scandant tout haut que seul Allah peut leur interdire de se rassembler . Les policiers ont ramassé toutes les babouches trouvées sur place et amené les récalcitrants qui ne cessaient de crier au « djihad ».

L’autre récalcitrant restera le fameux pasteur admirateur de la beauté de la défunte chanteuse gospel et président de l’association des églises de réveil, le pasteur Sony Kafuta, qui a rassuré à tous ses collègues qu’une collation spéciale pourra intervenir en leur faveur provenant du Premier ministre : « J’ai dit au Premier ministre que les pasteurs vivent généralement des offrandes ».

Les Kinois eux, sont encore dans le qui vive, des attentistes du malheur, des vraies têtes de mules : «  Biloko pamba wana,  biso to lalisa Ebola »,( c’est une mince maladie car nous avons vaincu Ebola. Ndlr).

Certains, par contre se protègent avec des gants et des masques sur le visage et la majorité est dans la rue et vaque à ses occupations. N’eussent été les mesures très drastiques prises au niveau provincial par le gouverneur Gentiny Ngobila, on assisterait à l’hécatombe.

Masque et gants pour se protéger

Le samedi 21 marsdernier, certains coins de plaisir de Kinshasa, tout semblait rouler à l’ordinaire.

Les bons exemples venus du Grand Katanga

Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe a été plus tranchant à l’annonce de deux nouveaux cas dans cette partie de la Rdc : deux jours de confinement anticipatif et interdiction totale à toute personne de se présenter en ville sans moyens de protection. De forte amandes seront infligées aux récalcitrants : « je vous prie d’observer les règles d’hygiènes et de rester à la maison ce lundi 23 et demain mardi 24 mars pour que nous puissions bloquer la propagation du virus chez nous en identifiant le reste des passages de l’avion arrivé de Kinshasa ce dimanche »

Richard Muyej, le numéro un de la province la province la plus riche du pays, est venu lui avec une politique plus trébuchante  avec dans  sa gibecière 4.909 350 pour faire face à la pandémie : « dans le cadre de la lutte contre cette pandémie, nous avons déjà mis en place un comité multisectoriel ad hoc des médecins et élaboré un plan de riposte, dont la feuille de route mise à jour s’élève dans un premier temps à 4. 909.350 dollars américains ».

Protocole d’accord de l’hôpital du cinquantenaire

L’administration de l’hôpital qui a enregistré les deux premiers cas de décès au coronavirus a présenté son protocole d’accord ce lundi 23 mars.

Le médecin chef de staff, le Dr Mawisa Timothée, a signifié que son hôpital a une capacité de 150 lits et peut accueillir au moins 100 patients par jour avec à peu près 15 respirateurs pour adultes et 3 respirateurs pour enfant qui peuvent aider beaucoup de malades.

Communication insuffisante et inefficace

La série ne fait que commencer et au vu de ces évidentes, surtout le manque de communication efficace et probante du ministre de la santé, Eteni Longondo, la suite semble être très sombre

Jacques Kalokola    

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