Bahati Lukwebo

La nouvelle de la désignation du prochain candidat président du Sénat par l’autorité morale du FCC Joseph Kabila désignant le Sénateur Thambwe Mwamba a laissé perplexe plus d’un observateur.

En effet, le Coordonnateur du Front Commun pour le Congo, FCC, le Professeur Néhémie Mwilanya a annoncé cette décision venue de Kingakati lors d’une réunion tenue mardi 02 juillet au Rotana Hôtel dans la commune de la Gombe où les sociétaires de cette méga plate-forme ont pris part.

Cependant, cette nouvelle est tombée juste quelques heures après la déclaration sanctionnant la conférence des présidents et personnalités politiques élargie aux députés et sénateurs de l’Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés, AFDC-A, qui a investi Modeste Bahati Lukwebo comme candidat au perchoir de la chambre haute du Parlement, comme on peut le lire dans un communiqué daté du même mardi 02 juillet 2019 : « La conférence des présidents investit, ce jour, le président et autorité morale du regroupement politique AFDC-A, le Sénateur Modeste Bahati Lukwebo, en qualité de candidat au poste du président du Sénat.»

Il faut rappeler aussi que le 03 avril 2019 adressé à l’autorité morale du FCC dans lequel, ils exprimaient clairement les ambitions de leur regroupement. Il avait opté pour la primature ou la présidence du Sénat. La Primature ayant été confiée au PPRD, il était plus que logique de confier la présidence du Sénat à la deuxième force politique du FCC avec 109 élus.

Pourquoi Modeste Bahati Lukwebo ?

Pour les esprits avertis, ce professeur d’université a un cursus Honorius bien fourni sur tous les plans. Il y a lieu ici de rappeler que ce dernier est l’un des pionniers parmi les activistes des droits de l’homme, où il a su affûter ses armes dans la société civile, où il fut le premier président de la Société Civile du Congo, SOCICO, avant d’arriver à la politique après avoir maîtrisé le fonctionnement à la base.

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Ce qui lui valut cette notoriété de rassembleur dont il jouit aujourd’hui. La soixantaine révolue, l’homme à qui tout semble réussir comme le signifie son  nom, « Bahati », et toujours calme, égal à lui-même et d’un tempérament teinté d’un sens d’humilité très aigue et d’une générosité légendaire qui a séduit la majorité de ses anciens étudiants, à l’instar de son ancien étudiant à l’Institut Spupérier du Commerce, ISC en 1996, Sheikh Moussa Kalombo, Directeur de Cabinet du Représentant Légal de la Communauté Islamique en RDC 

« Le Professeur est un homme calme et très intelligent. Il est de tempérament doux et ne bouffe jamais seul. » Ce congolais au sang italien, pour avoir fait des études à l’Université de Milan et avoir cultivé la culture romaine qui lui permis de développer un sens de la vie communautaire et un altruisme démesuré, voir à l’autre un autre soi à qui il faut témoigner de la compassion. C’est cet état d’âme et d’esprit que l’on comprendra dans la suite de sa carrière quand il aura la destinée de la société civile congolaise, SOCICO, qu’il dirigera comme président de 1992 à 2010 avant de se retrouver à la tête de composante Société Civile/Forces Vives et porte-parole adjoint au Dialogue inter congolais à Sun City et Pretoria en Afrique du Sud de 2001 à 2010. Il sera le point focal de la Société Civile Africaine près de l’Union Européenne pour l’Afrique Centrale  de 2001 à 2010 ; coordonnateur adjoint du PAWA (Peace Accord Watch Africa »

En 2005, ADG de la SONAS (Société Nationale d’Assurances en 2005, Ministre du Budget en 1994  de la Fonction Publique en 1995 et questeur de l’Assemblée Nationale de 2006 à 2009. Il sera nommé Ministre de l’Emploi et Prévoyance sociale le 06 mars 2012 sous Matata I. Nommé Ministre du Plan au dernier gouvernement de Kabila sous Tshibala, il rejoindra le Sénat après les élections sénatoriales de 2018 pour le compte de sa plate-forme politique AFDC-A avant d’être désigné par ses paires comme candidat à la présidence de la chambre haute du Parlement, le mardi 02 juillet 2019.

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Ce Professeur de comptabilité des entreprises en succursales  multiples et la comptabilité Agricole, est auteur de plusieurs publications dont « Les Banques Africaines face aux défis de la mondialisation de l’économie. Harmattan, Paris 2012.

Il est né le 13 janvier 1956 à Katana au Sud Kivu. Bahati Lukwebo est saint et sans démêlé judiciaire à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Il n’a jamais fait partie d’un mouvement rebelle moins encore d’une milice armée.

Qu’à cela ne tienne, si le désir du FCC essoufflé par son initiateur, le sénateur à vie  Joseph Kabila est toujours de se défaire de la praxis des fondations occidentales et du capitalisme marchant, d’un certain humanisme pour aider la  RDC  à sortir de ses propres pièges de sous-développement, il va de la responsabilité de ses animateurs, au vu de ce tableau aussi épatant, de jeter leur dévolu sur cet oiseau rare dont le parcours élogieux reste interpellateur. Sans quoi, cette plate-forme politique restera l’ombre de lui-même et risquerait de rater un grand rendez-vous dans son histoire.

Pour qu’elle devienne stratégique, il faudrait que ses membres s’ouvrent mutuellement et davantage pour coconstruire un Dispositif d’Intelligence Stratégique, afin de demeurer encore fort et pouvoir ainsi garder cette majorité écrasante dans les deux chambres.

Voilà, en substance, ce qu’il faudrait souffler à l’oreille du « Rais », l’ex-Président de la République et chef de file de la majorité parlementaire.

In fine, mieux vaut tard que jamais pour corriger les erreurs car, comme le dit si bien un adage Lokele : «  Il ne faut jamais oublier une pirogue qui vous a aidé à traverser la rivière. »

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Jacques Kalokola

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