Dgm: les non-dits d’une suspension qui sent le souffre

 Samedi dernier, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Gilbert Kankonde, connu pour sa proximité avec le Chef de l’Etat congolais Félix Tshisekedi, a pris un Arrêté ministériel portant suspension du Directeur général de la Direction générale de Migration (Dgm) pour « insubordination ». Lire aussi: Le Directeur général de la Dgm suspendu de ses fonctions

Une suspension perçue à Kinshasa, comme une réaction à un communiqué rendu public 48 heures plus tôt par le Dg de la Dgm Roland Kashwantale, et qui démentait vivement l’existence d’un cachot clandestin au sein de cette administration chargée de la police des frontières et des étrangers, contrairement aux allégations du Vice-Premier ministre, qui en avait ordonné la fermeture immédiate un jour plus tôt.

Lors d’une descente impromptue à la Dgm, Gilbert Kankonde, connu pour être un inconditionnel, certains diraient le bras armé du Président Félix Tshisekedi au sein du Gouvernement, avait enjoint aux dirigeants de la Dgm de fermer immédiatement ce fameux cachot clandestin, selon lui, alors que le local incriminé servirait, selon la Dgm, de centre de transit pour les expatriés non en règle avec les lois congolaises sur l’immigration, avant leur reconduction à la frontière.

Ce centre, toujours selon les explications fournies sur place au Vice-Premier ministre, serait même connu des diplomates étrangers en poste à Kinshasa, qui rendent visite à leurs concitoyens en conflit avec la loi congolaise.

Une suspension qui sent le souffre

Alors, quelle mouche aurait piqué le puissant Vice-Premier ministre? Une source bien placée à la Dgm, indique qu’en fait, Gilbert Kankonde n’avait jamais programmé une visite officielle d’inspection à la Dgm ce jour-là.

Une cellule du cachot de la DGM, sur le’avenur Haut commandement/Gombe

Sa descente impromptue sur les lieux, précise la même source, était motivée par la présence dans ce fameux local de transit, de deux sujets indiens, qui exerçaient du commerce à Kinshasa, sans visa d’établissement ni visa de travail, et qui étaient en instance d’expulsion du pays.

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La collusion entre les autorités congolaises et des riches commerçants expatriés, surtout libanais ou indo-pakistanais est de notoriété publique dans la capitale congolaise, où des juteuses enveloppes ou des avantages matériels s’échangent couramment entre officiers supérieurs de l’armée, hauts magistrats, ministres ou autres dignitaires du pouvoir, et des riches expatriés en quête de sauf-conduits ou des autorisations officielles indispensables à leurs affaires.

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