rapport final EMOE CENCO-ECC

Près de six mois après la tenue des élections générales de 2023, la Mission d’Observation Electorale CENCO-ECC (MOE CENCO-ECC) a présenté lundi 17 juin 2024 son rapport final, couvrant la période de 2018 à 2024. Ce rapport met en lumière les irrégularités observées lors du processus électoral et formule une série de recommandations visant à améliorer les prochains scrutins.

Lutte contre le cumul des mandats et renforcement de la CENI

Parmi les recommandations clés figure l’urgence de légiférer sur l’interdiction du cumul des candidatures. La MOE CENCO-ECC a déploré la pratique de certains candidats qui se sont présentés à plusieurs postes simultanément, créant ainsi des situations de conflits d’intérêts et d’accaparement du pouvoir. L’institution préconise l’adoption de dispositions contraignantes imposant la démission des fonctions incompatibles avec un mandat électif.

En outre, la mission d’observation électorale propose de ne plus confier à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) l’entière responsabilité de la logistique électorale. Elle recommande de légiférer sur ce domaine afin d’encadrer les opérations d’enrôlement, de déploiement, de sécurisation et de récupération du matériel électoral.

La MOE CENCO-ECC suggère également au Parlement d’installer les nouveaux membres de la CENI au moins trois ans avant la date du scrutin. Cette mesure vise à garantir un processus de désignation transparent et inclusif, permettant à la CENI de disposer du temps nécessaire pour préparer adéquatement les élections.

Réformer le système de vote et fiabiliser le fichier électoral

Au regard des critiques formulées concernant l’utilisation de la machine à voter, la MOE CENCO-ECC exhorte le Parlement à organiser des consultations inclusives afin de statuer sur son maintien ou son abandon.

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Par ailleurs, la mission d’observation électorale recommande la réalisation de deux audits externes du fichier électoral. Ces audits visent à fiabiliser le fichier électoral et à fournir à l’Office National d’Identification de la Population (ONIP) un outil fiable pour la délivrance des cartes d’identité.

Réactions contrastées à la publication du rapport

Lors de la présentation du rapport, la CENI, représentée par son deuxième vice-président Didi Manara Linga, a tenu à répondre aux critiques formulées. M. Manara a rappelé que malgré les défis rencontrés, la CENI a réussi à organiser les élections dans les délais constitutionnels, permettant ainsi la mise en place des nouvelles institutions. Il a souligné les efforts de la CENI pour promouvoir l’inclusion, la transparence et un processus électoral apaisé.

Cependant, le rapport de la MOE CENCO-ECC et les irrégularités observées lors du scrutin continuent de susciter des controverses. Certains leaders politiques de l’opposition, tels que Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Denis Mukwege, contestent les résultats de l’élection et appellent à un dialogue pour réorganiser les élections avec une CENI et une Cour constitutionnelle réformées.

Aller vers des élections plus crédibles et apaisées

Le rapport final de la MOE CENCO-ECC constitue une contribution précieuse à l’évaluation du processus électoral de 2023 et à l’identification des défis à relever pour organiser des élections plus transparentes, crédibles et inclusives en RDC. La mise en œuvre des recommandations formulées par la mission d’observation électorale est essentielle pour renforcer la confiance du public dans le système électoral et consolider la démocratie en RDC.

Il est important de noter que ce rapport ne constitue qu’un résumé des points clés du rapport final de la MOE CENCO-ECC. Pour une analyse plus approfondie des conclusions et recommandations de la mission d’observation électorale, il est nécessaire de consulter le rapport complet. Lire aussi : RDC : La MOE CENCO-ECC sollicite l’implication de Félix Tshisekedi pour l’organisation des états-généraux sur les élections – Infocongo