Kabila rentrera ou ne rentrera pas sur la scène politique ?

Le secrétaire permanent du PPRD, Emmanuel Ramazani Shadary, vient d’annoncer le retour de Joseph Kabila, ancien président de la RDC. C’était à l’occasion de la clôture de la première conférence budgétaire du parti pour la reconstruction et la démocratie, PPRD, intervenue jeudi 26 décembre dernier à Kinshasa.

2020, année de l’effervescence pour le PPRD

Il a souligné que l’année 2020 connaitra politiquement une d’effervescence pour son parti, le PPRD avec la rentrée politique de son président national, le camarade Joseph Kabila Kabange.

C’est à cet effet que le secrétaire général de ce parti a lancé un appel à tous les cadres et militants du PPRD disséminés à travers toute la République de se préparer physiquement et spirituellement à ce grand rendez- vous de l’année : ” Dès que le choix du lieu et de la date seront connus, je souhaiterais que personne ne rate ce rendez-vous historique qui va montrer à la face du monde que dans ce pays ,il y a encore des millions de congolaises et de congolais qui placent leur confiance en leur leader Joseph Kabila, et à son parti, le PPRD”.

Les raisons du report de la rentrée maintes fois annoncée

L’opinion publique se souviendra que le même Emmanuel Shadary avait annoncé avec pompe la rentrée politique de Joseph Kabila au mois d’octobre dernier, dans son discours d’ouverture de la matinée politique d’évaluation du PPRD à Lubumbashi, au cours de laquelle il avait invité tous les membres du parti à se préparer pour remporter les prochaines élections à tous les niveaux.

On se souviendra aussi que cette annonce avait suscité des réactions des constitutionalistes congolais sur la représentation comme candidat président de la République en 2023 de l’ancien chef de l’Etat, devenu sénateur à vie.

En effet, l’article 70 de la constitution congolaise prévoit que « le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ».

Joseph Kabila ayant déjà été candidat et élu à deux reprises, des voix se lèvent pour contester sa représentation en 2023. C’est ce que refuse d’entendre le coordonnateur du FCC, le professeur Néhémie Mwilanya : « aujourd’hui, aucun obstacle constitutionnel ou institutionnel, voire politique, n’empêcherait le retour de l’ancien président Kabila, et surtout ne pourrait empêcher qu’il soit candidat à la présidentielle ».

Article 70, la colle pour les constitutionnalistes

Cependant, cette lecture est rejetée par plusieurs constitutionalistes. Recourant à la constitution, Jean-Marie Kabengela, avocat au barreau de Kinshasa, pense qu’il manque un mot dans ce texte : consécutivement. 

Cette disposition constitutionnelle ne dit pas : « un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ». Selon lui, la présence de ce mot aurait pu permettre à un candidat qui a déjà exercé deux mandats consécutifs de pouvoir participer à nouveau à la compétition présidentielle.

Mais en l’absence du mot « consécutivement », ce n’est pas le cas. Un autre professeur proche de l’opposition, André Mbata, a détecté une autre anomalie : l’incompatibilité entre statut de sénateur à vie, dont jouit Joseph Kabila, et tout autre mandat électif. Selon le constitutionaliste, Joseph Kabila ne peut plus briguer un nouveau mandat présidentiel en étant sénateur à vie.

La date du 14 décembre 2019 à Kinshasa devrait signer sa rentrée politique à l’occasion d’une nouvelle structure dénommée « Kabila Forever », mais annulée en dernière minute sans donner les raisons valables de l’hôte du jour attendu pour la circonstance.

La dernière ratée et pas le moindre, c’est lors de la restitution des travaux de Kisantu, où il a refusé même de monter sur le podium pour occuper le siège lui réservé.

Rentrera, rentrera pas?

Au vu de tout ceci, d’aucun se demandent si Kabila fera sa rentrée politique tant annoncée avec tambours et trompettes ?  Il est donc fort à parier que le débat autour de l’article 70 reviendra à la une dans les mois à venir, si l’éventualité d’une candidature de Joseph Kabila se précise, ce qui n’est pas le cas jusqu’alors.

Jacques Kalokola

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