Assemblée nationale RDC

Le Parlement congolais s’apprête ce vendredi à prolonger pour la 4ème fois l’état de siège pour les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Proclamé le 06 mai de l’année en cours par le Président de la République, cet état d’exception devait permettre de ramener la paix dans cette partie du pays, abonnée à des tueries répétitives des populations civiles depuis de longues années par des hordes des groupes armés locaux et étrangers.

Ce vendredi matin, 4 corps sans vie ont été découverts près du pont de Tinga, à une dizaine de kilomètres de Bunia en Ituri. En dépit de l’instauration de l’état de siège dans ces deux provinces, pas grand-chose ne semble avoir changé dans cette région, sauf peut-être la tenue de ses dirigeants, qui ont troqué le treillis camouflé contre le costume-cravate de leurs Gouverneurs et des maires des villes.

Situation toujours trouble

Alors que les messages officiels parlent chaque jour des nouveaux bastions des rebelles conquises, des redditions en masses des hors-la-loi, et de pacification des territoires entiers, les médias et les réseaux sociaux font état de leur côté des tueries, des massacres quotidiens des populations civiles, et d’incendies des villages entiers par des assaillants toujours actifs. Et tout récemment, comme pour défier l’administration militaire aux commandes dans la contrée, est apparue une nouvelle forme de guerre : l’usage des bombes artisanales.

Dans ces deux provinces, le pouvoir de Kinshasa aurait fait appel, sans le dire de manière formelle, à des troupes étrangères amies, celles de l’Ouganda, du Kenya, et celles du Rwanda, affirment certaines sources, sans pour autant que la situation sécuritaire ne donne l’impression de s’améliorer sensiblement, donnant ainsi l’impression à certains acteurs locaux de la société civile, que ces pays voisins pour la plupart, seraient plutôt venus, plus pour sécuriser leurs carrés miniers, que les populations locales qui continuent à se faire trucider plus que jamais.

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Soupçons de mauvaise gouvernance

A l’instauration de l’état de siège, les observateurs avaient cru à une montée en puissance de l’armée nationale, avec une nouvelle chaîne de commandement améliorée, des meilleures conditions de travail pour les troupes, en plus d’une logistique à la hauteur des enjeux. A la place, on a vu et continue de voir ce que le Président de la République lui-même a qualifié des pratiques maffieuses, de surestimation des effectifs sur le terrain, de violations massives des droits de l’homme.

Aux dires de nombreux activistes des droits humains dans la région, le changement le plus palpable apporté par l’état de siège jusque-là, est certainement la privation des libertés collectives et individuelles, notamment celles de manifester, de critiquer le pouvoir en place, et celle de dire tout haut ce que l’on pense de la manière dont les choses se passent vraiment. Lire aussi: RDC : l’état de siège a du plomb dans l’aile

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