Gouvernement : l’équation  AFDC-A Bahati

Le regroupement politique AFDC-A dont Bahati Lukwebo est l’autorité morale vient de se voir refuser le droit d’organiser une marche pacifique pour la deuxième fois consécutive jeudi 15 Août dernier par le gouverneur de la ville de Kinshasa, Gentiny Ngobila

En effet, arrivés à leur siège sur l’avenue de la Libération, en face du Collège Notre Dame du Congo, d’où devrait partir la marche, les militants et membres ont curieusement remarqué la présence d’un grand dispositif policier dont le commandant en chef leur a demandé de se disperser. Et devant le refus de ces derniers d’obtempérer, la police a violemment chargé et mis la main sur une dizaine de manifestants qui ont été amenés dans un endroit resté inconnu. Bravant la peur, un groupe de manifestants s’est tout de même frayé un chemin jusqu’à la place Le Royal, où une déclaration a été lue devant le siège du gouvernement, l’immeuble dit intelligent.

Cette marche qui a été initiée dans le but de rappeler au Premier ministre Ilunkamba, en particulier, et à la nation congolaise, en général, que l’AFDC-A fait partie de la majorité parlementaire et qu’il a le droit de figurer dans le prochain gouvernement.

L’équation AFDC-A

Au vu des évènements après la radiation de Bahati Lukwebo du FCC, et après l’annonce de l’autonomie de ce regroupement politique par son présidium, des doutes commencent à gagner certains observateurs avérés, même dans les rangs des cadres et membres de cette famille politique, qui pensent que Bahati et sa troupe n’ont pas assez de chances d’obtenir un ministère dans le tout premier gouvernement de Tshisekedi Tshilombo.

D’abord, le regroupement AFDC-A ne parait nulle part dans les listes déposées par le FCC-CASH chez le Premier ministre, aucun des partis politiques membres de ce regroupement politique non plus. Pour un cadre du FCC, seul l’ancien chef de l’Etat et autorité morale Joseph Kabila a le dernier mot.

Cependant, espérer qu’un poste ministériel revienne à Bahati et son regroupement, c’est mal connaître Kabila : « Bahati s’est précipité inutilement et je crois qu’il est mal entouré. Ce fut une fuite en avant qui a des très lourdes conséquences pour son avenir politique ».

Opposition farouche du FCC

En plus, les déclarations du coordonnateur du Front Commun pour le Changement, FCC, Néhémie Mwilanya, l’ennemi numéro un de Bahati dans cette saga, au sortir de son audience du 07 août 2019, laissent planer aussi beaucoup de doutes quant à une suite favorable à réserver à l’AFDC-A : « Les affaires de la nation ne se traitent pas en fonction des individus. Je vous dis qu’il y a un accord de coalitio,n et cet accord engage les forces politiques qui ont la majorité parlementaire au sein de l’Assemblée nationale. Je sais que l’AFDC s’est défini en dehors des deux forces politiques qui constituent la majorité parlementaire ou s’est engagé à accorder la majorité au Premier ministre ».

Le porte- parole et vice-président de l’AFDC-A aile Nkulu, Steve Mbikayi qui déclara l’exclusion de Modeste Bahati de ce regroupement : « La conférence des présidents a décidé que ce soit madame NéNé Nkulu comme autorité morale étant donné le poids politique de l’AFDC-A dans le regroupement et moi j’ai été confirmé vice-président. Nous accordons un délai de 7 jours aux élus pour confirmer leur appartenance ou non au FCC ».

Petit gâteau, pas pour tous…

Un autre cadre du FCC, Dieudonné Mwenze, vient aussi d’annoncer que l’on ne saurait satisfaire tout le monde, surtout que la part du gâteau déjà petite est très disséquée et qu’il y aura certes des mécontents surtout parmi les récalcitrants.

Cependant, de son côté, l’autorité morale de l’AFDC-A originale, le sénateur Modeste Bahati, reste serein quant à la suite réservée à sa requête introduite auprès des trois tamiseurs en présence à savoir : le Premier ministre Ilunga Ilunkamba, l’autorité morale du FCC, Joseph Kabila et le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, garant des institutions.

In fine, un dépassement de soi et un sens de maturité politique devront habiter l’esprit des ténors du FCC-CASH afin de sauvegarder les valeurs démocratiques chèrement acquises comme aimait bien le rappeler l’ancien chef de l’Etat Joseph Kabila.

Jacques Kalokola        

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