C’est fait, le partage du gâteau gouvernemental profite bien au FCC, qui prend 60% de postes ministériels contre 20% au CACH. Du reste, c’était cousu de fil blanc, comme tout ce qui se passe en RDC, terre des rumeurs, royaume de la radiotrottoir, où tout se sait et ne se transmet plus seulement de bouche à oreille, les réseaux sociaux ayant pris la relève.

La part du lion au FCC

Le Front commun pour le Congo (FCC), plateforme de Joseph Kabila, devrait se taper la part du lion avec 60% de postes ministériels dans le futur gouvernement de la RDC. Cap pour le changement (CACH) qui a soutenu la candidature du président Félix Tshisekedi, n’aurait pour sa part que 20%. Ce serait à n’en point douter, la clé de répartition convenue, mardi 28 mai, entre ces deux regroupements politiques coalisés, à l’issue des tractations qui se sont déroulées à Kisantu, dans le Kongo-Central, de sources sures.

Cette clé de répartition des postes ministériels réserve 10% de portefeuilles à la discrétion du Président de la République et 10% autres à Joseph Kabila, ancien Président de la République et sénateur à vie, dont la plateforme politique a remporté la majorité des sièges à l’Assemblée nationale.

La société civile monte au créneau

Dans l’attente de la formation du futur gouvernement, certains partis politiques et mouvements associatifs des femmes revendiquent 30% de représentativité au sein de l’exécutif, qui comprendrait de 39 ministres et une dizaine de vice-ministres. Dans une pétition adressée mardi 28 mai à la présidence de la République, la société civile fustige et rejette des nominations dans le prochain gouvernement et dans d’autres institutions publiques, des acteurs politiques ou de la société civile, trempés dans divers crimes et dans les violations des droits de l’homme.

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Réagissant à cette pétition, Vital Kamerhe, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, a promis mercredi 29 mai de « transmettre fidèlement » au Chef de l’Etat la requête de la délégation de la société civile qu’il avait reçue, tout en saluant la lutte qu’elle mène. Le président de l’UNC a déclaré que le société civile sert de « contrepoids » aux gouvernants, et a aussi souligné qu’on ne peut pas gouverner sans tenir compte des avis, des remarques, des considérations, des observations et des propositions de celle-ci parce qu’elle est l’expression de la population.

Pour sa part, l’ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila, actuel coordonnateur du FCC, Néhémie Mwilanya, a fait savoir que tous ceux qui veulent intégrer le futur gouvernement devraient d’abord adhérer au programme commun FCC-CACH.

Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, nommé lundi 20 mai dernier, doit à présent former son gouvernement conformément à cette clé de répartition, et le présenter à l’Assemblée nationale pour son investiture.