US Dollars

L’Observatoire de la dépense publique (Odep) vient de jeter un nouveau pavé dans la mare en mettant en cause la gestion des finances publiques par les hautes institutions de la république.

En effet, l’Odep est sortie de sa retenue quelques jours après la Cour des comptes qui a démontré noir sur blanc la mauvaise gestion financière du régime en place. 

Palais de la nation RDC
Le Palais de la nation, Kinshasa

L’ONG dénonce la gourmandise des institutions phares de la République, notamment la Présidence, l’Assemblée nationale, le Sénat et la Primature.

Dans un rapport de contrôle de l’exécution de la loi de Finances 2021 rendu public vendredi 7 janvier 2021, l’Odep dénonce l’institutionnalisation d’un gouvernement parallèle à la présidence de la République. Certains conseillers assurent les fonctions des ministres sans aucun fondement juridique.

Spécialiste des questions de gouvernance, l’Odep précise :

« Les marchés de travaux publics n’ont pas été approuvés par le ministre ayant en charge le budget, car l’acte d’approbation n’a jamais été publié sur le site de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP). Ensuite, le projet n’émarge pas au budget de l’État, exercice 2021 », rapporte-t-il.

Un régime au nombre de conseillers le plus élevé 

On n’a jamais connu un régime comme celui en place où les recrutements des membres de famille, amis et connaissances restent permanents.

À la présidence de la République, leur nombre est passé de 455 en 2018 à 1 018 en 2021, soit 563 nouveaux salariés se sont ajoutés en trois an. Le Bureau de l’Assemblée nationale rémunère 2 756 membres de cabinet, en plus des 500 députés. La Primature paie 606 personnels politiques affectés au cabinet du Premier ministre. Ces institutions ont continué à engager depuis le mois d’août des dépenses sans disponibilité des crédits, et en violation de la loi, déplore enfin l’ONG, qui appelle à la réhabilitation de la fonction de contrôle des finances publiques en RDC.

Lire :  Le Sénat juge recevable le projet de budget 2020

Un budget hors la loi des finances

Selon le rapport de l’Odep, les institutions citée ci-dessus consomment sans contrôle. 

« La présidence de la République tient la part du lion avec 211,6 % ; elle est suivie du Sénat avec 133 %, de la primature avec 131 % et l’Assemblée nationale avec 103 %. Ces quatre institutions ont vu leurs dépenses exploser en 9 mois », note l’Odep qui précise que des dépassements budgétaires s’expliquent par le gonflement des recrutements de personnels à la charge de l’État.

Donc, avec 578,6 %, les quatre institutions prennent plus de la moitié du budget annuel de la République.

Palais du Peuple, siège du Parlement RDC
Palais du Peuple, siège du Parlement, RDC

80 % du budget pour rémunérations

Sur le plan de la gestion globale du budget, le constat est amer, l’ONG déplore l’affaiblissement des institutions à caractère social. « Les dépenses destinées à la santé, l’éducation, l’agriculture et les infrastructures sont restées faiblement payées au cours de la période. 80% des décaissements concernent les rémunérations en lieu et place des investissements », détaille l’Odep. Lire aussi: RDC : Odep dénonce le détournement de 170 millions USD, le projet de 145 territoires pose déjà problème

Gel Boumbe

Leave a Reply

Your email address will not be published.