Christophe Mboso, président Assemblée nationale

Lundi 12 juillet au soir, par la bouche du porte-parole du Gouvernement le ministre Patrick Muyaya, le Président de la République Félix Tshisekedi a publiquement désavoué l’initiative de l’ex-candidat à la présidentielle Noël Tshiani sur la congolité pour l’accès à certaines responsabilités de la République, notamment l’accès à la présidence de l’Etat.

Mais le lendemain mardi à l’ouverture de la plénière du jour, le Président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso, dans une sorte de diatribe, ne s’est pas retenu pour tailler en pièce la communication officielle de la veille, en se faisant à quelques détails près, l’avocat, si pas le porte-étendard du Projet de loi Tshiani, porté à bout de bras par le député Nsingi Pululu.

Après avoir affirmé du bout des lèvres que Félix Tshisekedi n’est pas derrière la loi Tshiani, Christophe Mboso, à l’instar du célèbre avocat romain Cicéron, s’est lancé dans une sorte de Catilinaire, mettant en pièces devant les caméras, tous les contestataires de l’initiative Tshiani.

Sans le citer nommément, le Président de la Chambre basse s’en est pris ouvertement à Moïse Katumbi, président de Ensemble, principale victime du Projet Tshiani.

« C’est ici l’occasion de dénoncer ce langage ordurier, ce discours haineux, ces propos incendiaires et irrespectueux véhiculés par certains leaders politiques à l’égard du Président de la République », a-t-il lancé en préambule.

Et à l’endroit de ceux qui n’avaient peut-être pas compris, il a ajouté : « Comment comprendre que certaines personnes qui ont acquis la nationalité congolaise, puissent adresser des menaces au pays qui les a accueillis et leur a offert une hospitalité sans aucune discrimination ».

Et d’enfoncer le clou : « C’est avec le régime du Président Félix Tshisekedi que nombreux de nos compatriotes ont recouvert leur liberté. Certains (suivez mon regard), condamnés à l’exil en Europe, en Amérique, dans des pays d’Afrique ou ailleurs, ont regagné le pays et retrouvé leurs biens ». En matière d’attaque frontale, on ne saurait faire mieux.

Dans la salle de plénière mardi et au dehors, tous ceux qui ont suivi la diatribe de Mboso, ont accrédité un peu plus la thèse largement répandue dans la ville, selon laquelle, le Président Mboso et son Cabinet seraient lui-même l’épicentre de l’initiative Noël Tshiani, et qu’il serait très frustré de la tournure que commence à prendre son projet

Cela expliquerait par ailleurs sa vindicte contre les partenaires étrangers (Monusco et États-Unis), que le Speaker de la Chambre basse appelle à cesser leur ingérence dans les affaires de la République.

Pour que nul n’en ignore parmi ceux des partenaires de l’union sacrée qui manifestent des velléités d’émancipation vis-à-vis de la doctrine, Christophe Mboso a eu ces paroles qui sonnent déjà comme une mise en garde : « l’union sacrée ne sera pas un fourre-tout, ni un conglomérat d’aventuriers, comme le disait autrefois M’zee Laurent-Désiré Kabila ».

Personne ne sait jusque-là si Christophe Mboso parlait à son propre nom, ni s’il se faisait le porte-voix de quelqu’un tapis dans l’ombre. En tout cas, une chose est au moins certaine : après ces versets sataniques, plus rien ne sera plus comme avant au Royaume de l’union sacrée. Les « aventuriers » sont désormais prévenus.

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