Fabrice Puela ministre des Droits humains

Après le tollé soulevé sur la toile par la répression sanglante de la marche de l’opposition ce samedi 20 mai à Kinshasa, le régime en place en RDC, tente maladroitement de calmer le jeu, mais surtout à dédouaner le Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi de toute responsabilité dans cette affaire, qui risque d’avoir un effet domino dans les jours et semaines qui viennent.

Et quelle meilleure stratégie pour réussir ce tour de passe-passe, que d’en faire endosser la paternité à des sous-fifre de service ?

En début de soirée du même jour, le ministre Congolais des Droits humains, Fabrice Puela, a été le premier à lancer cette entreprise de déminage, en mettant en ligne un communiqué alambiqué, où il semble naviguer entre deux eaux, en imputant à parts égales la responsabilité des incidents de ce matin aux organisateurs de la marche, aux forces de l’ordre, et au responsable de la ville.

Dédouaner le “garant de la nation” à tout prix

Dans son communiqué, le ministre Congolais s’empresse surtout à exempter le Chef de l’Etat de toute responsabilité dans ce qui s’est passé dans la commune de Lemba ce samedi matin.

En outre, écrit-il, « nous portons à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale, que le Président de la République, en tant que garant de la nation, ne tolère aucunement la violation des droits de l’homme quelle qu’en soient les motivations », annonce-t-il, une manière intelligente de dire que le Président n’est ni de près, ni de loin mêlé à la répression de cette marche pacifique, dont les principaux instigateurs sont comme par hasard, candidats déclarés à sa succession.

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De telles prises de position risquent de se succéder dans les heures qui viennent, au regard de la tempête que semble soulever la bastonnade des opposants et des paisibles manifestants ce samedi matin.

Un enfant mineur torturé par des agents de police

Des têtes à couper ?

Tout semble indiquer que pour faire face à ce qui s’annonce comme une véritable déferlante politique contre le régime de Kinshasa, ce dernier pourrait être tenté de couper quelques factotum du régime, notamment le gouverneur de la ville Gentiny Ngobila Mbaka, ainsi que son bras armé dans l’exécution des basses-œuvres, l’inspecteur provincial de la police, Sylvano Kasongo, qui pourraient être commodément accusés d’excès de zèle dans l’accomplissement de leurs missions.

Et l’armée sur les lieux ?

Des exemples similaires abondent dans un passé pas assez lointain. L’essentiel étant de sauver la réputation de démocrate et de défenseur de l’Etat de droit du Chef. Mais dans une telle perspective, il sera toujours difficile d’expliquer la présence ce samedi sur le lieu du « crime », d’une escouade des militaires armés de la police militaire, qui, tout le monde le sait, ne relèvent pas de l’autorité de la police urbaine, encore moins de Gentiny Ngobila.

Comme par un pressentiment sur ce qui pourrait lui arriver, le général Sylvano Kasongo, s’est d’ailleurs empressé de rendre public un bilan à sa propre sauce, sur les incidents de ce matin, affirmant d’office un total de 9 policiers blessés, 3 civils blessés et transférés à l’hôpital Saint-Joseph, « un journaliste attaqué par des kulunas », un sous-Ciat saccagé, 14 personnes interpellées, et « 3 policiers arrêtés pour bavures » …

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Comme dit la sagesse populaire, quand arrive la tempête, souvent, c’est chacun pour soi.