Les zones d’ombre dans le décès du Juge Raphael Nyanyi

C’est ce mercredi 27 mai à 2 heures du matin que Raphaël Yanyi Ovungu, juge président dans l’affaire Vital Kamerhe et consort est mort. Il a rendu l’âme à l’hôpital Nganda après qu’il y ait été amené en urgence à partir de son domicile dans la commune de Bandalungwa.

Les circonstances de sa mort ne sont pas encore élucidées jusqu’à présent.

Si le commissaire provincial de la police, Silvano Kasongo, parle d’une crise cardiaque suite à un malaise, ses proches croient à un assassinat prémédité :

« Il n’était pas du tout malade. Nous avons passé du temps ensemble ce mardi dans la journée où nous abordions plusieurs dossiers. A aucun moment il m’a semblé souffrir. Son décès est plus qu’étrange. Nous n’allons pas laisser  passer cela ».

Cependant, une source judiciaire confirme que le juge Yanyi Ovungu n’a pas résisté à la crise :

« Il a piqué une crise vers une heure du matin. Le temps de l’acheminer vers le centre hospitalier Nganda, il n’a pas survécu ».

Des zones d’ombre

Dans la série des déclarations, l’on retiendra d’abord celle du général Kasongo Silvano, qui se précipita sans enquête à déclarer que le juge président est mort d’une crise cardiaque. L’autre version vient d’une proche du disparu qui soutient qu’il s’est plaint de maux de ventre :

« C’est vers minuit qu’il a commencé à se plaindre des douleurs, avant de commencer à vomir. Il a vomi plusieurs fois et disait avoir mal au ventre, avant de piquer une crise. Nous l’avons rapidement acheminé au Centre Hospitalier Nganda, il était 1 heure passé. Mais c’était trop tard. Tout est arrivé si vite que les médecins ont simplement constaté son décès à notre arrivé à l’hôpital. ».

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L’autre proche et collègue persiste et signe : « Il était bien portant. Il n’était pas du tout malade ».

Cependant, l’opinion publique se pose deux questions en rapport avec la disparition mystérieuse du juge Raphael Nyanyi méconnu du grand public, mais qui a bien joué son rôle de conciliateur entre les  parties au procès : ce décès ne serait pas lié au fait que ce dernier ne puisse toujours pas accorder une liberté provisoire au prévenu Kamerhe et consort ? L’autre inquiétude vient du fait qu’au dernier procès, l’avocat de la république Coco Kayudi a soufflé au président du tribunal que le directeur de cabinet du chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, aurait promis de mettre le « pays à feu » ce qu’il aurait nié par la suite.

Qu’à cela ne tienne, le procès Vital Kamerhe prend une autre tournure avec la mort du juge président du tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. Il faut noter que le juge Nyanyi Ovungu Raphael qui a présidé deux audiences foraines dans cette affaire, faisait l’intérim du Président du tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, Songambele, suspendu dans le dossier Foner, toujours dans le programme des 100 jours.

Une psychose est observée partout à Kinshasa depuis l’annonce de cette mort subite du juge Nyanyi Ovungu Raphael que les congolais n’oublieront pas, surtout qu’il savait recadrer l’homme d’affaire libanais Jammal Samir dans ses trous de mémoire imaginaires.

Jacques Kalokola

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