Un Casque bleu pakistanais tué dans l’est de la RDC, la MONUSCO condamne

Un Casque bleu pakistanais a été tué dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) lors d’une attaque menée par une milice locale contre un camp des soldats de la paix, a-t-on appris samedi de sources officielles.

Le Casque bleu a été tué par balle vendredi 30 septembre à 22h30, par des miliciens présumés du groupe Twirwaneho qui s’étaient présentés au camp de la Monusco à Minembwe, dans la province du Sud-Kivu, prétendument pour se rendre, selon un communiqué de la mission des Nations unies en RDC (Monusco).

« Au cours de cette attaque, un casque bleu a été tué par des hommes armés qui s’approchaient de la base après avoir contacté la MONUSCO pour une reddition. La mission rappelle que les activités de désarmement de combattants menées par la mission sont mandatées par le Conseil de sécurité des Nations Unies et conduites de manière impartiale sur une base volontaire », note le communiqué.

 Les attaques contre les casques bleus peuvent constituer un crime de guerre. La MONUSCO appelle les autorités congolaises à déployer tous les efforts possibles pour que les auteurs de cette attaque odieuse répondent de leurs actes.

 La Mission onusienne exprime ses plus sincères condoléances à la famille et au pays d’origine du Casque bleu décédé.

 « La MONUSCO demeure engagée à soutenir le gouvernement et le peuple congolais dans leurs efforts pour instaurer la paix et la stabilité dans l’est du pays », conclut le communiqué.

Sur Twitter, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a condamné cette attaque « avec la dernière énergie » et précisé que le Casque bleu tué était pakistanais.

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Selon un porte-parole de l’armée congolaise, le lieutenant Jérémie Meya, les assaillants ont tiré sur la victime « à bout portant ». Le casque bleu « est mort sur le coup et ils se sont enfuis et ont disparu après leur crime », a-t-il dit à l’AFP.

L’attaque contre la base de la Monusco à Minembwe survient dans un climat de défiance vis-à-vis des soldats de l’ONU dans l’est de la RDC.

Vendredi, l’émissaire de l’ONU en RDC a dénoncé devant le Conseil de sécurité des Nations unies les récentes violences contre la mission onusienne dans le pays, visée par « des manipulations et des stigmatisations ».

« Au cours des derniers mois, dans le sillage de la résurgence du M23, la crise de confiance que connaissaient déjà la mission et la population congolaise dans l’est du pays s’est détériorée », a déclaré Bintou Keita, cheffe de la Monusco.

Pour rappel, en juillet, 32 manifestants et quatre Casques bleus avaient été tués au cours d’une semaine de contestation contre la présence de la Monusco, dont plusieurs bases avaient été pillées, selon un bilan de source congolaise.

La milice Twirwaneho fait partie de la centaine de groupes armés qui entretiennent dans l’est de la RDC une insécurité permanente qui a fait plusieurs milliers de morts depuis une dizaines d’années. Cette milice prétend défendre les intérêts de la communauté banyamulenge, une minorité tutsi congolaise.

L’ONU est déployée en RDC depuis 1999 et dispose à l’heure actuelle d’un contingent de quelque 16.000 militaires et policiers. Lire aussi: Beni : des enquêteurs de l’ONU pour faire la lumière sur les incidents commis par les casques bleus de la Monusco à Kasindi

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