Gouvernement Ilunkamba : la fumée blanche pas pour bientôt

Après la longue attente, 7 mois ! On attend pour très bientôt la fumée blanche du côté de la Primature, pour la formation du gouvernement Ilunkamba. En effet, c’est depuis hier dimanche 11 août 2019 que le duo FCC-CASH en coalition a remis les listes des personnalités ministrables au premier ministre Silvestre Ilunga Ilunkamba, dans la soirée au siège du gouvernement, sur le boulevard du 30 juin à la place Le Royal.

Ces listes sont censées contenir trois noms proposés pour chaque poste ministériel. Le chef de l’exécutif s’est dit satisfait par la rapidité avec laquelle les coordonnateurs ont réalisé l’harmonisation de ces listes, bien que Jean Marc Kabund et Néhémie Mwilanya soient arrivés avec plus de deux heures de retard : « Merci aux deux délégations, je vais voir si les critères ont été pris en compte. Je vais travailler à mon tour et soumettre au chef de l’Etat ».

Un gouvernement qui divise

Le premier gouvernement du quinquennat de Tshilombo Tshisekedi qui sera composé de 65 membres dont 42 issus du Front Commun pour le changement, FCC, et 23 du Cap pour le Changement, CACH, a occasionné plusieurs fissures dans certains regroupements politiques et le plus récent après l’AFDC-A est au sein du Palu et Alliés. Aux dernières nouvelles, le parti cher à Gizenga n’a aligné aucun nom de ses alliés qui ont contribué à atteindre le seuil pour lui permettre d’avoir des sièges attendus. C’est ce qui crée la colère de l’honorable Thomas Lokondo qui dénonce la « Boulimie du Palu qui se veut plus égoïste que tout pour satisfaire la quête de strapontin. Et l’élu de l’Equateur soutient la démarche de Mutiri wa Bashara victime de cette trahison : « Je soutiens Mutiri comme allié. Je le dis de façon désintéressée, impartiale et objective. J’ai été contacté et j’ai dit non. J’avais déjà annoncé au regroupement qu’on ne me comptabilise pas dans la perspective de l’équipe gouvernementale. Je ne veux pas être boulimique. J’étais déjà candidat au perchoir de l’Assemblée nationale et c’est le même parti Palu qui a tout fait pour me faire invalider inconstitutionnellement. »

Bahati et l’ADFC A en embuscade…

Du côté de l’AFDC-A, Bahati Lukwebo qui n’a pas voulu rester à la traîne a déposé lui aussi sa liste pour les quatre postes ministériels qu’il réclame haut et fort d’après les accords signés avec CASH auxquels il avait pris part alors qu’il jouissait encore de ses prérogatives de cadre du FCC avant son départ. L’autorité morale de l’AFDC-A n’a pas encore dit son dernier mot surtout qu’il vient de se dégager son regroupement politique du FCC en alignant une majorité parlementaire et surtout il vient de bénéficier d’un soutien de taille de la part du Conseil national de suivi et évaluation de l’accord du 31 décembre, CNSA, qui estime qu’il est le seul à engager l’AFDC-A aux négociations autour de la composition du gouvernement.

D’autres étapes à franchir

Si le dimanche dernier le premier ministre a réceptionné les listes harmonisées des mains des deux ténors du FCC-CASH, à savoir JM Kabund et Néhémie Mwilanya, cela n’est qu’une première étape car comme il l’a si bien dit, il va se rendre compte du respect des dix critères recommandés. Après délibération, les listes seront présentées au Chef de l’état pour un nouveau réglage. Ce dernier veillera à identifier des personnes qui pourront répondre à ses attentes quant à la réalisation de sa vision pour les cinq années lui confiées par le peuple et qui ne pourront lui faire ombrage. Viendra enfin le tête à tête entre les deux autorités morales Joseph Kabila et Félix Tshisekedi pour se fixer les objectifs.

En clair, tout est encore sur table et rien n’est encore joué. La délibération pourra prendre plus de temps que prévu.

L’autre raison de l’attente

Les ministères stratégiques comme les Finances et la Justice censés revenir au FCC, posent encore problème car le Chef de l’Etat estime qu’il doit avoir un droit de regard sur la nomination des personnalités FCC aux ministères régaliens.

Cette situation ne fait pas l’unanimité au sein de la famille de Joseph Kabila qui condamne cette ingérence, elle qui attend jouir de sa liberté dans le choix de ses délégués. En tout cas, les violons sont loin de s’accorder.

Qu’à cela ne tienne, pour le gouvernement Ilunga Ilunkamba, il n’est plus que question de quelques jours, pourvu que les deux parties à coalition se mettent d’accord et lancent des signaux forts vers la population, qui a tant souffert et n’attend que l’amélioration de sa condition de vie en espérant trouver de quoi mettre sous la dent tous les jours.

Ceci passe par un sens élevé d’humilité pour sauver ce pays qui est au bord de l’explosion et déjà meurtri par ses ennemis disséminés à travers le monde et surtout ses proches voisins qui ne cessent de profiter de ses faiblesses à l’intérieur pour le détruire davantage. L’heure est plus à l’unité qu’aux divisions orchestrées par les ennemis du peuple et les dédoubleurs !

Jacques Kalokola  

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