L’Unikin préconise une Commission Vérité et Réconciliation  pour un Congo nouveau

Après tant d’années de conflits, voire de guerre en RDC, le département de Philosophie/Lettres de l’Université de Kinshasa recommandent aux autorités politiques la réconciliation nationale par la création d’une Commission Vérité et Réconciliation pour bâtir une société harmonieuse, dynamique, digne, stable et prospère.

Avec des éminents savants, professeurs, chercheurs en son sein, le département de Philosophie de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université de Kinshasa (Unikin) s’engage résolument à jouer son rôle de leadership dans la connaissance, dans la pensée en vue d’apporter sa contribution à la résolution des problèmes auxquels la RDC fait face. C’est dans ce cadre que s’inscrit la matinée philosophique que ce département a organisée le vendredi 21 juin 2019 sous le thème «Réconciliation nationale en RDC : enjeux et pistes de solution». Cadre choisi : la salle du conseil de la Faculté des Lettres et Sciences humaines.

Après tant d’années de conflits, voire de guerre en RDC, ces scientifiques estiment que la réconciliation nationale représente la condition sine qua non pour bâtir une société harmonieuse, dynamique, digne, stable et prospère. Mais pour pouvoir entreprendre des actions capables de changer la face de ce pays, d’éminents savants, des chercheurs, philosophes, et juristes invités à cette occasion ont apporté un éclairage sur cette notion de la réconciliation nationale qui semble être très complexe.

Au cours des ateliers animés, les intervenants ont d’abord clarifié la notion de réconciliation nationale ; indiqué les voies et moyens, les mécanismes, les étapes qu’il faut considérer dans la réalisation de ce paradigme qu’est la réconciliation nationale. Pour ces philosophes, deux écueils sont à éviter dans la compréhension du paradigme de la réconciliation nationale.

Tâches et mandats bien définis

Le premier écueil à éviter, c’est la récupération politicienne qui consiste à réduire la réconciliation nationale à des simples accords pour le partage du pouvoir. Ce qui, selon eux, «dépouille la notion de réconciliation nationale de toutes ses vertus curatives. Le deuxième écueil à éviter, c’est celui qui consiste à faire de la réconciliation nationale à la carte. Dans cette optique, la réconciliation nationale concernerait seulement quelques citoyens congolais et souvent on se réfère à des figures emblématiques. Une réconciliation nationale à la carte n’en est pas une. Parce qu’elle laisse de côté une grande masse de la population concernée aussi dans ce processus de la reconstruction de la RDC».

Après avoir éclairé la lanterne de la nation sur cette notion de réconciliation nationale, la communauté des philosophes de l’Unikin ont ensuite formulé des recommandations précises à adresser aux autorités politiques congolaises pour que des options crédibles et pertinentes soient levées en vue de mettre en pratique le paradigme de la réconciliation nationale. Parmi ces recommandations formulées, il y a, entre autres, la mise en place d’une commission Vérité et Réconciliation avec des tâches bien définies et un mandat bien déterminé.

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Une commission provisoire pour étudier les problèmes

Pour ce faire, une commission provisoire devra être créée en vue d’étudier des problèmes. Cette tâche serait confiée, notamment aux départements de Philosophie, des Sciences politiques. Le groupe recommande également de repenser la démocratie en RDC. Question de revoir quelques dispositions des lois. Mais pour en arriver-là, les participants proposent la création d’un Institut national d’études d’éducation civique. D’où la nécessité pour les autorités congolaises d’investir davantage dans l’éducation non seulement des enfants mais aussi et surtout des acteurs politiques.

Le chercheur et professeur Léon Matangila, a procédé, le vendredi 21 juin 2019, au Chef de département de Philosophie, le professeur Manuelo : le thème de cette matinée philosophique, «la réconciliation nationale en RDC : enjeux et pistes». C’est un thème d’une actualité brulante.

Le groupe «Réconciliation politique comme psychotropie et sociotropie». Deux idées maîtresses, la réconciliation est politique mais elle concerne aussi les acteurs politiques et les institutions. Ce groupe recommande la mise en place d’une commission Vérité et Réconciliation avec des tâches bien définies et un mandat bien déterminé. Pour ce faire, une commission provisoire devra être créée pour étudier des problèmes. C’est le cas, notamment du département de Philosophie, des Sciences politiques.

Repenser la démocratie

Le groupe recommande également de repenser la démocratie en RDC. Question de revoir quelques dispositions des lois. Pour en arriver-là, les participants proposent la création d’un Institut national d’études d’éducation civique. D’où la nécessité d’investir davantage dans l’éducation non seulement des enfants mais aussi et surtout des acteurs politiques.

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Après tant d’années de conflits voire de guerre en RDC, la réconciliation nationale représente la condition sine qua non pour bâtir une société harmonieuse, dynamique, digne, stable et prospère. Mais, la réconciliation nationale est une notion complexe. Il convient d’éviter toute simplification de la question pour ne pas emprunter des raccourcis qui ne vont pas résoudre les maux qui minent notre société.

À notre humble avis, il faut éviter deux écueils dans la compréhension du paradigme de réconciliation nationale, à savoir la récupération politicienne où l’on serait tenté de réduire la réconciliation nationale à des simples accords pour le partage du pouvoir. Selon lui, la mépris ici c’est de réduire la réconciliation nationale au partage du pouvoir. Il y a ainsi un réductionnisme sémantique qui dépouille la notion de réconciliation nationale de toutes ses vertus curatives.

Réconciliation nationale à la carte…

Le deuxième écueil consiste à faire de la réconciliation nationale à la carte. Dans cette optique, la réconciliation nationale concernerait seulement quelques citoyens congolais et souvent on se réfère alors à des figures emblématiques. Nous pensons qu’ici aussi il y a une méprise dans l’acception de cette notion. Une réconciliation nationale à la carte n’en est pas une. Parce qu’elle laisse de côté une grande masse de la population concernée aussi dans ce processus de la reconstruction de la RDC.

Donc il y a une conception sélective et puis partiale qui devaient être évitées. Face à ces écueils, la question se pose alors, comment devons-nous comprendre cette notion de réconciliation nationale, de quoi s’agit-il ? Et quelles sont les voies et moyens ainsi que les mécanismes, les étapes à considérer dans la matérialisation de cette réconciliation nationale ? Pour que cela ne demeure pas un slogan creux, vide, nous sommes heureux d’avoir parmi nous aujourd’hui, d’éminents savants, des chercheurs, philosophes, et juristes pour essayer d’éclairer notre lanterne sur cette question. Pour que nous puissions entreprendre des actions capables de changer la face de ce pays.

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Comme dit dans l’argumentaire, le département de Philosophie veut jouer son rôle de leadership dans la connaissance, dans la pensée et dans la compréhension des questions brulantes qui se posent en RDC.

Le philosophe ne doit pas se taire, mais parler et éclairer…

La tâche de philosophes est justement de ne pas se taire mais de parler et d’éclairer, de montrer le chemin, la voie à suivre pour résoudre le problème auxquels la RDC fait face. Il s’agit d’éclairer la nation sur des questions fondamentales de notre vivre ensemble. Il s’agit de nous débarrasser de conceptions erronées de la vie.

La tâche du département de philosophie, en collaboration avec d’autres départements est de pouvoir s’engager de manière résolue, ferme, sur cette voie.  Parce que nous ne pouvons pas continuer à être la visée du monde. Lors que nous avons des savants, des chercheurs, et des gens qui peuvent proposer des solutions idoines aux problèmes qui se posent.

Cette matinée a visé trois objectifs, à savoir clarifier la notion de réconciliation nationale ; indiquer les voies et moyens, les mécanismes, les étapes qu’il faut considérer dans la réalisation de ce paradigme qu’est la réconciliation nationale ; formuler des recommandations précises à adresser aux autorités politiques congolaises pour que des options crédibles et pertinentes soient levées en vue de mettre en pratique le paradigme de la réconciliation nationale. Pour cela, cinq ateliers ont été organisés à l’issus desquels les participants ont formulé des recommandations, à savoir….

Bienvenu Ipan

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