Embuscade ADF en Ituri

Trois ans après l’instauration de l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu, mesure exceptionnelle visant à mettre fin aux violences armées qui déchirent ces provinces, la situation sécuritaire en Ituri reste alarmante selon la société civile.

Un bilan accablant et un sentiment d’insécurité accru

Loin de s’améliorer, la situation sécuritaire s’est dégradée dans l’ensemble de la province durant ces trois années d’état de siège. Un bilan accablant dressé par la société civile de l’Ituri fait état de plus de 2 144 civils tués, 246 blessés, 489 personnes kidnappées, 2 217 maisons et 19 camions incendiés depuis mai 2021. Lire aussi : RDC : les députés du Nord-Kivu et de l’Ituri déposent une proposition de loi portant fin de l’état de siège – Infocongo

« Sur le plan sécuritaire, le bilan est catastrophique. Les violences ont atteint un paroxysme durant les trois ans de l’état de siège en Ituri », déplore Dieudonné Lossa, coordonnateur de la société civile forces vives de l’Ituri.

Image d’illustration: Des chars des FARDC dans le Nord-KIvu (Ph droits tiers)

Ce constat, issu d’une évaluation menée le 10 mai par les composantes de la société civile, contredit les affirmations du gouverneur militaire de l’Ituri qui se félicitait d’un bilan positif à 60%, soulignant la neutralisation des menaces pesant sur plusieurs entités et le retour progressif des habitants dans certaines régions.

Des infrastructures en progrès mais une sécurité toujours défaillante

Si des avancées sont notables sur le plan infrastructurel, avec notamment l’asphaltage de la voirie urbaine à Bunia, la modernisation de l’université de Bunia et de l’aéroport national de Murongo grâce au financement du gouvernement central, ces progrès ne parviennent pas à masquer la dégradation de la situation sécuritaire.

Lire :  Marie Noelle Koyara, ministre centrafricaine de la Défense à la Primature

Un espoir déçu et une attente de solutions durables

Décrété en mai 2021, l’état de siège avait suscité l’espoir des populations de l’Ituri et du Nord-Kivu qui aspiraient à un retour effectif de la paix. Mais trois ans plus tard, cet espoir s’est transformé en désillusion face à la persistance des violences et à un sentiment d’insécurité grandissant.

Des députés déçus avaient déjà demandé l’évaluation de l’état de siège en 2022

La société civile appelle à un changement de stratégie

Face à ce bilan alarmant, la société civile de l’Ituri appelle à un changement radical de stratégie pour enrayer le cycle de violence et ramener la paix dans la région. Elle plaide notamment pour :

Une implication plus forte des acteurs locaux dans la recherche de solutions, un renforcement des mécanismes de reddition de comptes et de lutte contre l’impunité, et une approche holistique qui s’attaque aux causes profondes du conflit, notamment la pauvreté, les inégalités et les frustrations sociales.

Notons par ailleurs que l’avenir de l’Ituri et du Nord-Kivu dépend de la capacité des autorités congolaises à trouver des solutions durables à la crise qui frappe ces provinces. L’état de siège, s’il a pu avoir certains effets positifs sur le plan infrastructurel, n’a pas permis d’atteindre l’objectif principal de sécuriser les populations et de ramener la paix. Un nouveau cap doit être fixé et de nouvelles stratégies doivent être mises en œuvre pour sortir de ce cycle de violence et construire un avenir meilleur pour les populations de ces régions.

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