Le jeu des manipulateurs dans le drame du Congo

Depuis les dernières révélations du Cardinal Fridolin Ambongo au sujet de l’insécurité à l’Est de notre pays, l’eau a beaucoup coulé sous le pont.

Ces révélations ne sont qu’une confirmation des informations connues depuis longtemps, non seulement par la population de l’Est, mais aussi par certains experts des Nations-Unies ainsi que les organismes de défense de droit de l’homme. Les régimes qui se sont succédés à Kinshasa sont bien au courant de la situation.

Sur ces tueries persistantes à l’Est de la RDC, les dernières défections d’officiers FARDC, l’apparente incapacité de l’Etat Congolais, quel jeu, quels enjeux au sein du pouvoir de Kinshasa ?

De la responsabilité politique des politiciens

Plusieurs voix se sont levées pour condamner l’irresponsabilité des politiciens congolais qui ont géré le pays durant toute la période de ces massacres faisant allusion au régime de Kabila. Ce que certains cadres du FCC n’admettent pas.

C’est ce qu’admet le secrétaire permanent adjoint du PPRD, monsieur Ferdinand Kambere, alors que la communauté Kihanga, réunissant tous les Nande, soutient haut et fort que le régime de Kabila a cautionné l’infiltration de l’armée et a été aux manœuvres en prévision des massacres causés par les infiltrés ; le maintien le maintien et la promotion d’officiers criminels pour les affecter dans les zones où ils ont un plan désormais bien connu ;  le refus d’intervenir lors des massacres qui se commettent dans les périmètres même des campements militaires.

On peut aussi relever les indices d’effets pillés par les présumés ADF lors des attaques, effets dont l’on retrouve certains dans les mains des éléments FARDC.

Les sujets et mouvements rwandais au pouvoir à Kinshasa

L’on se souviendra que certains officiers congolais se sont révélés être des sujets d’origine rwandaise. C’est le cas du Général Bosco N’Taganda, un proche de Kabila, aujourd’hui en prison à la CPI accusé de crimes de guerre et crime contre l’humanité.

C’est le cas de Laurent N’kundabatware avec le mouvement M23 que l’on a vu fuir à Kigali accompagné du général major Amisi dit Tango fort, aujourd’hui chargé des opérations dans la guerre à l’Est.

On enregistre depuis le lancement des hostilités contre les ADF des défections d’officiers rwandophones sévissant dans le Sud-Kivu (Fizi, Minembwe), et le cas le plus frappant est celui du colonel Michel Rukunda qui rejoint une milice tutsie dans les Hauts-plateaux d’Uvira illustre la complexité de la crise sécuritaire qui déchire cette région du Sud-Kivu. Lorsqu’un officier tutsi fait défection, la première impression est qu’il va rallier à la cause du Rwanda et mener une guerre de procuration contre le Congo.

Qui est Michel Rukunda ?  Avant son intégration dans les FARDC, Michel Rukunda était membre d’une milice tutsi du Sud-Kivu appelé FRF connu pour avoir combattu le RCD Goma d’Azarias Ruberwa. Selon les rapports, le FRF a même fait alliance avec les FDLR et mené des opérations conjointes avec ces rebelles hutus rwandais.

En rejoignant les hauts-plateaux, Michel Rukunda ; a priori hostile aux forces aux forces pro Kagame, va se retrouver dans des batailles rangées contre le Mi-Mai Yakutumba. Un autre officier rwandophone à faire défection est le colonel Mucho qui a rejoint la milice tutsi Gumino dont les affrontements contre les FARDC aux alentours de la ville d’Uvira et de Kamanyola ont fait beaucoup des victimes : 6 civils tués par Gumino et 10 maisons brulées. Côté ennemis, on a dénombré 9 morts et 5 blessés et 1 mort du côté Mai-Mai.

Des complicités à Kinshasa

L’observation faite depuis ces défections est que l’Etat congolais n’a pas lancé un mandat d’arrêt contre ces officiers, ni pris une ferme position pour les traquer et les arrêter. Il en découle logiquement l’infiltration dont il est question dans l’armée est aussi au niveau de la défense nationale qui serait entre les mains des tutsis, pourquoi pas les ministères régaliens, les postes des commandements militaires.

C’est là aussi que ressort, d’après les propos de Mgr Fridolin Ambongo, la question du vrai pouvoir de l’actuel Chef de l’Etat.

Qu’à cela ne tienne, les choses ne sont pas aussi simples que l’on le croit surtout quand l’on sait que les Banyamulenge » connaissent eux aussi des tensions et dissensions internes, certains ayant même été à livrer des batailles meurtrières contre les forces de Kagame au Congo.

L’éveil patriotique est donc de mise dans la situation actuelle de la RDC.

Jacques Kalokola

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