Stade des Martyrs de Kinshasa

Au mois de décembre prochain, se tiendra l’assemblée générale extraordinaire élective de la Fédération Congolaise de Football Association, FECOFA en sigle, parce que le mandat de son comité exécutif actuel prendra fin. Bien plus, cette assemblée générale sera d’une marque spéciale car M. Constant Omari Selemani qui a dirigé 18 ans durant cette FECOFA, avait déjà décidé et officiellement déclaré le 29 mars dernier de ne pas se représenter. Les cartes seront donc redistribuées d’autant plus que, outre sa décision de ne pas briguer un autre mandat, Omari a démissionné de son poste de président du comité exécutif de la FECOFA, le mercredi 16 juin, laissant l’intérim à Donatien Tshimanga, premier vice-président.

Constant Omari Selemani
Constant Omari Selemani, ex-président Fecofa

Statuts FECOFA, un obstacle pour les candidats

La voie s’ouvre désormais aux différents prétendants. Mais ceux-ci ne peuvent être nombreux tant les statuts en vigueur de la FECOFA se dressent comme un obstacle à plusieurs d’entre les potentiels candidats. Pour briser ce verrou imposé en son temps par le désormais ex-président de la Fecofa, il faudrait des actions pour baliser le chemin à des élections qui seront une vraie compétition entre les candidats.   

En effet, cette assemblée générale élective a un enjeu très important, celui de la rupture entre un passé amateur et les perspectives du football congolais vers une administration footballistique moderne, digne d’un grand pays et de sa riche histoire, au vu des ajustements qui vont se présenter dans un futur proche pour le sport congolais singulièrement, et la vie nationale dans tous les secteurs.

Donatien Tshimanga
Donatien Tshimanga, nouveau président a.i de la FECOFA

Il faut donc une gamme de choix pour une élection qui reflète le renouveau recherché. Cette rupture doit commencer par les textes régissant la pratique du football dans le pays ainsi que les statuts de la Fecofa qui doivent impérativement correspondre avec les textes de la Fédération Internationale de Football Associations (FIFA).

Associations sans fondements juridiques

Cet exercice est impérieux car, en 2001, un constat a été fait par la FIFA et selon lequel plusieurs de ses associations membres, surtout celles du continent africain n’avaient pas un fondement juridique. Ces associations membres fonctionnaient selon les bons vouloirs des personnes qui les dirigeaient, et au gré parfois des humeurs des politiques principalement des ministres des sports en Afrique qui se souciaient peu de la chose sportive.

Siège de la FECOFA à Kinshasa
Siège de la FECOFA, la Fédération congolaise de football, à Kinshasa

C’est ainsi que la FIFA décida en 2001 de rédiger des Statuts Standard et a ainsi lancé une large politique de modernisation des statuts de ses associations membres en améliorant la gestion du football dans chaque pays ainsi qu’en renforçant les principes contenus dans les Statuts de la FIFA.

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Réviser les statuts standards de la FIFA

Et une fois encore, il s’est avéré nécessaire, en vertu des nouveaux Statuts de la FIFA, entrés en vigueur au 1er janvier 2004 et comprenant divers nouveaux articles, contenus et principes, de réviser les Statuts Standard de la FIFA et de s’assurer de l’intégration de ce nouveau contenu dans les statuts des membres (fédérations).

« Dans ce contexte, la FIFA a commencé à analyser les actuels statuts de ses membres afin d’identifier les éventuelles divergences. Le résultat de cette évaluation ainsi que notre expérience acquise préalablement en matière d’application des anciens Statuts Standard de la FIFA nous ont permis d’améliorer le présent document afin de clarifier sa structure et d’en faciliter sa consultation.    
Les Statuts Standard contiennent toutes les dispositions qui devraient figurer dans des textes constitutifs dignes de ce nom. Par conséquent, nous invitons vivement les associations à examiner très attentivement les présents Statuts et à incorporer dans leurs propres statuts l’ensemble des articles et principes prévus par les Statuts Standard – pour leur bien, pour le bien du football
. » Ainsi écrivirent Joseph Sepp Blatter, Président et Ursi Linsi, en juin 2005 à Zurich, en Suisse.

FECOFA et mafia: bonnet blanc, blanc bonnet

Mais, c’était sans compter avec certaines associations membres aux esprits étroits qui sont plus pour l’argent du football et non pour le développement du sport dans leurs pays. Parmi celles-ci, on retrouve notamment la FECOFA. Oui, cette dernière par ses membres du comité exécutif interposés, a vilainement tropicalisé ces textes en excluant du centre des décisions du football successivement les personnes qui vivent le football au quotidien à savoir : les clubs, les joueurs, les arbitres, etc.

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Malgré la recommandation de la FIFA, la FECOFA est restée de marbre, refusant de changer même d’une virgule ses statuts qui ne sont ni conformes aux statuts types de la Fifa ni à la loi sportive congolaise. Le refus de la FECOFA était renforcé par le laxisme qui régnait à la FIFA et à la CAF sur les gestions des associations membres de ces deux organisations internationales dont les méfaits ont été ressentis dans les fonds alloués par la FIFA pour le développement du sport-roi en Afrique.

Réformer la FECOFA!

Selon les statuts type de la Fifa, l’assemblée générale (le Congrès) doit être la plus représentative possible. Des critères et des suggestions pour réaliser cette représentativité ont été énoncés par la FIFA. Malheureusement, l’assemblée générale de la FECOFA est la plus selecte de toutes les assemblées des associations membres de la FIFA. Elle est la moins représentative. Constituée seulement des membres du comité exécutif de la fédération et les deux officiels correspondants des ligues provinciales (Président et Secrétaire Général) et de deux correspondants officiels. Avec une telle dichotomie aux statuts type de la FIFA où les membres du comité exécutif n’ont pas droit de vote, tandis que ceux de la FECOFA ont droit de vote. Une assemblée de moins de 50 personnes décide sur une discipline très populaire dans un pays de plus ou moins 100 millions d’habitants.

En d’autres termes, s’il faut revenir à la réalité de la RD Congo, en quoi un membre du comité exécutif de la FECOFA est-il plus près des réalités du football qu’un dirigeant de l’AS V Club, du DCMP, du TP Mazembe ou du FC St Eloi Lupopo ? Pourquoi cet apartheid envers les clubs et les dirigeants des clubs ?

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Pourquoi avant de briguer la présidence de la fédération, il faut impérativement être un membre du comité exécutif ou président de LINAFOOT, et d’ailleurs au sein de l’actuel comité exécutif, aucun d’entre eux n’a eu à diriger un grand club, ni un club moyen dans ce pays.

Un entraineur, un footballeur qui vit ou a vécu le foot au quotidien avec une expérience cumulée  de plusieurs années dans cette discipline, selon ces statuts laxiste de la Fecofa  ne peut postuler au sein de la Fecofa.

Nous avions eu à le décrier en son temps à la FECOFA. A voir de près, les statuts de la FECOFA sont loin d’être ceux d’une fédération de football. Ils sont plutôt des textes conçus pour qu’un groupe de copains se pérennise à la tête du football de la RDC pour le plaisir et parce que leurs estomacs et leurs portefeuilles dépendaient de l’argent du football du congolais.

Assemblée générale pour des réformes ou rien

Le préambule des statuts type de la FIFA est plus clair là-dessus en ces termes : « Les Statuts Standard contiennent toutes les dispositions qui devraient figurer dans des textes constitutifs dignes de ce nom. » Or, les statuts de la FECOFA ne contiennent pas tous les textes des statuts type de la FIFA ; c’est que les statuts de la FECOFA sont indignes d’être le soubassement juridique devant gérer le football. Il faut donc impérativement convoquer une assemblée générale extraordinaire pour la révision des actuels statuts pour les adapter à ceux de la FIFA et des réalités du football moderne.

Franklin Mahuku (Journaliste Sportif)

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