Vital Kamerhe au Nord-Kivu : un discours soporifique, inodore, et qui ne trompe pas grand monde

A sa descente d’avion lundi à Goma en prélude de sa tournée dans le Nord-Kivu, Vital Kamerhe a tenu à prévenir tout son monde : il n’est pas venu pour parler politique, mais uniquement de la paix.

Autrement dit, un thème bien circonscrit et bien balisé, qui va bien avec la situation qui prévaut dans cette partie du pays, avec son lot de morts et des sinistrés à chaque jour qui passe.

Ayant ainsi choisi son créneau, le Président de l’UNC s’est assuré que personne ne lui poserait des questions sur ses récents déboires judiciaires qui lui ont valu deux ans de bagne dans la sulfureuse affaire du dossier des 100 jours, encore moins sur sa rocambolesque relaxation, ou encore sur la reprise de ses amours avec le Président Félix Tshisekedi, que d’aucuns, surtout à l’est du pays, avaient pointé du doigt dans les malheurs qui ont accablé le bouillant pacificateur. Mais cela est une autre histoire.

Paix sans politique pour Vital Kamerhe à l’est

En choisissant de parler uniquement de la paix, sans empiéter dans la politique, il y a à se demander si Vital Kamerhe, que l’on dit proche de conclure un nouveau deal avec son partenaire Félix Tshisekedi, croyait vraiment ce qu’il a dit, ou ne faisait que de l’enfumage communicationnel vis-à-vis de ses nombreux partisans de l’est du pays, quelque peu déroutés par les arabesques de sa relation actuelle avec le régime en place.

Vital Kamerhe, en tournée au Nord-Kivu

Peut-on en effet parler uniquement de la paix sans y associer la politique, dans une région sous état de siège depuis bientôt une année, et dans laquelle s’apprêtent à se déployer des bataillons des troupes étrangères ? Dans une province où une grande partie d’un territoire comme Rutshuru, est occupée par l’armée d’un pays voisin, sous couvert des supplétifs qui se prétendent congolais.

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Parler uniquement de la paix ? Oui, mais cela implique aussi, exposer son point de vue en tant que chef d’un parti partenaire au pouvoir en place, sur ce qui se passe réellement sur le terrain. Difficile donc de se cantonner à la seule thématique de la paix, sans une incursion dans la politique, surtout dans une province en proie à des violentes convulsions sécuritaires, où des bandes armées légales et illégales sont en divagation permanente, et cela à une année des supposées élections.

Il est un fait que l’argument de paix seulement sans politique, sera de plus en plus difficile à tenir pour le Président de l’UNC dans les jours qui viennent, du fait des attentes de ses interlocuteurs de l’est, mais aussi des observateurs qui ont suivi de près ses récents conciliabules avec le Président Félix Tshisekedi, depuis sa sortie de prison, sans compter les nombreuses fuites sur sa volonté exprimée de renouer avec un poste politique au plus haut niveau de l’Etat.

Vu sous cet angle, les pérégrinations de Vital Kamerhe dans le Nord-Kivu, ressemblent plutôt à un test de popularité destiné à asseoir la conviction de son partenaire du CACH, sur l’incontournabilité du « pacificateur » dans la perspective électorale de 2023, et donc, sur l’urgence de lui trouver un emploi à sa juste mesure. Une façon aussi de démontrer à tous ceux qui lui dénient encore sa place de premier leader à l’est du pays. Lire aussi: RDC : rentrée politique de Vital Kamerhe par une tournée dans l’est du pays

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Lolo Luasu B.