Félix Tshisekedi Tshilejelu

Après son annonce par le Chef de l’État, le projet de 145 territoires sensé démarrer le développement de la RDC pose déjà problème.  L’Observatoire de la Dépense Publique (Odep) monte au créneau avec son dernier rapport et pose la question de savoir « à quel programme tient ce projet ? Tout est incohérent et quand vous faites la remarque on vous dit vous êtes contre », a déclaré dans un tweet, Florimond Muteba, Président du Conseil d’Administration de l’Odep.

Dans ce rapport, l’Odep se base sur deux projets de réhabilitation d’infrastructures qui illustrent cette dérive : l’un, baptisé « Tshilejelu » d’un montant de 138 millions de dollars, mené dans la région du Kasaï et dans la capitale congolaise ; l’autre, « Kinshasa Zéro trou », d’un montant de 32 millions de dollars concernant uniquement la capitale.

Tshilejelu à Mbuji-Mayi

Pour lui, Félix Tshisekedi devait bien définir ce projet qui permettrait le développement de la RDC au niveau des territoires considérés comme bases du décollage du pays. Après avoir consommé trois ans des cinq années de son mandat, il a compris que les choses ne marchent pas comme il se doit, dénonce l’Odep.

Un gouvernement parallèle à la présidence

« Les projets Tshilejelu et Kinshasa zéro trou sont gérés par un gouvernement parallèle institué à la Présidence de la République. C’est pourquoi l’exécution de ces derniers pose problème. Ce gouvernement parallèle est piloté par le directeur de cabinet du chef de l’État, Guylain Nyembo, dénonce l’ONG. Une situation qui a pour conséquence la course à l’enrichissement illicite, foulant aux pieds les dispositions constitutionnelles, qui ne reconnaissent pas à un conseiller le droit de poser des actes au nom du gouvernement », précise l’Odep.

ODEP conférence de presse
Directoire de l’ODEP en conférence de presse

Le dernier rapport de l’Observatoire de la dépense publique qui est une ONG congolaise de promotion de la bonne gouvernance, précise que le trafic d’influence, les dépassements budgétaires, l’opacité…étrillent la gestion des finances publiques de Félix Tshisekedi jugée peu différente de celle de ses prédécesseurs.

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A Kinshasa, des réactions pleuvent

Dans ce même contexte, Henry Mahungu soutient dans son tweet que le Président de la République, en sa qualité de Chef de l’État et garant de la nation, a fait une mauvaise communication en soutenant qu’« on ne peut plus détruire ce pays qui a déjà été détruit ». Ce qui signifie que ses trois ans au pouvoir ont aussi contribué à la destruction de la RDC.

De son côté, Francine Muyumba a mal digéré les propos du Chef de l’État et réplique : « Le Congo n’est pas mort comme vous pensez et, vos propos font mal. Vous pouvez dire tout sauf ça, il faut une dose de patriotisme, svp. Un président ne peux pas dire ça et vous devez présenter nos excuses à la nation. Nous sommes une nation debout et plein d’espoir. Notre génération continue à se battre pour le Congo », a-t-elle déclaré.

Selon Seth Kikuni, après 3 ans au pouvoir, l’homme qui a accordé la priorité aux voyages à l’étranger et qui ne sait pas choisir de bons collaborateurs, en minimisant les dépenses de la Présidence de la République et gérer des petits projets comme celui des 100 jours ose dire aux habitants de Lodja : « Mboka esi ekufa, toyei kobongisa yango » (le pays a été détruit, nous venons pour le reconstruire). De tels propos pour moi, c’est une honte, une injure au peuple congolais », dit-il.

Etendre la tournée à toutes les provinces

Pour Shekomba Okendhe, après le Grand Kasaï, le Président Félix Tshisekedi devrait étendre sa tournée sur l’ensemble de notre pays.  Cela lui permet ainsi qu’à son gouvernement, la diaspora et à tous les congolais des grandes villes de prendre conscience de l’état de délabrement de la RDC.

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Stanis Bujakera Tshiamala quant lui, affirme que l’IGF avait déjà fait un rapport accablant et détaillé sur le projet Tshilejelu au Président de la République, il y a deux mois. Ce rapport corrobore avec les faits vécus par le Chef de l’État sur le terrain et on attend les sanctions à l’endroit des coupables.

Un proche de Martin de Fayulu d’ajouter : « Félix Tshisekedi ne cesse de théâtraliser la gestion du pays par plusieurs épisodes dans une pièce dont la mise en scène est mal réalisée. Comme son prédécesseur, Monsieur Félix passera avec toute sa honte sur les épaules », soutient-il. Lire aussi: RDC : l’ODEP ahuri par la gestion opaque des Fonds Covid-19

Gel Boumbe

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