Groupe MPR

Lundi 8 novembre au soir, un communiqué de la presse présidentielle publié sur le net, affirmait que le Chef de l’Etat Félix Tshisekedi va recevoir en audience le 13 novembre prochain, les deux jeunes artistes du moment, Zozo Machine et Yuma Dash, auteurs de la chanson déjà célèbre « Nini tosali te ».

Le Président Félix Tshisekedi serait-il plus avisé que ses proches collaborateurs ? Ou a-t-il senti venir un vent social mauvais contre son régime.

En tout cas, cette audience à venir, suppose de sa part une volonté de noyer le poisson, et de banaliser la déferlante d’une chanson qui apparaît comme un véritable procès à charge de sa gouvernance sociale du pays.

« Nini tosali te » : mise en garde ou expression d’un ras-le-bol ?

Plus tôt dans la même journée de lundi, certaines personnalités politiques de l’entourage présidentiel, s’étaient vite empressées de tirer à boulets rouges sur ces jeunes artistes des faubourgs de Kinshasa, à l’instar du néo-Tshisekediste Stève Mbikayi, qui y voit un complot des ennemis du régime et qui y a promis une réplique à la mesure de l’outrage, ou encore son pendant Ngoy Kasanji qui lui, a choisi le thème resassé du bouc-émissaire, prétendant qu’il est difficile pour Félix Tshisekedi de bâtir sur des ruines, un travail qui appelle un nettoyage préalable.

D’autres personnes apparemment plus avisées de l’entourage présidentiel ont préféré elles, botter en touche, en usant d’un subtil langage de bois, comme le porte-parole du Chef de l’Etat Kasongo Mwemba Yamba Yamba, qui a affirmé que les deux jeunes artistes « ont une écoute attentive du Chef de l’Etat, ou encore comme le ministre des Médias Patrick Muyaya, qui a indiqué qu’il avait partagé le clip avec le Premier ministre, et qu’ils se sont sentis « touchés comme autorités »,

Zozo Machine et Yuma Dash, auteurs de la chanson déjà célèbre “Nini tosali te “

Ancré dans le vécu social des faubourgs de Kin

Pur produit du Rap urbain avec un profond ancrage dans le vécu social des faubourgs de Kinshasa, le Groupe musical MPR, n’en est pas pourtant à son coup d’essai. De « Dollar » à « Nini tosali te », en passant par « Malembe », les jeunes artistes de la commune urbaine de Matete ont toujours dépeint de la manière la plus crue et dépouillée, les misères que vivent les congolais des villes, ainsi que leurs galères quotidiennes, face à un avenir complètement bouché, surtout pour les jeunes, face à des régimes politiques successifs, qui leur promettent souvent la lune.

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« Nini tosali te » semble tomber cependant à un mauvais moment pour le régime en place qui, depuis trois ans, semble reproduire à l’identique les mêmes travers qu’il reprochait pourtant aux régimes passés, en y ajoutant même parfois, des travers de son propre crû.

Cri de ralliement de tous les misérables

Alors que l’écosystème politique national est secoué par une crise politique aiguë, alors que les populations sont plongées dans un marasme social sans nom, et pendant que le pays tout entier semble être au bord de la crise des nerfs, « Nini tosali te », sonne comme un cri de ralliement de tous les misérables qui crient à haute voix leur ras-le-bol, et qui sont prêts à franchir une nouvelle étape dans leur lutte contre une classe politique plus soucieuse de son ventre que de l’intérêt général. Rien que pour prévenir ce qui transparaît derrière « Nini tosali te », le MPR valait bien une audience présidentielle…

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