Situation sécuritaire à Beni : la population indexe Kabila

La tension ne fait que monter à Beni où l’on vient de dénombrer deux morts dont un civil et un militaire tué la nuit du lundi à mardi, ce qui porte à 8 morts depuis que les populations de Beni, Butembo, Oicha, Iringiti, Goma et même Kinshasa demandent le départ de la Monusco. La population d’Iringiti sera dans la rue aujourd’hui pour dire non à l’installation d’une base de la MONUSCO dans cette parie du pays.

 Cependant, des voix s’élèvent de plus en plus pour désigner des responsables congolais qui alimenteraient les commanditaires des tueries à l’Est de la RDC, en général, et dans Beni territoire et Beni ville, en particulier, au vue des quelques éléments et déclarations probants.

L’indifférence remarquée du régime Kabila

En effet, la population de Beni se base sur les premières déclarations de l’ancien chef de l’Etat Joseph Kabila qui est arrivé à Beni lors des premiers massacres du 15 octobre 2014 et sans présenter un message des condoléances aux familles endeuillées déclara ce qui suit durant sa conférence: « vous êtes en train de vous entretuer. Ce sont vos propres enfants qui sont dans la forêt, dites-leur de  quitter. »

Pour la population de Beni trouve aujourd’hui que l’ancien chef de l’Etat était totalement désintéressé par cette question et comme dit l’adage « qui ne dit mot consent », ce dernier en connait trop sur la vraie identité de l’ennemi.

En plus, c’est encore le même ancien chef de l’Etat, Joseph Kabila, qui fut le premier à donner une dénomination à l’ennemi à travers son ministre de la communication et des médias, Lambert Mende, qui parla des ADF.

Une armée infiltrée

La même population de Beni s’interroge pourquoi c’est seulement à l’annonce des attaques offensives des FARDC dans les profondeurs du parc Virunga, que cet ennemi inconnu dont on ne connait pas le vrai mobil a lui aussi ouvert ses attaques tout au long de national numéro 4 ? Pourquoi l’on retrouve l’ennemi avec la même tenue que les soldats congolais et qu’au-delà des dénonciations, aucun signal fort n’est jamais venu du pouvoir de Kabila qui a préféré garder les mêmes commandants des opérations à leur poste ?  Pire encore, l’armée congolaise ressemble à une force sous régionale composée des officiers rwandais, ougandais, burundais, tanzaniens, angolais, érythréens et autres.

Le départ mérité de la Monusco

De passage à Kinshasa pour son terroir de Beni, un notable de cette partie du pays, a dit que l’exigence du départ de la Monusco par les congolais est tout à fait logique car c’est la Monusco qui avait pris l’engagement de protéger cette population et dès lors qu’elle a prouvé depuis cinq ans qu’elle est venu plus pour se promener et profiter des richesses de la RDC, il était plus que temps qu’il puisse dégager : « on ne demande pas à la Monusco de quitter le pays mais de laisser un peu libre les territoires de Beni et de Butembo ? Maintenant, les FARDC sont effectivement en action. Le gouvernement devra mettre un peu de côté tous ces officiers supérieurs qui sont sous les sanctions internationales. On ne peut pas laisser à ces gens de diriger l’armée car ils n’ont pas réussi. »

Un ministre récalcitrant à la Défense nationale

La population évoque encore une autre paire de manche qui fâche : pourquoi c’est le même ministre et membre du FCC de la défense sous Joseph Kabila qui avait fui une motion à l’Assemblée nationale qui revient aux affaires ?  Sera-t-il prêt à s’expliquer aujourd’hui ?

Il faut noter que le râle bol de la population de Beni est survenue depuis le 5 novembre quand les massacres ont repris dans cette partie du pays faisant jusqu’à ce jour plus de 100 morts ? Il faut noter que depuis le 15 octobre 2014, on dénombre 2500 morts.

In fine, la population de Beni salue la détermination de l’actuel Chef Félix Tshisekedi qu’il considère désormais comme son sauveur et se range derrière les vaillants  Forces Armées Congolaises pour bouter hors du territoire national tous les envahisseurs.

*Source : communauté Kihanga.

Jacques Kalokola

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