Cobalt en granulés

Le cours du cobalt a connu une forte baisse en 2022, passant de 82 000 $ la tonne à moins de 35 000 $ la tonne. Selon les données de la LME, le cours du cobalt a chuté de 34 000 $ le 16 septembre 2022 à 33 760 $ le 15 mars 2023, soit une baisse de 0.7 %.

C’est un minerai essentiel pour la fabrication des batteries électriques et la RDC est le premier producteur mondial de ce métal.  Le cours du cobalt est un indice qui mesure le prix du métal sur le marché mondial. Il est coté à la London Metal Exchange (LME) en dollars américains par tonne.

Impact sur l’économie de la RDC

Notons que cette chute a eu un impact négatif sur l’économie de la RDC, qui dépend fortement des revenus miniers. En effet, elle a entraîné une réduction des investissements, des emplois et des recettes fiscales dans le secteur minier. Cette chute brutale a également affecté la stabilité sociale et politique du pays, qui fait face à des tensions notamment une guerre d’agression menée par le Rwanda, et des conflits liés à l’exploitation du cobalt.

Il y a plusieurs facteurs qui peuvent expliquer cette baisse, comme la surproduction, la demande fluctuante, les taxes, les coûts de production ou les tensions géopolitiques. Par exemple, la République Démocratique du Congo (RDC), qui est le premier producteur mondial de cobalt, a adopté un nouveau code minier en 2018 qui augmente les taxes sur les exportations de ce métal. Le cobalt est aussi utilisé dans les batteries des véhicules électriques, dont la demande peut varier selon les politiques environnementales ou les innovations technologiques.

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Demande toujours croissante

Par ailleurs, la transition énergétique vers des sources d’énergie renouvelables et des modes de transport électriques implique une forte demande en métaux comme le cobalt, qui est utilisé pour fabriquer des batteries lithium-ion. Cependant, cette demande pourrait être freinée par des facteurs comme la raréfaction des ressources, les risques environnementaux et sociaux liés à l’extraction du cobalt, ou encore le développement de technologies alternatives moins gourmandes en cobalt. Ces facteurs pourraient entraîner une baisse de la demande et donc du prix du cobalt à long terme.

En attendant la première batterie électrique Congolo-Zambienne

Un projet de production de batteries électriques en RDC est en cours de réalisation. En avril 2022, la République Démocratique du Congo et la Zambie ont signé à Lusaka un accord de collaboration sur la gestion commune du projet. L’accord de coopération signé à Lusaka vise à faciliter le développement de la chaîne de valeur dans le secteur des batteries électriques et des énergies propres, et prévoit la mise en place d’un cadre de gouvernance commun dénommé Conseil Congolais-Zambien de la Batterie.

Conseil congolais de la batterie
Membres du Conseil congolais de la batterie

Pour rappel, en novembre 2021, une étude avait montré que la RDC peut devenir un producteur à faible coût et à faibles émissions de matériaux pour batteries grâce à son cobalt et son énergie hydroélectrique. Deux années plus tard, en février 2023, les animateurs du Conseil Congolais de la Batterie ont été nommés et un protocole d’accord avec les États-Unis a été signé.

Avantages économiques de l’accord entre la RDC et la Zambie

L’accord permettra aux deux pays de profiter de la demande croissante de batteries pour les voitures électriques, qui sont essentielles pour la transition énergétique mondiale. En outre, il favorisera le développement industriel et technologique des deux pays, qui pourront produire des matériaux à forte valeur ajoutée à partir de leurs ressources en lithium et en cobalt. Par ailleurs, il créera des opportunités d’emploi, de formation et d’innovation pour les populations locales, qui bénéficieront également d’une meilleure fourniture d’électricité à partir des sources renouvelables.

Batterie électrique
Nouvelle batterie Z.E 40 équipant la ZOE lui donnant une autonomie de 400 km

Quelques risques économiques

Aucun accord n’étant parfait, surtout dans un secteur aussi sensible, la réussite de cet accord dépendra de la demande mondiale en batteries, qui pourrait être affectée par des facteurs tels que la concurrence, les innovations technologiques ou les réglementations environnementales.

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Et puis, l’accord implique aussi des investissements importants et des défis techniques pour développer la capacité de production et la qualité des matériaux. Sans oublier qu’il entraîne des impacts environnementaux négatifs liés à l’extraction et au traitement des ressources, tels que l’épuisement, la pollution ou la dégradation des écosystèmes. Lire aussi : Les nouveaux animateurs du Conseil Congolais de la Batterie (CCB) vont pouvoir travailler