Mabiku Totokani SEN de la CENI

Certains parlent de provocation et d’humiliation pour Monsieur Mabiku Totokani. Ce que d’aucuns trouvent suspect, c’est le timing choisi par Kadima pour suspendre ce technicien des questions électorales.

La suspension de Monsieur Mabiku Totokani coïncide avec un agenda important de la Centrale Électorale notamment : le recrutement et formation pour les membres qui travailleront dans les bureaux de vote, la gestion des contentieux des listes pour les candidats députés et conseillers communaux, le reconditionnement des machines à voter et la mission en Corée du Sud auprès de la société MIRU.

Le recrutement et la formation des membres du bureau des votes, MBDV, les enjeux sont majeurs car ces agents ainsi recrutés vont travailler comme préposés au niveau des bureaux de vote. Ce recrutement devrait être un point de convergence entre le Secrétariat Exécutif et le Présidium d’autant plus qu’ils sont censés travailler pour un même objectif, à savoir la réussite du scrutin de décembre 2023.

Stratégie pour placer des hommes sûrs ?

Des observateurs avertis se demandent si la mise à l’écart temporaire pendant deux semaines du SEN ne constitue pas une stratégie pour le Président Kadima de placer ses hommes de main dans les dossiers sensibles sans au préalable se mettre d’accord avec le SEN qui est le chef des opérations.

Quant au contentieux des listes des candidats à députation provinciale et aux communales, il sied de signaler que les personnes envoyées à l’Intérieur du pays seraient manifestement sujettes à toutes sortes de sollicitations. C’est pourquoi il était important qu’un œil rigoureux soit sur eux pour les contrôler.

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A l’heure actuelle, cela risque d’être un monstre à plusieurs têtes si on y prend garde car on ne sait pas à quelle catégorie de responsables ces agents vont répondre car ils constituent une mixture à la sauce du champion qui règne en maître à la CENI, nous a confié notre source de la CENI qui a requis l’anonymat.

A ce sujet, notre confrère Africa News, qui dans une récente édition abordé cette crise au sein de la CENI cite l’article 36 de la loi organique numéro 10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la CENI telle que modifiée et complétée par la loi organique n° 13/012 du 19 avril 2013 et la loi organique no 21/012 du 9 juillet 2021 qui dispose :

« Le Secrétariat Exécutif National est la structure chargée de la mise en œuvre de CENI.  II est composé des directions technique et administrative créées par décision du Président de la CENI délibérée en plénière.  Le Secrétaire Exécutif National coordonne les Secrétariats Exécutifs Provinciaux et les antennes. »

Dissensions internes

Une bonne interprétation de cette loi laisse clairement voir que le genre de missions à la base des dissensions actuelles à la CENI relève des prérogatives de l’administration sous la coordination du SEN mais cela devrait se faire sous l’œil vigilant du Bureau. Un terrain d’entente entre le Présidium et le Secrétariat Exécutif National aurait été vivement souhaité pour une bonne harmonie au sein de la CENI mais ce qui ne semble pas le cas actuellement, nous osons croire que les acteurs majeurs de cette crise trouveront du bémol.

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L’autre enjeu et non de moindre pendant ces deux semaines est la mise en place dans l’administration électorale : chefs d’antenne, logisticiens, Secrétaires Exécutifs provinciaux, chargés de formation pourraient être remplacés dans les jours qui viennent. 

Selon nos sources, la pratique au sein de la CENI voudrait qu’en pareilles circonstances il y ait concertations entre le bureau et l’administration pour préparer les propositions de désignation à soumettre au bureau de la plénière.  Voilà qui fait dire à plus d’un observateur que le moment choisi par Kadima suscite tant des questions.

Qui plus est, Monsieur Kadima a agi d’autorité en solo sans respect des textes qui veulent que ce soit la plénière qui entérine sa proposition de suspension.

Machines à voter, pomme de discorde ?

Pour ce qui est du reconditionnement des machines à voter, dans le passé l’administration y jouait un rôle important. Si la signature des contrats revient au Président de la CENI, la partie technique a toujours été gérée par l’administration à travers le Secrétariat Exécutif National.

Là aussi c’est une pomme de discorde. Et tout cela constitue de l’eau au moulin d’une opposition radicale qui ne veut entendre parler des élections dans le délai constitutionnel.

Pour beaucoup, il faut absolument éviter la situation qui a prévalu avant l’acquisition des kits d’enrôlement avec des pannes de machines en cascade et des cartes d’électeurs dont la photo et les écrits s’effacent après quelques temps. Avec un scrutin en un jour, aucune erreur n’est permise.

Autant laisser le technicien faire son travail, et au bureau d’en assurer le contrôle en cas de besoin. Cela éviterait des interférences intempestives des uns et des autres. Au nom de l’intérêt supérieur de la nation, les intéressés sont priés de faire un dépassement de soi pour ne pas donner les éléments à ceux qui ne veulent pas du scrutin.

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Correspondance particulière.

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