La LUCHA Goma

Le mouvement citoyen « Lutte pour le Changement » (LUCHA) a fermement dénoncé l’arrestation de onze de ses militants le jeudi 24 août à Goma, alors qu’ils manifestaient contre la vente de duplicatas de cartes d’électeur. Selon le mouvement, la détention de ses membres est à la fois illégale et injuste. Malgré une annonce officielle de la manifestation, conformément à l’article 26 de la constitution, les militants sont désormais accusés de rébellion et risquent jusqu’à 5 ans de prison en vertu de l’article 135 du code pénal Congolais.

Les manifestants, brandissant des messages tels que « Stop à la vente des duplicatas par la CENI », ont été dispersés par la police. Certains requérants ont rapporté avoir attendu plus de deux jours devant les bureaux de la CENI pour obtenir leurs duplicatas. Un d’entre eux a déclaré à la presse qu’il avait dû payer 3 000 FC, sans garantie d’obtenir le document en retour.

Après leur arrestation, les militants, comprenant neuf hommes et deux femmes, ont été incarcérés à l’auditorat militaire où ils ont passé la nuit.

Le maire par intérim de Goma, le commissaire supérieur principal Kapend Kamand Faustin, avait antérieurement interdit cette marche. Il avait prévenu que les services de sécurité interviendraient pour assurer le maintien de l’ordre public.

Ces événements interviennent dans un contexte tendu au Nord-Kivu, avec l’instauration d’un état de siège. La LUCHA a critiqué une réduction de l’espace civique dans la région et accuse les autorités de détourner l’état de siège à des fins de répression. Rappelons que la LUCHA, avec d’autres forces politiques, avait appelé à la levée de cette mesure exceptionnelle lors d’une table ronde à Kinshasa du 14 au 16 août 2023. Lire aussi : La LUCHA a célébré son 11ème anniversaire – Infocongo

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