Justice populaire à Goma

La multiplicité des cas de justice populaire devient de plus en plus courante à Goma. Cette pratique devient inquiétante car certains innocents en sont victimes. Selon la population, elle a opté pour cette pratique parce que les agents de l’ordre ainsi que les autorités sont incapables d’appliquer la loi sur les inciviques.

« Si aujourd’hui nous avons fini par opter pour la justice populaire, c’est parce que les autorités compétentes n’appliquent pas la loi quand nous remettons les voleurs entre les mains des agents de l’ordre. Les grands voleurs de Goma sont les mêmes, ils font le tour de toute la ville, un voleur attrapé dans le quartier Murara remis entre les mains de la police qui est relâché en moins de 24 heures.

C’est le même qui descend vers d’autres quartiers de la ville car impuni par la police, souvent en collaboration avec certains policiers qui leurs facilitent la vente des objets volés. Après avoir fait ce constant malheureux nous nous sommes dit que ça ne vaut plus la peine de les rendre à la police.

Avec l’affaire de 40 voleurs la police intervient toujours en retard donc 20 à 30 minutes après l’opération qui c’est fait dans le calme, sans précipitation car ces derniers sont accompagnés par les hommes armés non identifiés et sont véhiculés.

C’est ainsi que alerter la police n’est plus une option prioritaire pour nous, nous les appelons bien sûr pour qu’ils nous débarrassent du corps crucifié ou brulé. Ça nous rassure qu’il y a un voleur de moins que le rendre à une justice inexistante. »

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Dans le territoire de Nyiragongo, la population a fait un constant que leurs leaders communautaire étaient en collaboration avec les groupes de voleurs, nous explique l’un des initiateurs de la patrouille des jeunes accompagnés par les agents de l’ordre.

Le territoire de Nyiragongo enregistrait dans le temps plus de quatre braquages par nuit ,nos leaders ne faisaient rien pour sauver la situation, un moment les hommes se sont levés pour arrêter le vol dans leurs territoire, ils se sont organisés pour passer des nuits dehors accompagnés de quelques agents de l’ordre fiables sans prévenir les leaders communautaires.

Dans une nuit ils arrêtaient plus au moins deux groupes de voleurs qu’ils géraient par la justice populaire. Dans moins d’un mois le résultat était positif et satisfaisant pendant qu’ils avaient essayé de faire la même chose avec la permission des leaders, mais le résultat était négatif, aucun voleur n’a été attrapé. La conclusion était que les leaders avaient des intérêts particuliers dans l’affaire, ils protégeaient les voleurs au lieu de protéger la population.

Souvent quand on doit attendre les interventions des nos leaders pour trouver un remède à un mal, ça arrive avec grand retard parce que la plupart des nos dirigeants sont là pour remplir leurs poches, pas pour protéger la population ainsi que leurs biens.

D’une part la justice populaire est à encourager pour régler certains problèmes dont nos dirigeants sont incapables.

Rappelons que depuis quelques semaines au moins deux cas de justice populaire sont enregistrés en une semaine.

Papy Roger Aezema/Beni

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