Prison centrale de Kindu

La Société civile du Maniema (SOCIMA) condamne fermement l’évasion de deux présumés meurtriers de Me Dido Kakisingi, Coordonnateur provincial de la jeunesse d’Ensemble pour la République, assassiné le 28 novembre 2023 en pleine campagne électorale.

Selon Me Stéphane Kamundala, président de cette structure citoyenne, l’évasion d’Olembo Kipalamoto et d’un certain Debaba de la prison centrale de Kindu dans la nuit du 24 au 25 mars 2024 n’était pas fortuite. Il s’agirait plutôt d’un « plan bien monté » pour faire sortir ces deux proches du Gouverneur ad intérim du Maniema de la prison.

« Déjà à 2h du matin, j’ai reçu l’information que tous les proches de Son Excellence Idrissa Mangala qui étaient arrêtés dans la mort de Dido Kakisingi venaient de quitter la prison parce que je n’appelle pas ça évasion » a fait savoir Kamundala. « Mais à l’issue de nos enquêtes, on a réalisé qu’il n’y a pas eu une fuite par les murs mais apparemment c’est un complot, quelque chose qui a été bien planifié pour permettre à ces derniers de partir calmement ».

Me Dido Kakisingi, coordonnateur d’Ensemble pour la République/Maniema, assassiné à Kindu en pleine campagne électorale (Ph droits tiers)

Soupçons de complicités

Me Kamundala dénonce la complicité des agents de la prison et craint pour la sécurité de tous ceux qui étaient impliqués dans l’enquête sur l’assassinat de Me Dido Kakisingi. Il appelle à une enquête approfondie et à la mise en place de mesures pour garantir la sécurité des témoins et des personnes impliquées dans ce dossier.

« Avec larmes et avec beaucoup d’horreurs, comment on peut exposer tout le monde qui a été exposé dans ce dossier pour avoir dit la vérité en laissant ces gens-là partir », a poursuivi Kamundala. Et de poursuivre « Or, ces gens constituent désormais un danger pour toutes les personnes qui étaient derrière ce dossier-là de loin ou de près ».

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L’évasion de ces deux présumés meurtriers complique davantage la situation et risque de compromettre la recherche de la vérité et de la justice. Lire aussi : Maniema : Trois conseillers pro-Katumbi quittent le Gouverneur a.i après les violences contre Salomon Kalonda – Infocongo

Implications politiques de cette évasion

L’évasion de ces suspects, arrêtés dans l’affaire du meurtre de Maître Dido Kakisingi, coordonnateur provincial de la jeunesse d’Ensemble pour la République, survient dans un contexte politique sensible. Le meurtre s’était produit pendant la campagne électorale, et leur évasion pourrait exacerber les tensions entre les partis politiques et les factions rivales.

En effet, selon les premières informations, il y aurait une connivence entre les services de sécurité basés à l’extérieur de la prison et d’autres complices se trouvant à l’intérieur. Cette complicité soulève des questions sur l’intégrité du système pénitentiaire et pourrait alimenter les suspicions de corruption et d’influence politique.

Inquiétude de la société civile

A cet effet, le président de la Société Civile forces vives du Maniema exprime des inquiétudes quant à la sécurité de la population et au risque que la justice ne soit plus rendue dans ce dossier. Les témoins et les personnes impliquées dans l’enquête sur l’assassinat de Me Dido Kakisingi pourraient être en danger. Une enquête approfondie est nécessaire pour garantir leur sécurité et prévenir toute interférence politique. Lire aussi : Maniema : Insécurité grandissante à Kasongo, la société civile tire la sonnette d’alarme – Infocongo

Notons par ailleurs que l’évasion de ces présumés meurtriers risque de compromettre la recherche de la vérité et de la justice. Si les responsables de l’évasion ne sont pas traduits en justice, cela pourrait ébranler la confiance du public dans le système judiciaire et renforcer les perceptions de l’impunité.

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En somme, cette évasion entraîne des répercussions politiques majeures, et il est crucial que des mesures soient prises pour assurer la sécurité des témoins, préserver l’intégrité de l’enquête et rétablir la confiance dans le processus judiciaire.