Il faut sauver le soldat Kabund !

On s’approche de plus en plus de la plénière prévue  qui aboutira à l’exécution ou pas de la pétition pour la destitution du Premier vice-président de l’Assemblée Nationale, Jean-Marc Kabund.

En effet, la présidente de cette chambre, Jeanine Mabunda, a déjà notifié son collègue du bureau sur la pétition de sa destitution depuis le vendredi 15 mai dernier :

« Je vous transmets en annexe de la présente, une pétition signée par les 62 députés nationaux et déposée au bureau de l’Assemblée Nationale aux fins d’obtenir la déchéance de l’honorable premier vice-président de notre chambre », a écrit Jeanine Mabunda.

 Elle a rappelé aussi que cette démarche obéit au Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale :

« En attendant son examen, conformément au Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale, spécialement en son article 31, cette pétition a été annoncéE au cours de la plénière du vendredi 15 mai dans le respect de l’article 34 point 27 de notre Règlement Intérieur ».

La réponse du berger à la bergère

Il a fallu que la conférence des présidents de l’Assemblée Nationale ait finalement lieu ce mardi 19 mai pour que Jean-Marc Kabund sorte de son silence pour répondre sèchement avec le sang froid qui lui est reconnu à sa collègue, le speaker de la chambre basse, qu’il qualifie de complice dans cette démarche.

Dans une correspondance adressée à Mabunda mardi 19 mai, le président intérimaire de l’Udps dénonce la procédure  de notification de la pétition visant sa destitution au poste de Premier vice-président de l’Assemblée nationale et souligne quelques irrégularités dans ce document qui contient des incohérences dans les dates et d’autres irrégularités :

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« A la lecture de celle-ci, je relève quelques irrégularités au sujet des procédures en cours ainsi que des incohérences en rapport avec les dates. En effet, celle du dépôt indiquant le 12 mai 2020, tandis que la date de la rédaction affichait le 13 mai 2020(…).

De ce fait, vous avez délibérément outrepassé la procédure qui impose dans le délai requis le respect d’un certain nombre des préalables, notamment en ce qui concerne la notification ainsi que la convocation du bureau et de la conférence des présidents, instance de concertation entre les différents responsables.

Conformément à l’article 31, alinéa 4, du Règlement intérieur, il convient également de rappeler que, cachet de votre secrétariat faisant foi, le délai de 72 heures y prescrit a déjà expiré depuis le vendredi 15 mai 2020, date à laquelle vous aviez, de façon aussi étrange que curieuse, inscrit cette question au point 4 d’un ordre du jour ».

 Jean-Marc Kabund estime qu’en l’écartant de la réunion du bureau pour statuer sur cette question, Jeanine Mabunda démontre son soutien à la pétition :

« Par ailleurs, le fait d’avoir non seulement convoqué hors délai une réunion du bureau pour statuer sur cette question tout en empêchant, sans aucun fondement réglementaire, un membre du bureau que je suis d’y prendre part, constitue une grave violation des principes fondamentaux qui régissent le fonctionnement de notre bureau. Par ailleurs, cette attitude de votre part, participe à la manifestation claire et nette de votre soutien à ladite pétition, vous dérobant ainsi du principe d’unité et de solidarité qui guide notre bureau ».

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Kabund, ce témoin gênant

Qu’est-ce que l’on reproche finalement au Premier vice-président de la chambre basse du Parlement ? Le fait d’avoir dénoncé un système de gestion opaque de cette chambre mise en place par un groupe de détourneurs des deniers publics qui échapperaient à tout contrôle ?

Pour avoir dit tout haut que l’organisation d’un congrès coûte au trésor public une bagatelle somme de 7 millions de dollars américains ?

N’est- ce pas ce qui fut dernièrement le cas avec la question orale avec débat adressée à Thambwe Mwamba par la sénatrice Bijou Goya sur les 4 millions brûlés dans le réaménagement de l’hémicycle de la chambre haute qui finit comme eau de boudin ?

N’en a-t-il pas le droit comme porte-parole du peuple, surtout qu’il fait partie du bureau et qu’il doit défendre le principe sacro-saint lui légué par son mentor Etienne Tshisekedi : « le peuple d’abord » ?

On se souviendra qu’il y a un groupe de députés qui avait aussi initié il y a quelque temps une pétition contre la Présidente de la même chambre sur la gestion opaque de 5 millions de dollars américains destinés aux frais de fonctionnement et dont la démarche avait été étouffée dans l’œuf.

En plus, Jean-Marc Kabund avait été victime d’un acharnement sans précédent de la part de quelques députés nationaux dont le président de la commission Ecofin, l’élu de Kisangani Simene wa Simene qui fit une déclaration à la Rtnc qui frise l’injure :

« Qu’est-ce qu’il connait des dépenses de l’Assemblée nationale ce monsieur- là »

Tout porte à croire que pour les gardiens du temple, Jean-Marc Kabund est parti très loin en touchant les cordes les plus sensibles, il a touché là où l’on ne touche pas, Kabund dérange et il faut le déboulonner le plus rapidement possible.

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Pour y arriver, il faut trouver un député de l’opposition et c’est un autre Jean qui en a la charge, Jean-Jacques Mamba du Mlc, qui n’est pas à sa première pétition, doit réussir sa deuxième tentative.

Quand Félix entre dans la danse

L’autorité morale de l’Udps, Félix Tshisekedi, a vite compris l’astuce et n’a pas tardé à rassembler les députés nationaux de son parti pour un mot d’ordre : l’unité et la solidarité. Il a exprimé lundi 18 mai son souhait de voir tous les élus Udps apporter leur soutien au Premier vice-président du Parlement présentement en difficulté : «  Il faut sauver le soldat Jean-Marc Kabund devant cette machination ».

C’est ce que croit aussi un des sociétaires du Cash cloué à la prison centrale de Makala, Vital Kamerhe, qui a donné le premier un mot d’ordre aux députés Unc de soutenir leur allié Kabund.

Qu’à cela ne tienne, les observateurs avertis comprennent bien qu’en écartant le député national Jean-Marc Kabund, c’est le chef de l’Etat qui sera affaibli avec sa famille politique.

Ce qui laisserait une autre possibilité au Fcc de pousser les pions beaucoup plus loin, la destitution du Président de la République.

Une véritable partie d’échecs !

Jacques Kalokola

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