La gestion de l’eau et l’emploi préoccupent le Conseil économique et social

La semaine du lundi 06 au vendredi 10 Mai 2019 a été consacrée à une série d’interventions sur des questions brûlantes inscrits à l’ordre du jour pour la session d’avril telle qu’annoncé par le  président du Conseil Economique et Social, Jean Pierre Kiwakana. Parmi les dix points retenus, la question sur l’emploi et  la gestion de l’eau du Bassin de l’Oubangui ont été passées au peigne fin par les experts. 

C’est à cet effet que les conseillers nationaux membres du Conseil Economique et Social, ont suivi avec attention l’exposé de la Directrice du Bureau International du Travail Kinshasa(BIT), Aminata Maiga, en prévision du centenaire de l’organisation internationale du travail, (OIT).

Les conseillers nationaux réunis dans la salle de conférence de cette assemblée consultative ont suivi tour à tour l’historique de l’organisation internationale du travail créée en 1919 au moment où de nombreuses régions du monde étaient en proie à la guerre, aux changements révolutionnaires et à l’industrie grandissante. L’OIT fut fondée dans une période de crise. Au tournant du XXe siècle, le passage des travailleurs de l’agriculture à l’industrie s’accélérait à un rythme sans précédent.

Aminata Maiga a rappelé que l’OIT est l’institution spécialisée des Nations Unies en soulignant que l’industrialisation, la guerre et la révolution furent à l’origine de l’OIT, créée en 1919 comme une partie intégrante du traité de Versailles qui mettait fin  à la première guerre mondiale et créait la société des Nations.

Aminata Maiga (G), Directrice du Bureau de l’OIT à Kinshasa

L’OIT est fondée sur un système qui donne aux représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs une place  à la table des négociations où ils peuvent débattre ouvertement et élaborer ensemble des normes du travail. Ce système s’appelle le tripartisme et demeure aujourd’hui encore la principale caractéristique de l’organisation. Cette institution pour la défense des intérêts des travailleurs fut dirigée par Albert Thomas comme premier directeur de l’OIT de 1919 à 1932. Il a parcouru le monde sans relâche, en quête du soutien des travailleurs, des employeurs et des hommes politiques à l’OIT et à ses objectifs. L’OIT a comme mission l’élaboration des normes internationales du travail. Six recommandations et 19 résolutions furent adoptées lors de la première conférence internationale du travail à Washington DC.

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Aujourd’hui l’OIT compte 187 Etats membres. Assurer la paix grâce à la justice sociale et le dialogue social reste au cœur du travail de l’organisation.La directrice du bureau international du travail qui est une branche du secrétariat de cette institution dont elle est la représentante en RDC a souligné  que l’OIT demeure guidée par ses principes fondateurs, et continue de réaffirmer leur validité aux XXIe siècle.

En effet, Aminata Maiga a signifié aux conseillers nationaux en présence du président de cette assemblée consultative, Jean Pierre Kiwakana, qu’il y a une complémentarité de mission et d’action entre l’organisation internationale du travail et les conseils économiques et sociaux à travers le monde ; notamment en ce qui concerne la promotion de la justice sociale et, c’est pourquoi l’OIT et l’Association Internationale des conseils Economiques et Sociaux et Institutions Similaires (AICESIS) ont signé un accord de coopération le  23 octobre 2018 en remplacement du protocole d’accord qu’elle avaient signé le 08 mai 2012, lequel vise à développer et renforcer leur coopération sur des questions d’intérêts communs, notamment la promotion du travail, du développement inclusif et de la justice sociale comme moyen de promouvoir la paix et la stabilité sociale.

Aminata Maiga a également fait savoir au conseil Economique et Social le souci de conférer à cette institution consultative le caractère d’une plateforme privilégiée de dialogue, de recherche de propositions pour la formulation, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques économiques et sociales afin d’arriver à atteindre les objectifs dont s’est assignés  cette institution à savoir : la quête de la justice sociale, le travail décent qui passe par la création de l’emploi, la protection sociale, les droits au travail et le dialogue social. Le  travail décent et les quatre piliers sont devenus des éléments centraux du nouveau programme de développement durable pour 2030 tel que décidé au cours de l’Assemblée de l’ONU de septembre 2015.

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L’objectif 8 de l’agenda 2030 invite les pays membres de l’OIT à promouvoir une croissance économique soutenue, durable  et partagée, le plein emploi productif et le travail décent. Ces 8 objectifs sont largement incorporés dans les cibles d’un grand nombre des 16 objectifs de la nouvelle vision du développement des Nations -Unies. Les déclarations des dirigeants et le plan d’action du G20, du G7, de l’UE, de l’Union Africaine et d’autres organismes multinationaux et régionaux confirment aussi l’importance du travail décent pour la sortie de crise et le développement durable.

L’avenir du travail sans la RDC

La Directrice du bureau international du travail  Kinshasa, Aminata Maiga, a déploré l’absence de la RDC aux travaux sur l’avenir du travail en octobre 2017 intitulé « Travailler pour bâtir un avenir meilleur », dont le rapport a été rendu au mois de Janvier 2019 par les 110 pays qui ont chacun organisé un dialogue dans leur pays respectifs entre les représentants des gouvernements, les organisations d’employeurs et les syndicats.

C’est en prévision de la célébration du centenaire de l’OIT prévue au mois de Juin 2019. Le lancement de ce rapport, le 22 Janvier 2019, a marqué le début des célébrations du centenaire de l’OIT, une organisation dont la constitution représente le contrat social le plus ambitieux de toute l’histoire : « un programme centré sur l’humain au service de l’avenir du travail, accroitre l’investissement dans le potentiel humain, accroitre l’investissement dans le travail décent et durable et redynamiser le contrat social ».

Pour Aminata Maiga tout ceci demande la participation de toutes les organisations concernées : Les organisations concernées du système multilatéral renforcent le travail qu’elles mènent conjointement pour mettre en œuvre ce programme, notamment, elle recommande d’établir des relations de travail plus systémiques et plus étroites entre l’organisation mondiale du commerce (OMC), les institutions de Breton Wood et l’OIT. Le lancement du rapport de la commission n’est que le début d’un cheminement. Il laisse entrevoir le chemin à suivre vers un avenir du travail plus équitable, plus durable, et plus apte à relever les défis de l’avenir.

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Répondant à plusieurs préoccupations de l’assistance sur la place de l’Afrique en général et de la RDC en particulier dans cette institution ainsi que l’impact du BIT en RDC depuis son arrivée à Kinshasa , madame Aminata Maiga a juste fait signifié aux conseillers nationaux qui du reste, sont ses collaborateurs, que les africains devraient prendre leur responsabilité à bras le corps pour l’amélioration des conditions de vie des populations africaines en général et des  congolais en particulier : « Je suis moi-même africaine et je me sens très préoccupée. Si l’on ne fait pas ce que l’on doit faire, personne ne peut le faire pour vous ». Conclut-elle.

Le Président du Conseil Economique et Social, Jean Pierre Kiwakana, a émis le vœu de voir le ministre de tutelle représenté par  l’un de ses conseillers, à venir prendre part dans ce genre d’assises vu les enjeux stratégiques  de la RDC dans le monde dans ce secteur dont le travail des enfants dans les sites d’exploitation des minerais. Quant à la préoccupation de madame la conseillère Thérèse Nlandu qui souhaite que la RDC puisse s’isoler durant 50 ans comme la Chine de la scène internationale pour se raffermir, Jean Pierre Kiwakana a répondu par la négative : «  Nous ne saurons-nous isoler tant que tous les regards sont braqués sur nos minerais »..

L’avenir de l’eau sans la RDC

La séance académique du vendredi 10 mai 2019 a été consacrée à l’épineux problème de transfèrement d’eau du Bassin de l’Oubangui vers le lac Tchad.  Les participants à cette matinée scientifique ont condamné à l’unanimité la complicité de la communauté internationale ainsi que des multinationaux qui traite de cette question sans associer la RDC qui regorge cette denrée rare et qui détient encore l’une de grandes réserves d’eau douce dans le monde.

Parmi les experts intervenus, Albert Kabasele, environnementaliste, a démontré des conséquences dangereuses que ce transfèrement représente pour l’écosystème congolais. C’est pourquoi, tous les participants ont recommandé à l’actuel chef de l’Etat de créer  un ministère pour la gestion de l’eau. Durant toute cette session, les conseillers nationaux auront, ainsi, des séances académiques sur des questions inscrites à l’ordre du jour afin de faire sortir la population congolaise de cette pauvreté noire qui la caractérise et permettre  au pays de Lumumba de décoller après tant de tergiversations.

Jacques Kalokola.

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