Beni : Sixième anniversaire des premiers massacres de civils perpétrés par les ADF

Commémoration ce jeudi 15 octobre du sixième anniversaire en mémoire des victimes des tout-premiers massacres de civils, sauvagement exécutés par les ADF au Quartier Ngadi, dans la commune de Ruwenzori, à Beni (Nord-Kivu), le 15 octobre 2014.

En marge de cette journée, une messe d’action de grâces dite au stade Sun City, non loin du lieu où s’était produit le drame, à laquelle plusieurs personnalités ont pris part. Au cours de cette cérémonie, plusieurs recommandations ont été formulées à l’Armée congolaise ainsi qu’à l’Etat congolais de considérer à sa juste valeur la menace qui pèse sur la population de la région de Beni.

Messe en mémoire des massacres de BEni

Dans son homélie du jour, le prédicateur a exhorté aux participants et éventuellement à la population de prier pour l’armée afin qu’elle mette fin à cette tragédie tout à faisant confiance à Dieu « continuer à prier pour nos militaires qui se sacrifient pour la recherche de la paix longtemps cherché causée par les ADF, ne perdons pas espoir, continuons à persévérer dans la prière », a-t-il demandé.

Date inoubliable

Cette date semble inoubliable dans le chef des habitants de Ngadi, tel qu’explique monsieur Kasereka qui raconte la scène « nous n’oublierons jamais, alors jamais. La première balle avait été tirée ici à Kibene, et pendant ce temps les gens étaient en train d’être abattus ici à Ngadi. Il y avait au-moins 20 corps ici, et un peu loin dans la forêt, on avait découvert au moins 22 corps, sans compter des personnes emportées par les ADF dans la brousse. Donc pour le moment nous pouvons dire que plus de 30 civils avaient péri dans cette tragédie » fait-il savoir.

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La société civile estime par ailleurs que 6 ans de massacres c’est trop, c’est pourquoi elle appelle l’armée, le gouvernement et la communauté internationale à changer de stratégie.

La jeunesse manipulée de toutes pièces

Pendant ce temps, à l’occasion de la commémoration de cette journée, l’Asbl « Jeunes Patriotes Consolidateurs de la Paix » (J.P.C.P), déplore que 6 ans après les jeunes se laissent manipuler de toutes pièces par les politiciens qui sont soupçonnés d’alimenter la guerre dans cette partie du territoire national.

Jeunesse manipulée?

Benjamin Asimoni son président pense cependant que la jeunesse que sa structure encadre doit prendre conscience et changer de mentalité. Il met cette idée en corolaire avec l’activisme et la prolifération des groupes armés locaux, au sein desquels sont actifs et acteurs les jeunes, malheureusement un espoir pour la génération future.

Jeunes Patriotes Consolidateurs de la Paix taclent les autorités

En dépit de ce que présente comme perception au sujet de l’insécurité couplée aux massacres, cette organisation estime que 6 ans d’atrocités à Beni c’est trop, et les valeurs, les talents de la jeunesse de Beni sont étouffés et l’avenir en voie de s’effondrer.

J.P.CP croit qu’il ne s’agit pas des rebelles qui sont à Beni en dépit de son point de vue, mais bien des jeunes désœuvrés et non encadrés par manque d’appui et à la suite de l’insécurité.

Dialoguer pour réconcilier

Pour cette organisation en outre, la voie des armes a montré ses limites, c’est pourquoi elle appelle à un dialogue, car la question de l’insécurité dans cette partie du pays devient de plus en plus multidimensionnelle :

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« La jeunesse a cédé d’une part à la manipulation politique et d’autres part, non parce que je suis un jeune, aujourd’hui parmi les voies qui sont recommandées pour faire le retour de la paix, on utilise le dialogue pour arriver à la réconciliation. C’est dans ce dialogue que nous saurons l’intérêt que la personne défend et qui pousse à ce que la personne reste en opposition », martèle Benjamin Asimoni.

Benjamin Asimoni

En marge de cette journée, plusieurs groupes de pression et mouvements citoyens ont été dans la rue pour décrier la persistance de l’insécurité dans la région de Beni.

Plus de 3000 morts

Depuis 2014, plus de 3000 personnes ont périe dans le massacre pour des raisons inconnues et les victimes crient justice pour réparation de préjudice subi. Une autre phase des audiences pour connaître sur les sorts des collaborateurs de ces rebelles ADF est programmée pour le mois prochain.

Des sources proches de la justice renseignent que même des fils du territoire figurent parmi les inculpés.

Lors de la clôture de cette cérémonie, une pancarte sur la quelle l’on peut lire « je suis Beni, je ne trahirai jamais » immortalisant les victimes a été implantée sur le lieu où s’était produit le premier drame.

Azarias Mokonzi et Venatch Ndaliko/Beni

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