Paris, 4 octobre 2024 – Le XIXe Sommet de la Francophonie s’est ouvert ce vendredi à Paris sous haute tension. Si l’événement met en avant la coopération entre les pays francophones, une ombre plane sur les festivités : l’absence de condamnation ferme de l’agression rwandaise contre la République Démocratique du Congo.
En effet, lors de son discours à l’ouverture du sommet, le président Français, Emmanuel Macron a souligné l’importance de la Francophonie comme un « espace d’influence diplomatique » et a plaidé pour une diplomatie qui défend la souveraineté et l’intégrité territoriale sans doubles standards. Il a mentionné plusieurs conflits, notamment en Ukraine, au Liban et au Proche-Orient, en insistant sur la nécessité de défendre les mêmes principes de paix et de respect des frontières pour tous les conflits à travers le monde, sans citer de manière explicite l’agression de la République démocratique du Congo (RDC), par le Rwanda.

Emmanuel Macron, hôte du sommet, tout en saluant les efforts de la RDC pour la paix et la stabilité, n’a pas évoqué de manière explicite l’agression rwandaise, ni les graves violations des droits de l’homme commises dans l’Est du pays. En réaction, les représentants congolais, ainsi qu’une partie de la diaspora, ont exprimé leur profonde déception face au discours d’ouverture du président français Emmanuel Macron.
Une omission qui suscite l’incompréhension
Cette omission a suscité de vives réactions au sein de la délégation congolaise et au sein de la diaspora. De nombreux observateurs estiment que le silence de la France sur cette question envoie un message ambigu et risque d’encourager l’agresseur.
« Nous espérions que la France, en tant que pays hôte et membre influent de la communauté internationale, utiliserait cette tribune pour condamner sans équivoque l’agression dont est victime la RDC », a déclaré le président Congolais, Félix Tshisekedi. « Ce silence est une déception pour nous tous. »
Notons qu’il y a eu des discussions ultérieures sur ce sujet lors du sommet de la Francophonie. Plusieurs délégations ont abordé la question de l’agression en RDC dans leurs interventions, exprimant leur soutien à la RDC et appelant à une résolution pacifique du conflit. Des réunions bilatérales ont également eu lieu en marge du sommet pour discuter de cette situation et chercher des solutions diplomatiques. Certains pays africains, en particulier ceux de la région des Grands Lacs, ont exprimé leur soutien à la RDC et ont partagé la déception de Félix Tshisekedi. D’autres pays ont préféré rester neutres ou n’ont pas commenté publiquement cette omission.
Les enjeux pour la RDC
L’agression rwandaise entraîne des conséquences humanitaires désastreuses pour la population congolaise. Des milliers de personnes ont été déplacées, des villages entiers ont été ravagés et les infrastructures ont été détruites. La communauté internationale est appelée à agir de manière plus ferme pour mettre fin à ce conflit et assurer la protection des civils.

Les défis de la Francophonie
Ce sommet de la Francophonie met en évidence les défis auxquels est confrontée l’organisation. Alors que la Francophonie se veut un espace de dialogue et de coopération, elle est régulièrement confrontée à des crises qui divisent ses membres. L’absence de consensus sur des questions sensibles, comme le conflit en RDC, fragilise l’unité de l’organisation.
Les attentes pour la suite
Les prochains jours vont être déterminants pour mesurer l’impact de ce sommet sur la situation en RDC. La société civile congolaise et ses partenaires internationaux vont continuer à faire pression pour que la communauté internationale agisse de manière plus résolue pour mettre fin à l’agression rwandaise et assurer la paix et la stabilité dans la région. Lire aussi : Expulsions de Congolais de Mayotte : la France justifie ses actions par un accord bilatéral – Infocongo