Ferdinand Kambere (PPRD) : « il faut aussi que les Adf rentrent en Ouganda et les Fdlr au Rwanda »

« Si on nous oblige nous d’accepter le retour des M23 qui sont en Ouganda et au Rwanda, on doit aussi imposer au Rwanda et à l’Ouganda d’accepter que les ADF rentrent chez eux, que les FDLR rentrent chez eux ».

Ainsi s’exprimait Ferdinand Kambere (membre du FCC et cadre du PPRD), alors qu’il venait de faire libérer 9 jeunes étudiants  de sa communauté Nande du cachot du camp lufungula au lendemain de leur arrestation, après les manifestations exigeant le départ de la Monusco.

Ferdinand Kambere,  s’est donné à cœur joie à la rédaction d’Infocongo sur les questions en rapport avec les récentes manifestations exigeant le départ de la Monusco.

Vous avez fait libérer les 9 jeunes Nande qui avaient été arrêtés par la police lors des dernières manifestations organisées par votre communauté Kihanga Kinshasa contre la Monusco. Pourquoi ?

J’ai suivi que les jeunes en solidarité avec toutes les manifestations qui se font à Beni, Butembo, Goma, la communauté Nande de Kinshasa a organisé une activité pour remettre un mémo au niveau de la Monusco et effectivement donner un message par rapport à Beni, mais malheureusement, il y a eu des jeunes qui ont été arrêtés par la police et en tant que membre de la communauté, nous devrions nous enquérir de la situation pour savoir ce qui s’était passé réellement pour une manifestation qui n’était que pacifique pour exprimer un ras-le-bol par rapport aux massacres qui se commettent en présence des forces onusiennes qui sont là depuis longtemps, et heureusement nous avons eu l’oreille attentive des autorités de la police qui les a libérés.

Que l’ancien chef de l’Etat Joseph Kabila soit le premier à demander le départ des troupes onusiennes du sol congolais, cela ne vous regarnit-il pas ?

En tant que membre du parti et cadre du PPRD, le parti de l’ancien chef de l’Etat, ce que le chef de l’état de l’époque avait exprimé au conseil des nations unies venait de la  population, quand il y avait certains éléments qui étaient rattrapés avec une uniforme des FARDC ou soupçonnés pour ceci ou cela par rapport à l’infiltration, tout ce que commettaient ces groupes armés étrangers.

A Beni c’est les ADF, mais il faut aussi dire qu’à Rutshuru,  Lubero, Walikale  et à  Masisi ce sont les FDLR. Donc, on voit quand même qu’il y a quelque chose à faire à ce niveau-là et on a besoin que l’ONU, à travers la Monusco qui a  des yeux peut – être  au-delà des  yeux nationaux devrait nous aider pour voir l’implication de certains pays voisins.

Pourquoi lorsque le M23 est mis en déroute par les FARDC qui ont travaillé avec la Monusco, pour les ADF ça doit perdurer comme ça, ces ADF soupçonnés être des rebelles ougandais égorger nos fils et filles tous les jours. Et même pour le chef de l’Etat, si hier on a su instrumentaliser la question pour intoxiquer la population du Grand Nord  que c’était l’ancien régime qui organisait ces massacres, aujourd’hui c’est un nouveau président issu des élections de 2018 qui lui aussi a promis de faire des efforts et on l’a vu déplorer des troupes et on a vu que sur ce nouveau commandement, les militaires sont décidés, parfois c’est des combats corps à corps dans ces forêts immenses.

On profite de l’avancée des FARDC dans la forêt pour venir égorger dans la cité et qu’entre temps, malheureusement cette force multilatérale qui est venue nous appuyer  semble être là, des soupçons commencent à jaillir, voilà le ras-le-bol exprimé par la population. Mais il ne faut pas que ce ras-le-bol que l’ennemi profite de ces manifestations pour encore faire plus de mal.

Quelle est l’issue que vous réservez à tous ces massacres ?

Les efforts sont à fournir à tous les niveaux. Je venais de parler ici du niveau diplomatique ou ce que nous attendons de la communauté internationale ainsi que des pays voisins. Si on nous oblige nous d’accepter le retour des M23 qui sont en Ouganda et au Rwanda, on doit aussi imposer au Rwanda et à l’Ouganda d’accepter aussi que les ADF rentrent chez eux, que les FDLR rentrent chez eux et là c’est sur le plan diplomatique.

De deux,  sur le plan national, le gouvernement doit multiplier des efforts et je le dit toujours surtout sur le plan de l’organisation de la sécurité publique que l’on doit laisser aux seuls services de l’état.

Il nous faut des réformes  pour que notre service privé soit organisé puisque jusque- là ça ne concerne que le gardiennage alors qu’on pouvait bien aller au-delà de là afin de permettre à la population de s’organiser et à bien collaborer avec l’armée et la police, pour optimiser plus ou moins la promotion de la sécurité de la population.

De trois, c’est au niveau de la classe politique congolais qui doit s’organiser ? Nous ne pouvons pas continuer à voir les gens puisqu’ils sont de l’opposition continuer à raller que sur les FARDC  et à acenser ceux qui tuent à Beni. Ce n’est pas du patriotisme, ce n’est pas du nationalisme, c’est plutôt des infractions contre la loi.

C’est jouer le jeu de l’ennemi. Donc, lorsque l’on est opposant politique l’on doit avoir des mots appropriés et lorsque la nation est en danger comme présentement, on doit tous se ranger derrière le chef de l’Etat, derrière le gouvernement, derrière les institutions de l’Etat. C’est cela un comportement patriotique.

Et de la thèse de la balkanisation, qu’en dites- vous ?

Elle est là et  c’est pourquoi je parle de la classe politique. Lorsque vous voyez des gens aller signer des contrats avec des pays qui nous malmènent, soupçonnés dans l’instabilité. C’est une évidence. Avant les élections, on les a vus aller au Rwanda, ils ont signé un accord pour trouver un candidat commun. Ils ont signé des accords de  Genève, évidemment, l’actuel chef de l’état était de l’équipe et avaient signé, et Dieu merci il s’était rétracté de sa signature. Le comportement de la population aujourd’hui porte une signification  et c’est pour dire aux politiciens congolais « attention le peuple congolais ne veut pas être balkanisé »

Pour vous Joseph Kabila est un prophète ?

Bien sûre, parce que avant lui plusieurs autres ont lutté,  tous ceux  qui sont été dans la ligne de Lumumba, ils ont toujours dit la même chose, interpeller la population que notre pays est un don de Dieu, la RDC est un don de Dieu. La population doit se manifester lorsqu’il y a des déviances de certains de nos fils et filles du Congo.

Propos recueillis par Jacques Kalokola

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