Consultations politiques : Entre euphorie et scepticisme

Alors que la semaine qui commence devrait connaître l’amorce des consultations politiques annoncées la semaine dernière par le Président de la République Félix Tshisekedi, de nombreux observateurs à Kinshasa se montrent plus que pessimistes sur un aboutissement positif de ces pourparlers, dont l’objectif premier est de sortir le Chef de l’Etat congolais de son face à face mortifère avec son puissant partenaire de coalition le Fcc de son non moins puissant  successeur Joseph Kabila.                                

La plupart des analystes s’accordent que dans l’architecture institutionnelle actuelle de la Rdc, où le partenaire Fcc dispose d’une intimidante majorité dans les deux Chambres du Parlement et à sous son contrôle direct des pans entiers des autres institutions du pays, il serait illusoire pour Félix Tshisekedi de s’allier des forces politiques de l’opposition, à moins d’assener un coup de hache à la Constitution actuelle, en dissolvant de force le Parlement en place.           

Contacts préliminaires

Depuis quelques semaines déjà, le Chef de l’Etat congolais avait entrepris des contacts avec des personnalités politiques de premier plan, comme Pay Pay Wa Siakasighe, Mbusa Nyamwisi, Diomi Ndongala et autre Bahati Lukwebo, qui lui ont assuré de leur soutien face à son très encombrant allié.

Mais de tout ce beau monde, à l’exception de Bahati Lukwebo, personne ne dispose de représentants au Parlement. Dans le microcosme politique congolais, on a plutôt tendance à les considérer comme de vieux chevaux sur le retour, à la recherche d’un macaron officiel, qui les remettraient sous les feux de la rampe.                

Des consultations vouées à l’échec?

Tout semble indiquer que les nouvelles consultations annoncées viseraient elles, les leaders de l’opposition, pour la plupart des ex-amis politiques du Chef de l’Etat comme Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba Gombo, Martin Fayulu ou encore Adolphe Muzito, tous societaires du regroupement politique Lamuka.                               

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Autant des personnes qui ont encore un souvenir très précis du coup de vache que leur a joué le même Félix Tshisekedi à Genève, en désavouant sans remords sa signature apposée en bonne et due forme au bas de l’accord qui désignait Fayulu comme candidat commun aux présidentielles de 2018. On se demande alors ce que pourrait être la réaction de tous ces messieurs, des requins politiques blanchis sous le harnais, et qui ne semblent toujours pas revenus de cette traîtrise de l’homme qui sollicite aujourd’hui leur aide.         

De l’avis de nombreux observateurs, au moins trois des actuels leaders de Lamuka, à savoir Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Jean-Pierre Bemba Gombo, nourrissent l’ambition de se porter candidats aux élections présidentielles de 2023. On les voit donc mal courir pour donner des béquilles à un homme en difficulté certes, mais aussi connu pour ses retournements de veste et le non-respect de ses engagements les plus solennels.

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