15 millions Usd : Détournement, non…Rétro-commissions, oui !

C’est depuis presque un mois que l’opinion nationale comme internationale attendaient la réaction du président Félix Tshisekedi sur l’affaire du bonus de 15 millions Usd qui se seraient envolés vers une destination inconnue, affaire dans laquelle est cité son allié du ticket gagnant CASH et directeur de Cabinet, Vital Kamerhe.

C’est chose faite, le président de la République vient de sortir du silence et donne quelques précisions de taille sur cette saga qui n’est pas loin de se terminer au vu des éléments et de l’antagonisme qui règne aujourd’hui entre les hauts fonctionnaires de l’Etat.

En effet, Félix Tshisekedi a répondu à la presse française le samedi 21 septembre dernier sur cette épineuse question en soulignant qu’il n’a jamais eu un probable cas de corruption : « Selon mes informations, il s’agit non pas d’un détournement de fonds, mais d’une affaire de rétro commissions. Nous sommes certains que ce n’est pas de l’argent volé au Trésor. En réalité, il y a eu de la maladresse. L’inspecteur général des finances est un peu sorti de sa mission et je l’ai d’ailleurs appelé pour le lui dire, tout en l’assurant de mon soutien face aux menaces inacceptables qu’il a pu recevoir. »

Quant à la lettre controversée de son directeur de cabinet, le chef de l’Etat congolais s’est empressé d’établir une distinction dans la répartition des compétences entre lui, son directeur de cabinet et l’Inspecteur général des Finances : « Avant de lancer son enquête, il aurait dû m’en informer car il est sous ma responsabilité. Il a agi un peu comme un procureur. Mon directeur de cabinet, contre qui je n’ai aucune preuve de sa méconduite jusque-là, a voulu le lui rappeler. Ce qui a semé cette confusion regrettable.

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Kamerhe surveillé comme du lait au feu par la société civile

Deux grandes organisations de la société civile et pas des moindres, dont ACAJ de Me Georges Kapiamba et la Coordination des laïcs catholiques, CLC, ne lâchent pas prise et exigent la poursuite de tous ceux qui sont cités dans cette salle affaire. Pour Me Kabiamba, cette somme a pris une destination inconnue d’après les éléments en sa possession obtenus auprès de Rawbank.

Et pour le Professeur Ndaywel, le coordonnateur du CLC, l’on devrait d’abord suspendre toutes les personnes citées dans cette affaire, afin de permettre à la justice de faire calmement son travail sans trafic d’influence. Il aussi annoncé que cette structure catholique qui a rendu la vie dure à l’ex-président Joseph Kabila, va lancer une série d’activités pour dénoncer les cas de corruption, les détournements et exiger ainsi l’instauration d’un Etat de droits comme l’avait promis le Chef de l’Etat lors de sa campagne électorale.

Jacques Kalokola