Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya

Uhuru Kenyatta, ancien Président du Kenya et facilitateur dans la crise qui sévit dans l’est du pays est arrivé ce vendredi à Kinshasa. D’après la Présidence congolaise qui a annoncé la nouvelle, Kenyatta va séjourner à Kinshasa pendant 48 heures et sera reçu par Félix Tshisekedi. « Uhuru Kenyatta arrive à Kinshasa au moment où la situation sécuritaire et humanitaire va de mal en pis autour de Goma à cause des attaques meurtrières en série perpétrées par les troupes rwandaises avec leurs affidés du groupe terroriste du M23 », rapporte le Cabinet de Félix Tshisekedi.

Uhuru Kenyatta et Félix Tshisekedi
Uhuru Kenyatta et Félix Tshisekedi

En effet, la situation sécuritaire dans la partie Orientale de la République Démocratique du Congo ne cesse de se détériorer à la suite de l’activisme des groupes armés locaux et étrangers. La situation s’est empirée davantage avec la résurgence du M23 soutenu par le Rwanda provoquant des milliers de déplacés et des sans abri dans trois territoires (Rutshuru, Masisi, Nyiragongo) de la province du Nord-Kivu.

Un cessez-le-feu devait avoir lieu mardi « dans toute la région orientale de la RDC », selon le dernier calendrier de cessation des hostilités annoncé le 3 mars à Luanda par la présidence angolaise, désignée médiatrice par l’Union africaine dans cette crise.

Mais dès le lendemain, la rébellion du M23 a de nouveau avancé sur le terrain. Après une accalmie sur les lignes des fronts jeudi, des affrontements ont repris dans plusieurs localités ce vendredi matin près de la cité de Sake (territoire de Masisi).

Résultats difficiles à évaluer

Les chances de succès de la médiation de Uhuru Kenyatta sont difficiles à évaluer. Il a certes le soutien de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC), qui regroupe six pays de la région, dont le Kenya et le Rwanda. Mais, il a également une expérience dans la résolution des conflits, ayant participé aux accords de paix de 2008 au Kenya et de 2013 en RDC. Cependant, il doit faire face à plusieurs défis, tels que la méfiance entre les parties, la multiplicité des acteurs impliqués, et la fragilité du contexte sécuritaire et politique dans l’est du Congo

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L’ex-président kényan devra donc redoubler d’efforts pour faciliter le processus de paix dans l’est du pays. Il doit notamment rencontrer une délégation du M23.

Crise eux enjeux complexes

Il convient de relever que les enjeux du processus de paix en RDC sont multiples et complexes. Ils concernent notamment : le règlement politique des causes profondes du conflit, comme les tensions ethniques, la mauvaise gouvernance, la corruption et l’impunité ; l’exploitation et le commerce illicites des ressources naturelles, qui alimentent le cycle des violences et des groupes armés ; la réforme du secteur de la sécurité et la démobilisation, le désarmement et la réintégration des ex-combattants ; la protection des droits humains et le respect du droit international humanitaire ; la participation inclusive de la société civile, des femmes et des jeunes au dialogue et à la consolidation de la paix.

Uhuru Kenyatta à Goma, RDC
Uhuru Kenyatta à Goma, RDC

Nombreux défis et obstacles

Notons aussi que le processus de paix en RDC est confronté à de nombreux défis et obstacles., parmi lesquels un apparent manque de volonté politique des acteurs impliqués, à l’instar du Rwanda et ses supplétifs du M23, qui ne respectent pas le cessez-le-feu décrété unilatéralement par eux-mêmes. Et la valse-retour de Kinshasa, qui semble aussi souffler le chaud et le froid, englué dans ses contradictions internes dans la conduite du conflit.

Dans la crise qui secoue la RDC, la volonté politique est essentielle pour mener à bien le processus de paix. Dans le cas d’espèce, on se rend compte que la société civile et les organisations internationales semblent plus engagées que les autres acteurs (gouvernement congolais-Rwanda/M23) pour la résolution pacifique de la crise, étant peut-être plus proches des populations et de leurs besoins.

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Il est vrai que la société civile et les organisations internationales peuvent avoir une meilleure connaissance des réalités du terrain et des aspirations des populations. Lire aussi : Uhuru Kenyatta appelle à accélérer le déploiement de la force de l’EAC en RDC